Cinq voies d'accès à l'existence de Dieu

De Ebior

La seconde et la cinquième voies demeurent les plus intéressantes au regard de la conception que nous avons aujourd'hui de la réalité.

2) Par la cause efficiente. C'est la voie de la Théologie naturelle: tout a un commencement sauf l'auteur du big bang lui-même, qui ne peut pas être le néant (et encore moins le vide quantique). Même de grands scientifiques, au départ souvent athées, découvrent cette voie "déiste" et concluent, comme Einstein, qu'il doit exister un être premier.

5) Par la cause finale. "Nous voyons que des êtres privés de connaissance, comme les corps naturels, agissent en vue d'une fin, ce qui nous est manifesté par le fait que, toujours ou le plus souvent, ils agissent de la même manière, de façon à réaliser le meilleur ; il est donc clair que ce n'est pas par hasard, mais en vertu d'une intention qu'ils parviennent à leur fin. Or, ce qui est privé de connaissance ne peut tendre à une fin que dirigé par un être connaissant et intelligent, comme la flèche par l'archer. Il y a donc un être intelligent par lequel toutes choses naturelles sont ordonnées à leur fin, et cet être, c'est lui que nous appelons Dieu."(1) Cet argument finaliste était courant à l'époque moderne, chez Spinoza et Leibnitz par exemple, et il retrouve aujourd'hui des adeptes, cependant on s'est beaucoup servi de cet argument pour empêcher la recherche scientifique des causes; il peut facilement devenir un oreiller où le philosophe trouve une explication facile, au mépris de la recherche scientifique.

En réalité, ces voies ne sont pas exactement des arguments, ce sont plutôt des regards de sagesse portés sur les choses. C'est à chacun qui souhaite atteindre la sagesse de trouver la voie (parmi ces cinq ou parmi d'autres voies de sagesse), en vue de parvenir à la certitude qu'une cause première existe, et que c'est cela qu'on appelle Dieu. D'autres traditions philosophiques ou théologiques, comme la religion hindoue ou la tradition franciscaine, insisteront plutôt sur une expérience intérieure de la divinité. Cela revient à approfondir le quatrième degré de vie et les questions existentielles, dont on a vu qu'elles n'étaient pas non plus des preuves scientifiques de l'existence de Dieu. Par contre on peut penser que cette approche existentielle intègre mieux l'affectivité et la volonté que ne le fait un questionnement purement intellectuel, sur lequel insiste plus volontiers la tradition thomiste; c'est ce qui explique qu'elle soit, finalement, plus habituelle et plus universelle que l'approche thomiste.(2)

Notes

(1) Citation du site [1]
(2) Comme on l'a observé dans la Discussion sur Degré de vie mystique. Toutefois, on pourrait se demander si la quatrième voie, "par les qualités", n'est pas équivalente à l'approche "existentielle".