Discussion sur Sagesse

De Ebior

On peut se demander si l'être premier est une énergie, et donc immanent au monde, comme dans l'hindouisme et la tradition issue de l'hindouisme (bouddhisme), ou une personne qui transcende le monde, comme dans le judaïsme et la tradition issue du judaïsme (christianisme, islam). La raison peut-elle par ses seules forces conclure ce débat ?

Il semble que oui, car si l'énergie qui est dans le monde se dégrade de plus en plus, comme on l'a vu sur cette page, il faut bien que l'être à l'origine de cette énergie, lui, ne se dégrade pas, et donc qu'il ne soit pas dans le monde. Et il faut qu'il soit une réalité individuelle, une personne, car les attributs qui ont été découverts dans la démarche de Sagesse, comme la simplicité, l'intelligence, la volonté, se comprennent mieux d'un être individuel, avec une nature spirituelle, douée de liberté, d'amour, même s'il faut nier, dans cette analogie de la personne, ce qu'il y a de limité dans notre conception de la personne (ainsi l'intelligence de l'être premier n'est ni rationnelle ni intuitive, mais un acte pur, identique à sa substance). Par contre, on ne comprend pas pourquoi il y a du mal dans le monde, ici le philosophe est sans réponse. En revanche, s'il ne peut dire quelle est l'intention de l'être premier en créant l'être humain, il peut soupçonner, par le fait que le désir humain soit infini, qu'il doit y avoir une possibilité de combler ce désir dans la rencontre, l'amitié avec lui.

Tout bien pesé, si la raison peut conclure par ses seules forces que l'être premier est une personne, c'est-à-dire Dieu, il est certain que la révélation théologique, dans les religions prophétiques, est pratiquement indispensable pour l'admettre en profondeur dans notre vie. La question relève donc plutôt de la Théologie que de la Philosophie.