Les accidents de la substance

De Ebior

Les neuf accidents de la substance sont les qualités, la quantité, les relations, les passions (ou influences), les actions, le temps, le lieu, la situation, les habitus (ou propriétés). Un être quelconque ex-iste concrètement selon un ou plusieurs de ces "accidents", à la différence de l'Acte pur qui n'existe pas en dehors ("ex") de lui. On peut examiner de plus près les trois premiers.

  • Les qualités sont des formes qui structurent un être pour en manifester la substance, sa « gloire ». Elles sont hiérarchisées en fonction des trois degrés du vivant, au sommet les facultés vitales substantielles de la raison (l'intelligence et la volonté) ou celles de la vie sensible; ensuite l'actuation de ces facultés dans la vie pratique, les qualités au sens propre du terme comme, pour la vie spirituelle, la sagesse, l'amitié, les vertus morales, les vertus de science, et l'art (dans cet ordre); ensuite les dispositions stables secondaires, vertus acquises ou innées, qui ne sont pas essentielles à la vie; finalement la figura, l'apparence, à relativiser car elle est purement extérieure.
  • La quantité est la mesure de la substance, c'est l'étendue matérielle et consistante qu'observe surtout et que manipule la science moderne qui est orientée vers les techniques. Tout ce qui se mesure est une substance, mais il faut distinguer entre des substances premières et des substances secondes, comme un caillou, qui n'existe séparément de la roche d'où il provient que par accident.
  • Les relations sont fragiles en métaphysique mais fondamentales en philosophie pratique: la relation fait éclater la substance à l'extérieur d'elle-même, elle en est l'émanation auprès d'une autre substance dont elle reçoit en retour la réciprocité. La relation est réelle, comme dans l'amitié, ou de raison (une comparaison entre deux êtres, qui n'existe que dans la tête de celui qui fait cette comparaison).