Description du linceul de Turin

De Ebior

Précisons d'abord que nous parlerons toujours de linceul, du latin "linteum", petite pièce de lin qui servait à l'ensevelissement des morts et non de suaire, du latin "sudarium", mouchoir ou serviette pour essuyer la sueur qui était déposé sur la tête du défunt avant de le recouvrir du linceul. L'appellation traditionnelle de Saint Suaire (en italien Santa Sidone) est donc incorrecte et peut prêter à confusion avec le véritable suaire conservé dans la cathédrale d'Oviedo en Espagne. Le linceul est lui conservé depuis 1578 dans une chapelle de la cathédrale de Turin en Italie.

Le tissu

Il s'agit d'un tissu de lin fin, mesurant 4,3 m en longueur sur 1,10 m en largeur, d'une épaisseur de 0.33 mm et d'une densité de 23,4 mg par cm2 ce qui correspond à des multiples entiers (huit sur deux) de la coudée de 54,6 cm utilisée en Palestine au début de notre ère (selon une observation de Ian W.DICKINSON).

Tissu.jpg
 Il est formé de 40 fils par cm pour la chaîne et de 27 fils par cm pour la trame, chaque fil étant composé de 10 à 15 fibres entrelacées. La durée de la confection des 33 000 m de fils de lin nécessaires est évaluée à 800 heures de travail, soit 20 semaines de 40 heures : l'étoffe est donc d'excellente qualité.




Trame.gif

Sa structure est celle d'un tissu à chevron dont les pointes se dirigent dans le sens de la chaîne du tissu, de type 3 à 1, chaque fil de la trame passant alternativement sous trois fils puis par-dessus un fil à la chaîne. Ce point a nécessité un métier à tisser archaïque à quatre pédales, fréquemment utilisé en Syrie et en Égypte dans les premiers siècles.

Or les linceuls de l'ancienne Égypte ne sont pas tissés à chevrons et peu de chevrons 3-1 sont connus : à Palmyre, pour des tissus de soie du IIIème siècle et une pièce dont un fragment se trouve à Londres et un autre à Cluny, datant du 15ème siècle et originaire d'Italie, mais aux chevrons plus étroits (17 et 15 fils)

Parmi les fibres de lin ont été retrouvées par le professeur G.RAES (université de Gand-Belgique) des traces de coton (Gossypium herbaceum), espèce originaire du Moyen-Orient et différente des autres espèces, provenant du métier à tissu mais aucune trace de laine.

Deux remarques :

  • le coton, connu en Palestine dès l'Antiquité, n'a été tissé au moyen âge qu'en Espagne arabe et en Italie et n'a été utilisé dans le reste de l'Europe qu'à partir du 17ème siècle
  • le mélange des textiles végétaux (coton) et animaux (laine) est interdit en Judée par la loi religieuse ce qui rend très vraisemblable l'hypothèse d'un tisserand juif

Les fils présentent une torsion en forme de Z, provenant d'un filage à deux fuseaux caractéristique de l'Égypte ancienne ainsi que des régions environnantes (Judée, Syrie) mais différent de la torsion en forme de S spontanée au séchage

Autre caractéristique, le blanchiment a peut-être eu lieu après le tissage, pratique généralement abandonnée à la fin de l'antiquité malgré quelques exceptions médiévales

En conclusion, le tissu est fort probablement d'origine proche-orientale et antique, sans preuve décisive. Il faut reconnaître également que nous ne possédons aucun autre tissu absolument semblable (lin, type 3-1, torsion en Z, nombre de chevrons) mais les connaissances dans ce domaine restent lacunaires.

Ajoutons qu'une mince bande de tissu, de 7 à 8 cm et plus courte à ses deux extrémités d'environ 45cm, paraît ajoutée le long d'un des grands côtés alors que les chevrons ne présentent aucune discontinuité. L'hypothèse a été avancée que cette bande a servi à des prélèvements de reliques et que pliée en deux pour former un ourlet, elle aurait servi à faire passer une baguette lors des ostensions.

Enfin, comme nous le verrons, le tissu a été plié et détérioré à différentes reprises.

étude anthropologique

L’homme représenté sur le linceul était jeune, âgé entre 30 et 35 ans, et de grande taille quoique non exceptionnelle pour l’époque, entre 1,78 m et 1,80 m : il devait peser entre 77 et 79 kilos.

L’ensemble du visage est de type sémitique et les cheveux longs tressés font penser aux juifs consacrés à Dieu appelés nazir à qui il était interdit de se couper les cheveux.

L’ensevelissement a été effectué les mains croisées sur le pubis, position constatée dans le cimetière de Qumran. Le corps n’a pas été lavé, conformément aux textes des évangiles mais en contradiction avec la loi juive qui prescrivait de laver le corps, de l’oindre avec des parfums et de l’envelopper dans un linceul de lin.

Deux hypothèses ont été proposées pour expliquer ce fait : la nécessité de faire vite provoquée par l’imminence du sabbat pendant lequel il était interdit de procéder à une inhumation (MYERS et STRANGE) ou une autre loi juive qui interdisait de laver le corps d’un individu décédé de mort violente (LAVOIE)

En conclusion, l’étude anthropologique, sans apporter de preuve formelle, indique que l’homme du Linceul pourrait être un juif inhumé dans l’antiquité.

L'empreinte

Le linceul de Turin est un objet singulier et unique qui comporte plusieurs types de marques fort complexes. Par souci de clarté, comme d'autres auteurs, nous distinguerons l'empreinte, traces en positif laissées par les plis et par le feu ainsi que par différents liquides et l'image, moins visible et rappelant un négatif photographique. 

FACE    VENTRALE FACE DORSALE
(c) Lamberto Schiatti, Medisapaul
(c) Lamberto Schiatti, Medisapaul

Reproduit d'après J.LEVEQUE et R.PUGEAUT,le Saint-Suaire revisité, pp.66-67. © Lamberto Schiatti

1.taches et brûlures de l'incendie de 1532

2. cernes dus à l'eau

3. double image frontale et dorsale du corps

4. marques de flagellation

5. taches de sang provoquées par un casque d'épines

6. plaie du coup dans le poignet gauche

7. taches de sang sur les avant-bras

8. grande tache de sang sur le côté droit de la poitrine

9. grande tache de sang autour de la taille

10. sang de la transfixion des pieds

11. contusions dues au transport d'une poutre

Les lignes et les taches de brûlures

Raccomodages.jpg
Ce sont les marques les plus visibles laissées par un incendie à Chambéry en 1532 qui faillit détruire le linceul. Celui-ci était alors plié en 48 épaisseurs (deux plis en longueur, deux transversaux, enfin pliure en trois) et enfermé dans un reliquaire d'argent. Des gouttes d'argent fondu (certaines parties du tissu ont du être exposée à une température de 200 degrés !) tombèrent sur le drap plié provoquant l'apparition de deux grandes lignes noires parallèles, à 25 cm des bords et entraînant la destruction de morceaux du tissu (le plus grand trou mesurant environ 20 sur 30 cm) qui furent remplacés en 1534 par seize pièces blanches de linge d'autel en forme de triangle. A cette occasion, les clarisses de Chambéry renforcèrent également le drap en cousant une toile de Hollande sur l'envers du linceul, c'est-à-dire sur la face externe qui n'a pas contenu le corps. Ces raccommodages n'ont été enlevés que très récemment, durant la restauration de l'été 2002 et sont toujours présents sur tous les schémas et photos disponibles.

Il faut y ajouter 

  • quatre groupes de quatre petits trous de brûlure disposés en équerre, à égale distance des extrémités, reproduits sur la peinture de Lier (en Belgique, entre Anvers et Malines, datée de 1516) et dont nous reparlerons à propos du codex Pray 
  • des taches circulaires, de moins d'un cm de diamètre, laissées par de la cire coulant sur le linceul 
  • de grandes auréoles provoquées par de l'eau, de formes semblables et apparaissent régulièrement sur les bords et au milieu du Linceul.

Auréoles sur le Linceul de Turin

Le photographe de Turin, Aldo GUERRESCHI, a présenté  au  Symposium de Paris en 2002, le résultat de ses recherches concernant les différents modes de pliages du Linceul à partir de ces différentes  traces d'accident toujours visibles :

                                

Pliage du Linceul en 52 épaisseurs
au moment des grandes auréoles, sans doute dans l'antiquité : 

Le Linceul a été plié deux fois de suite dans le sens de la longueur puis en accordéon en 52 épaisseurs. 

Il était alors plaçé en position verticale, peut-être dans une jarre comme celles découvertes à Qumran.



au moment des trous
Pliage du Linceul en 4 épaisseurs
représentés sur le codex Pray vers 1190  : le Linceul était alors plié en quatre épaisseurs et devait servir de nappe d'autel et donc de linge liturgique.( voir ci-contre à droite) 

Les brulures ont sans doute été provoquées par la chute de charbon d'encens lors d'une cérémonie.




Trous Codex Pray
Les trous calcinés en forme de L qui apparaissent sur le Linceul dans le dessin de  gauche sont fidèlement reproduits sur le codex Pray dans le dessin de droite


au moment de l'incendie du 3 au 4 décembre 1532 à Chambéry : le Linceul était alors plié en 32 épaisseurs et fut brulé par la chute oblique d'un élément incandescent du reliquaire. Heureusement, celui-ci était assez hermétique et empêcha la combustion du lin par manque d'oxygène. Les trous provoqués alors apparaissent actuellement dans un ordre parfaitement décroissant.


Les poussières

L'examen microscopique a permis d'observer de nombreuses poussières accumulées au cours des âges. En particulier, sous la plante des pieds et sur le nez apparaissent d'importantes concentrations d'argonite, un carbonate de calcium qui est le principal constituant du travertin mais d'une forme rare. Cette pierre calcaire a servi à la construction de nombreuses villes méditerranéennes dont Jérusalem. Or le docteur Ricardo LEVI-SETTI a retrouvé cette même forme rare d'aragonite dans les environs du Saint Sépulcre où se trouvait la tombe du Jésus.

Les pollens

En 1973 et en 1978, Max FREI, ancien directeur du laboratoire scientifique de la police de Zurich, effectua une étude des pollens pour déterminer les régions où le linceul aurait séjourné. Voici ses conclusions : les 58 plantes observées sont originaires des régions suivantes :  

France et Italie

17

Bassin méditerranéen

18

Istanbul et environs

13

Anatolie

18

Jérusalem et environs

45

Iran

22

Arabie

7

Sahara

6

Afrique du Nord

9


N'oublions pas qu'une plante se trouve généralement en plusieurs endroits ce qui explique les totaux.

Pour Max FREI, le linceul avait séjourné au Moyen-Orient et en Palestine et ne pouvait être un faux médiéval fabriqué en France car "l'étude des pollens n'étant pas encore connue, un faussaire n'aurait pas pu faire venir des poussières d'Anatolie".
pollens vus au microscope

Ces résultats ont été critiqués à plusieurs reprises car considérés comme trop précis et difficilement interprétables. En effet, selon la remarque de Guy JALUT, professeur de palynologie à l'université de Toulouse, comment expliquer l'absence du chêne et de l'olivier, espèces abondantes dans les régions méditerranéennes ? De plus le vent peut faire circuler les pollens sur de grandes distances.

Peut-être M.FREI a-t-il éliminé des pollens européens comme non significatifs ou n'a-t-il récolté qu'une petite partie ? Or les travaux inachevés du spécialiste suisse ont été en grande partie confirmés par Paul MALONEY et Jacques-Louis de BEAULIEU (université de Marseille) en 1986. Seuls 4% des pollens parcourent de longues distances et aucun d'eux n'ont été transportés par les vents dominants du Moyen-Orient vers la France, pays où le linceul est attesté de manière sure en 1357 - ceci à l'inverse du Sahara dont le sable arrive périodiquement en Europe.

De plus, en 1998, deux botanistes israéliens de l'université de Jérusalem, Avinom DANIN et Ulrich BARUCH ont confirmé la présence de plantes caractéristiques des régions désertiques et plus particulièrement des environs de la mer Morte. Voici le résultat de leurs travaux concernant les pollens :


Nom scientifique

Nom commun

Datation

Localisation

Alnus glutinosa

aulne

récente

 

Quercus perennifolius

chêne

récente

 
Gundelia Tournefortii plante la plus  courante sur le Linceul Moyen Orient mais pas en Europe
Zygophyllum Dumosum câprier Palestine
Cistus Creticus petit arbuste uniquement à Jérusalem

Prosopis farcta

plante grasse

ancienne

 

Cedrus libani

cèdre du Liban

ancienne

 

Pistacia palestina

pistachier

ancienne

Uniquement en Palestine

Haplophyllum tuberculum

plante grasse

ancienne

 

Tamarix hampeana

tamarin

ancienne

Uniquement en Palestine

Senecio vulgaris

plante commune

ancienne

 

Corylus avellana

plante commune

ancienne

 
Sarcopoterium spinosum pimprenelle épineuse abondante à Jérusalem


Les pollens indiqués en gras ont été retrouvés sur les trois reliques majeures de la Passion : outre le Linceul de Turin, le Suaire d’Oviedo et la Tunique d’Argenteuil.

Les trois pollens indiqués en rouge ne poussent ensemble que dans la région située entre Jérusalem et Hébron. 

Le Sarcopoterium spinosum pourrait avoir été utilisé pour confectionner la couronne d'épines.

Que le Linceul ait non seulement séjourné à Jérusalem mais qu'il y ait été tissé reste l'explication la plus vraisemblable. En effet, les pollens se déposent naturellement et en grande quantité sur les surfaces horizontales comme les champs .

Les traces de pigment

En 1978, Walter McCRONE affirma avoir découvert des traces de sulfure de mercure (vermillon) et d'oxyde de fer, pigments rouge-orangés fort utilisés en peinture ainsi que des protéines, indice d'un liant pictural.

Les études postérieures de PELLICORI et EVANS ainsi que de J.H.HELLER et d'A.ADLER ont démontré que la dizaine de traces de vermillon, invisibles à l'œil nu et en quantité infinitésimale, ne sont pas plus abondantes à l'endroit de l'image qu'ailleurs. On suppose qu'elles proviennent du contact avec une copie que les artistes auraient voulu sanctifier.

Par des analyses chimiques les deux équipes américaines ont trouvé que les protéines proviennent exclusivement de tâches brunâtres, correspondant à du sang (voir ci-dessous).

Ensuite, ils ont constaté que le fer, ainsi que du cadmium, étaient eux aussi répartis de manière uniforme, sans rapport particulier avec l'image. Ces deux métaux, fer et cadmium, contenus dans l'eau en quantités assez importantes peuvent provenir de la phase de macération du lin pendant le rouissage.

Deux origines ont donc été reconnues à la présence de fer : l'une, naturelle lors de la préparation de la toile et l'autre, ajoutée ultérieurement par la présence de sang.

En conclusion il n'y a donc pas de liant ni de pigments picturaux, fait confirmé par la radiographie et la thermographie infrarouge. D'ailleurs une peinture n'aurait pas résisté à l'incendie de 1532 : tout pigment aurait été altéré.

Or cette conception du Linceul comme peinture continue à être répandue dans les media alors que les théories de McCRONE ont été définitivement réfutées.

Le sang et les liquides

Mentionnons d'abord les larges auréoles claires en forme de losange laissées par l'eau utilisée pour éteindre l'incendie de Chambéry. Elles sont situées au niveau des genoux, de la poitrine, au-dessus de la tête et sur les bords.

Ensuite des tâches de couleur brun-rouge apparaissent sur le côté droit du cadavre à la base du thorax, sur le front, la nuque, le poignet droit et les pieds. Les travaux de HELLER et ADLER, déjà cités, ont prouvé en 1981, par les résultats de treize tests différents qu'il s'agit bien de sang humain. Mentionnons entre autre le test spectrophotométrique pour la présence d'hémoglobine, le test immunochimique pour la présence d'albumine humaine et le test de présence de la porphyrine, produite par la dégradation de l'hémoglobine du sang.

A la même date, l'équipe italienne de Baima BOLLONE a confirmé ces travaux et a même déterminé le groupe sanguin : type AB , le plus rare qui soit (3 % de la population française et 5% au niveau mondial).

Coïncidence troublante: i l s'agit du même groupe sanguin présent sur les deux autres reliques majeurs de la Passion : la Tunique d'Argenteuil et le Suaire d'Oviedo.

Autre résultat obtenu : la couleur anormalement rouge pour un sang séché qui avait intrigué les chercheurs s'explique par la présence élevée de bilirubine, aboutissement de la dégradation de l'hémoglobine des globules rouges et composant de la bile du foie. Ce serait un indice d'épuisement provoqué par la flagellation.

Ces taches possèdent des caractéristiques différentes correspondant aux étapes successives de la coagulation sanguine :

  1. au niveau des pieds, des coulées de sang liquide qui pénètrent le tissu en profondeur et même le traversent : ces marques qui se sont étalées par capillarité possèdent des contours irréguliers
  2. au niveau de la plaie du côté droit et de la grande coulée postérieure, des caillots frais encore humides ;
  3. ailleurs, des caillots presque desséchés sous forme de décalque : dans ces deux cas, les contours sont nets, sans capillarité.

Ces constatations et l'absence totale de trace de décomposition permettent d'affirmer que le corps a été placé dans le linceul moins de trois heures après la mort et que le contact avec le drap a duré probablement moins de 40 heures.

De plus, les photographies aux ultraviolets ont mis en évidence, par fluorescence, des lésions et des éraflures jusque là invisibles. Des auréoles de sérum, indécelables autrement, sont apparues autour des traces de flagellation et sur les bords des caillots de sang.

En conclusion, pour les médecins, il paraît invraisemblable qu'un faussaire, même moderne et a fortiori médiéval, ait pu reproduire artificiellement les différents phénomènes de la coagulation : ces taches n'ont pu se faire que par contact sanglant avec la peau d'un homme blessé. De plus, un fait demeure inexplicable : comment le tissu, qui a du adhérer au corps a pu en être détaché sans traces au microscope électronique d'arrachement de la fibrine, protéine qui provoque la formation de caillot en emprisonnant les globules du sang ? Aucune réponse n'a pu être fournie jusqu'à présent.

Et des revues qui se prétendent scientifiques  continuent d'affirmer  comme "Science et Vie" en juillet 2005 qu'il n'y a pas une goutte de sang sur le Linceul malgré la diversité des tests utilisés.

Les plaies

Retenons les principales :

Zones de blessure sur Le Linceul de Turin
  • Les blessures sur le dos apparaissent selon deux directions privilégiées, correspondant vraisemblablement aux traces laissées par le portement d'une croix : sur l'épaule gauche, les zones 1,2 et 3 forment un angle de 30 degrés avec la verticale alors qu'à droite la zone 4 forme un angle de 60 degrés difficile à expliquer

 

  • l'enclouage du poignet, et plus particulièrement dans l'espace de DESTOT qui assure une prise solide, à comparer avec la découverte en 1968 dans un cimetière près de Jérusalem, d'un squelette de crucifié avec des clous dans les poignets, alors que toutes les représentations iconographiques postérieures montrent des clous dans la paume des mains.
    la flèche indique la plaie du poignet (cliché A.Marestoni)

Sur l'image du linceul, seul apparaît le clou qui a traversé le poignet de la main gauche (voir ci-contre)

 

  • la rétractation du pouce provoqué par un réflexe du à l'enclouage du poignet. : les mains n'ont que quatre doigts, fait connu uniquement depuis les travaux du docteur BARBET entre 1935 et 1950.


  • l'enclouage des pieds par un seul clou, le pied gauche croisé sur le droit


  • les traces de flagellation, nettement plus visibles sur la face dorsale : deux axes ont été déterminés, ce qui laisse supposer l'existence de deux bourreaux

 

  • la plaie du flanc droit, entre la cinquième et la sixième côte,  provoquée par une arme de la même taille qu'une lance romaine et selon une technique elle aussi romaine. Elle est restée béante, prouvant que le coup a été donné après la mort. Les directions des coulées montrent que le corps était en position verticale et qu'elles ont continué, même après la déposition du corps en position horizontale.

 

  • des coulées irrégulières sur toute la hauteur du crâne, de nature artérielle, sur la face dorsale comme sur la face ventrale, qui correspondent aux blessures causées par un casque d'épines.

 

  • une coulée sur le front, de nature veineuse, descendant des cheveux et dessinant un 3 renversé.
  • une déchirure de la paupière droite, un gonflement du nez et une tuméfaction des joues provoquées par des coups
  • les jambes non brisées, conformément à l'évangile de Jean (19, 31-34) mais non à une crucifixion "ordinaire" comme celles des deux larrons crucifiés en même temps que Jésus.

Rappelons que la double nature de la circulation sanguine, artérielle et veineuse, n'est connue que depuis le 17ème siècle avec le chirurgien anglais HARVEY.

Les inscriptions et les bandes en U

Des fantômes d'écritures ont été remarqués à partir des négatifs photographiques, sur la face et autour du visage, alors que ce n'est pas une pratique funéraire connue.

En 1979, les Italiens Piero UGOLOTTI et Aldo MARASTONI affirmèrent avoir découvert plusieurs signes qu'ils identifièrent comme des lettres :

  • le long du côté gauche du visage, de bas en haut, les lettres INNECE interprétées comme une abréviation de IN NECEM (IBIS), signifiant " tu iras à la mort" en latin
  • le long du côté droit du visage, de haut en bas, les lettres NAZARE interprétées  comme une abréviation de NAZARENUS, signifiant "nazaréen, habitant de Nazareth" ou "naziréen, consacré à Dieu".

En 1982, le R.P.DUBOIS confirma les inscriptions latines précédentes et signala l'existence de caractères grecs sur le côté droit du visage : PEZw de sens discuté. La présence simultanée d'inscriptions en latin et en grec n'a rien d'impossible : cf. l'inscription placée sur la croix (Jn 19 20).

En 1995, André MARION et Anne-Laure COURAGE, de l'Institut d'optique d'Orsay (France), entreprirent la numérisation des clichés existant du linceul pour y appliquer un traitement informatique de l'image.

bandes rectilignes en U (cliché A.Marion)
Deux bandes rectilignes sombres apparaissent alors pour former deux U géométriques et de tailles différentes, le plus gros contenant le plus petit.

 S'agit-il d'une logette destinée à caler la tête ? La plupart des groupes de signes sont disposés le long de ces bandes, à l'endroit sur les photos et donc à l'envers sur le linceul.

Ce fait, ainsi que le très faible contraste, explique le manque total d'allusion antérieure, aussi bien dans la description précise laissée par les clarisses de Chambéry en 1538 que sur la peinture de Lier, copie fidèle (sans les anomalies !) réalisée en 1516.

 

Les inscriptions déjà mentionnées ont donc fait l'objet d'une étude plus approfondie qui ne permet aucune affirmation sure. De plus, de nouvelles inscriptions furent ainsi découvertes, toujours dans la région des bandes autour du visage : y S K I [A ](caractères grecs, de traduction difficile), SB (caractères latins : "sceau de Baudouin", roi de Constantinople qui fit don de reliques à saint Louis en 1239 ?), N A Z A R H N O S (caractères grecs) ou NAZARENUS (caractères latins), inscription différente de celle citée ci-dessus, ADA[?] ("Adam?") , sous le menton  H S O U (Jésus)et sur le front IC (première et dernière lettre du mot grec H S O  S   

Interprétation des signes graphiques (cliché A.Marion)

Quelles conclusions en tirer ? Les différentes inscriptions n'ont pas été réalisées en même temps, ni par la même main ni par les mêmes moyens. Car les signes sont sombres ou clairs, parfois superposés ou enchevêtrés, et de langues différentes !

L'analyse paléographique suggère une origine antique plutôt que médiévale pour la plupart des signes mais sans point de comparaison, l'interprétation reste difficile et sujette à discussion

C'est ainsi qu'il ne semble y avoir aucune trace d'encre et que les lettres ont les mêmes propriétés superficielles que l'image.




La restauration

En 2002, fut réalisée une restauration du Linceul par Mme FLURY-LEMBERG, spécialiste des tissus anciens. A cette occasion fut décousue la toile de Hollande, cousue par les clarisses de Chambéry en 1534 ainsi que la trentaine de raccommodages dont le plus grand mesure 20 x 30 centimètres ce qui permit d’observer pour la première fois la face cachée du Linceul. Celui-ci fut étiré afin de supprimer les plis provoqué par les enroulements antérieurs: ses dimensions  sont actuellement de 442 cm de long sur 114 cm de large. 

Puis de nombreuses photos en haute résolution ont pu être prises de la face cachée et une nouvelle toile de support fut mise en place.

C’est ainsi qu’à neuf centimètres du bord supérieur du drap fut découverte une couture latérale, du même type que celles trouvées à Massada, forteresse juive prise par les romains en 74 après Jésus-Christ (observation de Mme FLURY-LEMBERG).

Comme les pièces de consolidation ont été retirées, le Linceul ne peut plus être vu qu’à plat, derrière une vitre blindée et dans un caisson blindé de 5 m x 1,3 m rempli d'un gaz inerte, l'argon, dont l’atmosphère est contrôlée en permanence. Pour les ostensions, comme celle de 2010, le caisson sera placé en position verticale.

Cette opération a suscité de nombreuses polémiques car il n’est pas certain que le Linceul soit mieux protégé qu’auparavant. De plus, comme le sang, les terres, les poussières, bref " les saletés " ont été recueillies dans une trentaine de tubes, leur contexte historique et topologique est perdu.

D’un autre coté, la restauration pourra être recommencée dans le futur car tout est réversible, la surface étudiée est plus propre et plus nette car les résidus de l’incendie de 1532, qui menaçaient le tissu ont été enlevés.

Il y a là de quoi alimenter la recherche pour de nombreuses années encore.

L'image

Elle n'existe pas sous les taches de sang - elle s'est donc formée après celles-ci - mais bien sous les taches d'eau et sous les inscriptions. Au contraire de l'empreinte, elle n'existe que sur la face interne qui se trouvait au contact du corps : le phénomène qui l'a créé a donc été arrêté par le tissu.

Décrivons cette image corporelle extraordinaire. Il s'agit de deux silhouettes de couleur jaune paille, opposées par la tête, montrant un homme vu de face et de dos. Elles sont beaucoup moins visibles que l'empreinte, sans contours nettement définis et si floues qu'on ne les distingue qu'à plus de deux mètres de distance ; plus près elles se fondent dans la trame du tissu et disparaissent.

l'image telle qu'on la voit

FACE DORSALE FACE VENTRALE 

cliche G.Enrié

                                                                

cliche G.Enrié

                                                            


J'ai pu effectuer cette constatation personnellement, avec mon épouse, lors de l'ostension de mai 1998.

Linceul-inversion.jpg



Le sens droite gauche de l'image visible sur le Linceul est l'inverse de la réalité.


Le négatif photographique, en inversant l'image une seconde fois, rétablit le sens droite-gauche véritable







Caractéristiques

        Le négatif photographique, qui fait apparaître l'image en positif

Cliché négatif de la face pris en 1931 par Enrié (CIELT)
L'image se présente sous les caractéristiques d'un négatif photographique, le drap jouant le rôle d'une pellicule, sans en être vraiment un puisqu'il n'existe aucune trace de réactif chimique : les zones claires et les zones sombres sont inversées ainsi que la droite et la gauche,

Cette propriété fut découverte en 1898, lorsque fut prise la première photographie du linceul par Secundo PIA : le négatif obtenu alors s'est avéré être en réalité un positif plus lisible et plus contrasté que l'image directement visible. On obtient alors une reproduction très réaliste, en voyant le personnage comme s'il se trouvait devant l'observateur. Aussi la photo est-elle mieux connue du grand public que l'image directement visible.

Aucun autre exemple d'image négative n'est connu dans le monde, à l'exception d'images créées récemment, justement pour reproduire celle du Linceul.D'ailleurs  on ne comprend pas comment et dans quel but on aurait pu imaginer un négatif à une époque antérieure à la photographie !

  • La nature de l'image, indélébile et résistante aux solvants chimiques ainsi qu'à la chaleur, est connue avec certitude : il s'agit d'une sorte de roussissure très superficielle du lin, sur quelques microns seulement, par oxydation acide et déshydratante de la cellulose.
  • Cette image est portée uniquement par les crêtes des chevrons (lignes imbriquées de V accolés) et est constituée par la répétition périodique, au niveau des fibres, de minuscules bâtonnets, orientés perpendiculairement à la direction du tissu et distants d'un demi-millimètre. On peut la comparer à une trame d'imprimerie plaquée sur le tissu d'une manière qui rappelle les images modernes numérisées : les parties oxydées des fibrilles du lin sont colorées en jaune, uniquement selon la loi du "tout ou rien et les variations de teintes entre "plus clair et plus foncé" sont liées aux variations de la proportion des fibrilles qui sont colorées et de celles qui sont restées normales. Ce phénomène est strictement proportionnel à l'éloignement de chaque point du corps par rapport au tissu considéré comme un écran.

Cela signifie que le relief du corps est codé de manière mathématique et qu'il est donc possible d'obtenir des images tridimensionnelles de l'homme du linceul.

La densité de l'image est maximale là où la toile touchait la peau (front, nez, menton) et  elle diminue lorsque la distance augmente (yeux, joues).

P.GASTINEAU en 1974 et E.JUMPER en 1978, avec un analyseur de clichés astronomiques qui traduit l'intensité lumineuse en distances, firent apparaître en relief le visage et le corps, de manière nette, alors qu'un portrait ordinaire apparaîtrait complètement déformé. De même le photographe Aldo GUERRESCHI  a obtenu une sorte de photo relief en empilant le positif et le négatif d'un cliché du Linceul avec un léger décalage vers la droite ou vers la gauche.

Généralement, on utilise des niveaux de gris, l'image allant du sombre pour les parties les plus profondes (creux) au clair, pour les parties les plus hautes ("bosses"). 
reconstruction de E.Jumper dans O.Celier,Le Signe du Linceul,Cerf,Paris

C'est la seule image connue possédant cette propriété, déjà pressentie par Paul VIGNON dès 1902 avec sa "loi des distances".

Nous sommes très loin d'une peinture !

  • Alors que l'empreinte présente des déformations dues à l'enveloppement du corps par le tissu, entre autre un léger décalage des taches de sang vers l'extérieur, l'image est parfaitement plane, sans aucune déformation ce qui aurait été le cas si elle s'était imprimée par contact du linceul avec le cadavre : par analogie, on pourrait parler d'une véritable projection optique.
  • Enfin, par analyse sur ordinateur du spectre de fréquence, la répartition des bâtonnets s'est révélée isotrope. Ce qui signifie que l'image ne possède aucune direction privilégiée à la différence de la structure en chevron du tissu. Or tout dessin ou reproduction humaine présente des axes préférentiels dus à l'anatomie du bras et du poignet. La science moderne rejoint ainsi l'ancienne notion d' "acheiropoïète", qui n'est pas fait de main d'homme. Cette propriété suggère que l'image aurait émané globalement du corps lui-même.

Anomalies

L'image ne possède pas seulement des propriétés uniques - négative, plane, isotrope, tridimensionnelles - elle présente également un grand nombre d'anomalies, absolument inexplicables actuellement.

  1. Comme déjà signalé, l'empreinte s'est formée par contact étroit du linceul avec le corps alors que la régularité parfaite sans déformation de l'image formée par après impose que le linceul, parfaitement tendu comme un écran, ne touchait pas le corps à ce moment là !
  2. Les cheveux longs tombant le long du visage, l'absence d'aplatissement au niveau des épaules et des fesses (les deux silhouettes, de face et de dos, présentent la même intensité) impliquent un corps en position verticale alors que les coulées de sang après la mort ainsi que la position des jambes et des pieds impliquent un corps en position horizontale ! Ce paradoxe ne peut être résolu qu'en supposant que l'impression de l'image s'est déroulée en apesanteur.
  3. Le codage en relief et l'isotropie montrent que l'énergie nécessaire émane du corps lui-même et non d'une source extérieure.
  4. Le réglage très précis du flux d'énergie permettant la numérisation sélective des fibrilles superficielles du lin et celui de l'orientation conjointe du rayonnement et du drap pour assurer la netteté de l'image dépasse de loin les possibilités et les connaissances scientifiques actuelles.
  5. Enfin, le retrait du corps, comme déjà indiqué, n'a eu aucune conséquence sur la représentation des caillots sanguins.

Explications proposées et analyse  de la tridimensionnalité des images fabriquées récemment.

Plusieurs mécanismes ont été proposés pour essayer d'expliquer les propriétés paradoxales de l'image mais toutes se heurtent à de sévères objections.

Dès le début du 20ème siècle, Paul VIGNON élabora sa célèbre théorie de la vaporographie : des vapeurs d'ammoniaque dégagées par le corps auraient provoqué une coloration du lin par une réaction chimique avec les produits de l'embaumement. Mais cette hypothèse est incompatible avec la netteté et la superficialité de l'image.

Dans les années 1930, G.ASHE expérimenta un rayonnement thermique mais n'obtint que des brûlures.

Pseudo-image du Linceul produite par H.BLOCH


L'américain Joe NICKELL dans les années 1980 et plus récemment le français Henri BROCH (Science et Vie, septembre 2005) ont
Pseudo-image du Linceul produite pae Nathan Wilson
mouillé avec un linge humide un  bas-relief dont les parties en saillies ont été recouvertes avec de la couleur ocre (image de gauche). Mais aucune trace de colorant ni aucun signe de capillarité n'a été décelé. Or des produits liquides auraient nécessairement diffusé en largeur et en profondeur, ce qui n'est pas le cas. Citons également la tentative de Nathan WILSON qui essaie de produire un négatif sur du lin, à l'aide d'une peinture sur vitre exposée au soleil (image de droite).

Mais les résultats obtenus restent fort éloignés de l'original et un examen au microscope permet facilement de les distinguer.


De plus, en 2005, Christophe MIGNOT, spécialiste du traitement d'images, les a analysées en détail et ses conclusions sont très claires : 

l'image de Science et Vie  a un rendu tridimensionnel fort imparfait car il n'y a qu'un contact avec le bas-relief ou une absence de contact.  Le relief est uniquement constitué d'une partie haute ("plateau") et d'une partie basse ("plaine") sans transition entre les deux.

l'image de WILSON présente également un rendu tridimensionnel à deux niveaux , une plaine et un plateau. Pourtant le rendu  parait meilleur car une transition de relief existe entre les deux. Toutefois cet effet est obtenu uniquement par le déplacement du soleil pendant le temps d'exposition. Ce n'est donc pas  de l'information tri-dimensionnelle mais un flouissement de l'image. Celle-ci correspond uniquement à la présence ou à l'absence de peinture sur la vitre utilisée et à rien d'autre. 

par opposition, l'image du Linceul de Turin est une vraie image tridimensionnelle contenant un grand nombre de niveaux. Ceux-ci apparaissent plus nettement après un traitement informatique d'effacement des taches et de détramage du tissu.

Il est piquant de constater que même à l'époque actuelle, avec les puissants moyens technologiques mis à la disposition qui permettent un controle facile, BROCH et WILSON n'ont pas réussi à créer une image plausible. Tout le monde n'est pas un faussaire de génie ! A méditer par les partisans d'un faussaire médiéval et de la théorie du "y a qu'à utiliser un bas-relief".

 
Une autre hypothèse suppose que l'image d'un vrai crucifié aurait été projetée par un procédé optique sur un drap tendu. Mais quel procédé et comment expliquer l'isotropie ainsi que la tridimensionnalité ?

La théorie de l'image latente affirme que celle-ci se serait développée lentement, au fil des années, par une oxydation naturelle mais inexpliquée malgré l'analogie proposée avec les traces laissées sur les pages de vieux herbiers. Cependant cette hypothèse également est incompatible avec la netteté et la superficialité de l'image.

Comme la photo en fluorescence ultraviolette ressemble à un cliché radiologique et qu'il n'y a ni images latérales ni déformations, beaucoup de savants ont émis  différentes hypothèses de transfert d'énergie à distance par rayonnement . Ce serait la marque du "flash" de la Résurrection, hypothèse audacieuse qui ne s'impose cependant pas. Citons, parmi les causes possibles  de ce rayonnement :

  1. des radiations électromagnétiques (JACKSON 1990)
  2. des champs électriques (FANTI 2005)
  3. un laser (?)
  4. des protons : hypothèse de J.B.RINAUDO qui a expérimenté un flux de proton d'1 Mev dans un accélérateur de particules du Centre d'études nucléaires de Grenoble en France. Ce flux se serait formé sous l'influence d'un champ électrique créé par un violent orage, qui aurait chargé un condensateur naturel, constitué par le sol et le plafond du sépulcre ! Difficile à croire d'autant plus que les physiciens SAILLARD et SALET ont critiqué cette idée en 1995 !
  5. la lumière solaire : hypothèse de S.MOURAVIEFF pour qui un corps enduit d'aromates et enveloppé dans un linceul aurait été exposé au soleil sur ses deux faces. Même si ce processus s'avérait réalisable ce qui n'est pas démontré, il reste fort lent ce qui est en contradiction avec l'absence de décomposition. De plus le retournement du corps est peu compatible avec la netteté de l'image et l'intégrité des caillots sanguins.

Récemment, en 2003, ROGERS a constaté qu'en essayant d'arracher au scotch de prélèvement une fibre colorée prélevée sur la main, cette fibre perdait sa couleur jaune paille et apparaissait toute blanche. Cette découverte fondamentale  confirme les propriétés additives de l’image : le traitement numérique, en éliminant le bruit de fond, permet de retrouver l’original.

Le même savant a émis l’hypothèse de la diffusion gazeuse : cette couleur claire serait produite par des réactions de MAILLARD, généralement lentes (environ trente heures), provoquées par des amines (composés organiques dérivés de l’ammoniac NH3 dont certains hydrogènes ont été remplacés par du carbone) provenant des résidus corporels en contact avec un sucre réducteur, vraisemblablement de l’amidon. Ces réactions projetteraient une image sur un centimètre par évaporation.

En 2005, Marcel ALONSO, administrateur au CIELT et ancien chef de laboratoire, propose son hypothèse de l’impression capillaire, en se basant sur des observations antérieures :

  • L’affirmation de Grégoire le Silentiaire au Xème siècle : " ce sont les sueurs de l’agonie du Seigneur qui ont imbibé le Linceul " 
  • Les thèses de la vapographie de Paul VIGNON et de la diffusion gazeuse de Ray ROGERS citées ci-dessus
  • L’expérience d’Antoine LEGRAND en 1938 : de la sueur déposée sur un tissu de lin produit une image qui ne devient visible qu’après trois ans.

Pour M.ALONZO, il s’agirait d’un transfert d’images en phase vapeur et à courte distance, par un mécanisme plus complexe et plus lent que celui proposé par ROGERS.

Terminons par des suppositions récentes et farfelues : en 1492, Léonard de Vinci aurait utilisé une méthode photographique de son invention alors que le linceul de Turin était déjà connu plus de 150 ans auparavant ! Ou bien une reconstitution sanglante se serait déroulée lors d'un mystère médiéval comme si un corps torturé imprimait naturellement sa marque sur un linceul !

En conclusion, aucune des hypothèses proposées ne permet d'expliquer toutes les propriétés constatées et aucune tentative de reconstitution n'a abouti à des résultats concluants.

Les pièces de monnaie

Il s'agit sans doute de l'étude la plus controversée.

Double lepton frappé par Pilate en 29
De nombreux auteurs - WILSON, JUMPER déjà cité , en 1979 le R.P. Francis FILAS, professeur à Chicago, Mary WHANGER en 1986 et Mario MORANI en 1986 - intrigués par la forme curieusement circulaire des yeux émirent l'hypothèse que des pièces de monnaie, et plus particulièrement des leptons frappés sous Ponce-Pilate, procurateur de 26 à 36, avaient été déposés sur les deux yeux. Cet usage est attesté au 1er siècle par des découvertes archéologiques récentes en Israël.

Mais les critiques ne manquent pas. Ces pièces, bien que non organiques, se seraient imprimées sur le drap en même temps que l'image et ne feraient pas partie de l'empreinte ce qui complique une étude déjà particulièrement difficile : en effet, les coulées de sang ont fait obstacle à la formation de l'image, à fortiori des pièces de monnaie métalliques. De plus, la taille des détails ainsi observés étant inférieure à celle des chevrons, les marques peuvent être dues à la structure du tissu. Et il n'est pas certain que Pilate ait battu monnaie en Judée.

Aussi attendons les résultats de recherches complémentaires dans ce domaine.

Les nouvelles images

Le tissage du tissu présente des bandes alternativement sombres et claires, dans le sens vertical comme dans le sens horizontal qui gênent la perception de l’image.
Nouvelle image du Linceul de Turin (CASTEX)

 

Les équipes de Th. CASTEX, à Pau, et de R.DOUMAX, à Bordeaux, par des filtres informatiques appropriés, ont pu obtenir une image du visage débarrassé de ces parasites visuels

  1. qui présente un aspect moins anguleux et moins sévère que celui diffusé actuellement
  2. où les joues apparaissent plus nettement, ce qui remettrait en cause la présence d’inscriptions signalées auparavant

Si ce traitement d’égalisation numérique n’a pas déformé l’image, cela signifie que celle-ci s’est déposée sur le fil de lin sans en altérer la composition chimique.

 

 

 

Image de l'envers du Linceul de Turin
Image améliorée de l'envers du Linceul (FANTI)

De plus la découverte de la face cachée du Linceul avait permis de constater que les liquides corporels (sang, sueur) avaient traversé le tissu et que la même silhouette apparaissait des deux côtés du drap. Certes, du coté envers, l’image est encore plus atténuée et plus brouillée : la coulée en forme d'epsilon est bien visible mais le professeur FANTI a réussi, par traitement numérique en 2004, à présenter un visage visible et observable, présenté ici à droite.  Les images de la barbe, de la moustache et des cheveux apparaissent au même endroit que sur la face ventrale et seraient superficielles comme ces dernières.

Par contre, l' image n'est pratiquement pas visible à l'oeil nu sur cette face cachée.

L’étude des clichés en haute résolution et dans l’ultraviolet, pris en grand nombre lors de la restauration de 2002, devrait permettre d’en savoir plus d'ici quelques années.


 

Les nouvelles avancées de la recherche

Les recherches effectuées en 2002 et 2004 par le chimiste américain Raymond N.ROGERS, décédé depuis lors en 2005, sont particulièrement importantes et constituent une avancée majeure pour la compréhension de la non-validité de l’échantillon utilisé en 1988 pour la datation au radiocarbone.

Zone de prélévement

 





Ce savant a pu rassembler

  1. Des segments de fils de l’échantillon donné au professeur RAES en 1973
  2. Des échantillons de surface prélevés sur tout le Linceul par le STURP en 1978
  3. Des échantillons de la toile de Hollande utilisée pour renforcer le Linceul, depuis l’incendie de 1532 et jusqu’en 2002.
  4. Des fils prélevés en 1988 pour la datation au radiocarbone
  5. Des tissus de lin médiévaux


Il est arrivé à la conclusion que l’échantillon RAES et l’échantillon daté au carbone 14 sont différents du reste du Linceul. Voici ses principales observations

Les photographies de la zone radiocarbone

Les photographies prises par le STURP en 1978 de la zone qui sera découpée en 1988 pour la datation au radiocarbone ont permis de constater les anomalies suivantes :

Photos en lumière transmise à 3200°K : des différences d’agencement entre une zone claire supérieure et une zone sombre inférieure, séparée l’une de l’autre par un pli courbe

Photos en ultraviolet : absence de fluorescence ce qui implique une différence de composition chimique

Le coton

La présence de coton, de l’espèce Gossypium herbaceum, originaire du moyen orient, fut détectée dès 1973 par le professeur RAES. Le coton, qui n’apparaît que sur l’échantillon qui porte son nom et non sur les autres échantillons, n’a été introduit en Europe que vers 1350.

La lignine

Ce composant naturel de toutes les plantes se retrouve dans le lin aux nœuds de croissance des fibres.

Sur la toile de Hollande, l’échantillon RAES et les autres tissus, la quantité de lignine est faible et sa distribution est homogène.

Sur les échantillons de surface, la quantité de lignine est plus importante et son taux varie en fonction de sa localisation sur une bande claire ou foncée. En effet la trame du Linceul est constituée de bandes, plus ou moins claires ou sombres, provoquées par le mode de fabrication. Dans l’antiquité et au haut moyen âge les morceaux de lin étaient blanchis séparément avant d’être tissés d’où cet aspect en bande et la non homogénéité de la lignine. Plus tard c’est le vêtement entier qui est blanchi après le tissage d’où l’homogénéité de la lignine dans ce cas. Si ce changement de mode de fabrication est daté du 13éme ou du 14ème siècle par certains, ce serait un indice chronologique supplémentaire de datation mais cela reste en discussion.

La vanilline

La vanilline est un produit de la décomposition naturelle de la lignine. Son taux résiduel varie en fonction du temps et de la température : on constate ainsi un perte de 95% (ce qui la rend indétectable) après 1320 ans à 25 degrés et après 3095 ans à 20 degrés.

Un test sensible permet de constater sa présence sur l’échantillon RAES, sur la toile de Hollande et sur les tissus de lins médiévaux ainsi que son absence ailleurs sur le Linceul. C'est un indice pour un âge plus ancien pour le Linceul (1300 à 300 ans selon ROGERS)  et plus récent pour l'échantillon RAES.  Cette datation a été contestée parce que le Linceul a été exposé à de hautes températures, lors de l'incendie de 1532, de l'ordre de 250 à 300°C, en tout cas inférieures à la température de la décomposition de la cellulose, phénomène qui ne s'est pas produit.

Cependant le lin possède une très faible conductivité thermique qui a pu protéger le tissu. De plus la vanilline est détectable sur l'échantillon radiocarbone ce qui montre que la chaleur n'a pas été suffisante pour abaisser fortement le taux de vanilline.

La couche de teinture

Celle-ci n’apparait que sur l’échantillon RAES et sur l’échantillon daté au radiocarbone. Il s’agit d’une sorte de gélatine de couleur jaune-brun, soluble dans l’eau et qui a coloré principalement les fibres superficielles du tissu.

Les analyses chimiques ont décelé la présence d’un pigment extrait de la racine de garance, apparu en France au 16 ème siècle, d’un mordant composé d’oxyde d’aluminium et d’un liant d’origine végétale, sans doute de la gomme arabique. En effet, la spectrométrie de masse révélé la présence de pentose, sucre constitutif des gommes végétales. Cette substance a été appliquée en surface, sans doute pour rendre invisible une réparation. Dans cette hypothèse, le coton aurait été utilisé pour permettre une meilleure coloration et rendre ainsi invisible la réparation.

Tableau récapitulatif

Zone étudiée

Méthode physique

Méthodes chimiques

   

Coton

Lignine

Vanilline

Teinture

           

Échantillon radiocarbone

Différence de trame

Absence de fluorescence

    détectable

Présence

Échantillon RAES

 

Présence

Quantité homogène

détectable

Présence

Toile de Hollande

 

Absence

Quantité homogène

détectable

Absence

Échantillon de surface du Linceul

 

Absence sauf traces

Quantité inhomogène

indétectable

Absence

Autres échantillons de lins, médiévaux ou modernes

 

Absence

Quantité homogène

détectable

Absence


Malgré des critiques de détail, les conclusions de ROGERS de 2005 restent valables aujourd’hui :

  1. L’échantillon RAES et les échantillons datés au radiocarbone, qui sont contigus (voir sur le schéma), présentent des propriétés physico-chimiques différentes du reste du Linceul
  2. L’échantillon radiocarbone n’est donc pas représentatif de l’ensemble.
  3. La vanilline, non détectée sur le Linceul, pourrait indiquer un âge plus ancien que sur l’échantillon RAES même si une datation précise reste hypothétique.

Les réparations médiévales

Suite aux recherches de ROGERS,  deux auteurs, Joseph G. MARINO et M Sue BENFORD ont émis en 2002 l’hypothèse suivante : un patch du 16 ème siècle recouvert de teinture aurait été ajouté au tissu original pour réparer une zone endommagée. La datation au radiocarbone aurait mesuré le mélange du patch et du tissu original : un mélange de 60% de fibres du 16 ème siècle et de 40% de fibres du 1er siècle permettrait d’obtenir une date moyenne de 1210 après Jésus-Christ.

Ils se basent sur les faits suivants :

  1. Des anomalies apparaissent dans les microphotographies de la zone prélevée pour l’institut de Zurich, en particulier une couture discrète et des disparités dans le tissage
  2. Selon WALSH, il existerait une relation linéaire entre les différences de datation entre les trois laboratoires (Oxford, Arizona et Zurich) et la distance par rapport au coin du tissu.

Cependant plusieurs objections peuvent être émises :

La relation détectée par WALSH reste empirique et n’est pas démontrée car on ne sait pas comment chacun des trois laboratoires a découpé son échantillon en plusieurs sous-échantillons

D’autres experts en textiles anciens, comme M. TESTORE en 1988 et Mme FLURY-LEMBERG en 2002 ont soigneusement examiné le Linceul lui-même et n’ont décelé aucune réparation visible. Les " anomalies " visibles sur les microphotographies peuvent avoir une origine naturelle, due à l’usure.

Mais une autre hypothèse, plus vraisemblable, reste possible : une réparation dite invisible, consistant en fils de remplacement (lin + coton) mélangés avec les fils originaux de façon à reconstruire la zone manquante. Une teinture est alors appliquée pour que la réparation se fonde dans l’original. Cette technique était parfaitement maîtrisée par les tisserands du 16 ème siècle, selon M. Robert BUDEN, président d’une société de restauration de tapisseries anciennes et correspond aux indices découverts par Raymond ROGERS.

Conclusions

L'étude du linceul de Turin a été menée dans de nombreux domaines : exégèse, histoire, archéologie, analyse de tissu, palynologie, iconographie, numismatique, anatomie, physiologie, hématologie, radiologie, traitement d'images, paléographie. Aucun objet au monde n'a été autant étudié : c'est ainsi qu'en 1978 il fut examiné pendant cinq jours, 120 heures d'affilée par 40 savants américains de toutes croyances religieuses et philosophiques, utilisant six tonnes de matériel scientifique. Le protocole des expériences à mener couvrait 243 pages et cinq photographes spécialisés prirent entre 5000 et 7000 photos. Le dépouillement et l'exploitation des observations prit 150 000 heures de travail.

De nombreux résultats partiels ont été obtenus, certains indiscutables, d'autres sujet à controverses ; un grand nombre vont dans le même sens, certains les contredisent comme la datation au Carbone 14, effectuée en 1988 et dont nous reparlerons.

Quelques certitudes se dégagent toutefois et nous suivrons ici le raisonnement du professeur André MARION, dont la méthodologie me paraît remarquable :

  1. l'empreinte n'est pas une œuvre picturale comme le prouvent l'absence de pigments, la correspondance exacte avec la circulation sanguine et la présence de liquides physiologiques humains.
  2. l'image non plus n'est pas une œuvre picturale comme le prouvent l'absence de pigments et ses caractéristiques étonnantes : négative, plane, indélébile, tridimensionnelle, isotrope.

Personne n'a pu ni comprendre la formation de l'image ni reproduire une copie présentant exactement les mêmes caractéristiques déjà mentionnées.

  1. 1. en conclusion partielle, ce tissu a été mis en contact avec le véritable cadavre d'un crucifié : il s'agit bien d'un linceul.
  2. 2. dans ce cas, s'agit-il d'un faux linceul, fabriqué de toute pièce au moyen âge ? Pour cela un hypothétique faussaire aurait du se procurer un beau tissu de lin, de datation incertaine et d'origine méditerranéenne comme le montrent les pollens. Il aurait du de plus disposer d'un cadavre martyrisé selon la tradition, les textes des évangiles et les découvertes récentes : flagellation avec un instrument semblable au flagrum romain, enfoncement d'un casque et non d'une couronne d'épines, crucifixion avec les clous dans les poignets et non dans les paumes, coup de lance après la mort. Cela dépasse de loin les connaissances médiévales au sujet des coutumes antiques.

De plus, après avoir enveloppé le corps du supplicié dans le drap, il aurait fabriqué l'image en la faisant coïncider avec l'empreinte, à la fois de face et de dos. Et cela par un procédé inconnu, utilisé une seule fois puisqu'il n'existe aucun objet semblable et créant des propriétés incompréhensibles pour le faussaire lui-même, pour ses contemporains et également pour les générations actuelles !

Une telle succession d'hypothèses est très peu probable : de 1 à 200/225 milliards pour le Père de GAIL, ingénieur, en 1972 et pour T.ZEULI, professeur à la faculté des sciences de Turin, en 1978.

On peut donc éliminer la thèse d'un faussaire génial, capable de tout connaître et de tout réaliser.

  1. 3. Question logique suivante : si le linceul est authentique, de quand date-t-il? Rappelons quelques faits : la première attestation historiquement sure ne remonte qu'à 1357 mais les recherches récentes permettent de suivre son existence probable bien plus tôt dans le temps ; le supplice de la crucifixion fut aboli en 320 par l'empereur Constantin même s'il a été pratiqué pendant quelque temps encore en Orient où n'apparaît pourtant aucune représentation d'une crucifixion dans les poignets. Les indices paléographiques, palynologiques et historiques (représentation dans le Codex Pray, manuscrit daté entre 1192 et 1195 d'un linceul ressemblant à celui de Turin) font plutôt pencher la balance vers l'époque antique et vers l'orient, en contradiction avec les résultats de l'analyse au radiocarbone.  


  1. 4. L'hypothèse la plus probable et la plus vraisemblable est que le crucifié soit Jésus de Nazareth. Rien ne s'y oppose dans l'état actuel de nos connaissances. En effet il s'agit du seul condamné connu à la fois flagellé, couronné d'épines, crucifié, blessé au côté droit après la mort, les jambes non brisées, et enveloppé dans un linceul sans lavage préalable, sans  onction ni trace de putréfaction.

Pour tout autre personnage, le doute ne serait plus permis. Nous possédons bien la momie du pharaon RAMSES II, ainsi que des textiles anciens provenant également d'Égypte, bien plus anciens que lui, sans que cela ne soit contesté. Cette remarque, pourtant déjà ancienne - en 1902 - , d'Yves DELAGE, à l'Académie des Sciences en France conserve toute son actualité.

Ce remarquable savant, professeur à la Sorbonne, non-croyant et libre penseur, fut ému par la noblesse du visage apparaissant sur l'image et défendait son authenticité. De ce fait, il fut critiqué violemment et injustement par ses collègues. Dans une lettre ouverte, il déclarait : "Je considère le Christ comme un personnage historique, et je ne vois pas pourquoi on se scandaliserait qu'il existe une trace matérielle de son passage." La controverse qui n'a fait que se développer depuis cette époque (vers 1900) , dépasse de loin l'authenticité ou  l'inauthenticité du Linceul. Elle fait partie du conformisme intellectuel actuel qui nous répète, toujours et partout, ce que nous devons penser. Et le professeur LUCOTTE, lui aussi un scientifique incroyant respectueux des faits et des croyances d'autrui, en a fait la douloureuse expérience récemment . Je le cite textuellement : "Qui sont-ils, ces dénonciateurs de prétendues contrefaçons, ces chevaliers modernes  défenseurs des pauvres croyants abusés dans leur foi, ces messieurs-dames Je-sais tout qui, forts de leurs certitudes, ne manquent pas une occasion de s'en prendre aux reliques du christianisme et , à travers elles, à cette religion "ringarde" qu'est la religion catholique".  A méditer.

Auteur : Fernand LEMOINE

Autres études dans EBIOR :

  1. L'histoire du Linceul de Turin (présentation schématique)
  2. Comparaison synoptique  de La Passion du Christ entre les Évangiles, les reconstitutions médicales, le Linceul de Turin et le Suaire d'Oviedo
  3. La datation au radiocarbone
  4. La sainte Tunique d'Argenteuil
  5. Les reliques de la Passion conservées à Paris
  6. Comparaison des trois reliques : le Liceul, la Tunique et le Suaire

Sources :


  1. Dr Jean-Maurice CLERCQ,
  2. Dr Jean Lévêque et Dr René Pugeaut,
  3. André Marion et Anne-Laure Courage,
  4. Daniel RAFFARD de BRIENNE, Enquête sur le Saint Suaire, Claire Vigne, 1996
  5. Antoine LEGRAND, Evangile et Linceul, François-Xavier de Guibert, 1998
  6. Gino MORETTO, Guide du Saint Suaire, MediasPaul, 1996
  7. André MARION et Gérard LUCOTTE, Le Linceul de Turin et la Tunique d'Argenteuil : le point sur l'enquête, Presses de la Renaissance, 2006
  8. Marcel ALONSO, Le point sur les travaux scientifiques récents effectués sur le Linceul de Turin, dans les Actes 2005 du COSTA, François-Xavier de Guibert, 2007
  9.  www.suaire-science.com site clair, bien documenté et au courant des dernières actualités sur le Linceul de Turin.
  10. Antoine WEHRLE, Le Linceul de Turin, Editions du Triomphe, 2009
  11. Christophe MIGNOT, De l'aspect tridimensionnel comparé du Linceul de Turin, et de faux suaires réalisés expérimentalement, 2005, fichier PDF
  12. Bruno BARBERIS et Massimo BOCCALETTI, Il caso Sindone non è chiuso,San Paolo,2010La Passion de Jésus : de Gethsémani au Sépulcre, François-Xavier de Guibert, Paris, 2004 Le Saint-Suaire revisité, Sarment - Éditions du Jubilé, 2003  Nouvelles découvertes sur le Suaire de Turin, Albin Michel, 1997

Mise à jour : 29 mai 2010