Les difficultés de l'éducation

De Ebior

1) Les trois âges de l'enfance. Tout se passe, dit la théorie freudienne, avant deux ans. Ce n'est pas faux, si l'on prend garde de projeter sur ce premier âge, jusque deux ans à peu près, les complexes du puritanisme de l'époque de Freud. En fait, c'est à cet âge que se met simplement, naturellement, en place la perception par le bébé d'une limite à son désir fondamental, celui d'être aimé, d'être choyé, d'être protégé. Il faut trouver un juste milieu entre l'excès d'autorité qui caractérisait l'époque de Freud (jusqu'à la crise de Mai 68 au moins) et l'excès de tendresse qui caractérise notre époque, où le père refuse souvent d'intervenir parce que la société met désormais en avant, presque exclusivement, les valeurs maternelles de tendresse. Le bébé a bien sûr des besoins qu'il faut satisfaire, y compris le besoin de tendresse, mais il a aussi des caprices, et une maman ne peut pas facilement s'empêcher de céder à son instinct maternel en répondant aux cris d'un bébé qui, encore et toujours, veut être dorloté. Or c'est essentiel pour que se mette en place dès cet âge les bases de la psychologie humaine (comme animale d'ailleurs), entre tendresse et autorité. Entre deux ans et quatre ans environ, ces deux pôles de structuration, assumés en général (mais pas nécessairement) par la mère et le père, se précisent, et il devient possible de mettre en place des règles précises, des limites claires, sans qu'il soit déjà possible d'en expliquer les raisons. Au troisième âge de la petite enfance, entre quatre et six ans environ, ces règles peuvent être expliquées. Et c'est aussi un âge essentiel pour mettre en place un système de valeurs, y compris religieuses (ou philosophiques), répondant à tous les degrés de la vie humaine, à savoir, à peu près dans cet ordre: la vie éternelle, l'honneur, la famille, les amis, la profession, les plaisirs, la gloire, l'argent.

2) La crise d'adolescence n'est pas générale, elle survient seulement s'il y a eu dans la petite enfance des manques d'amour ou d'autorité, ou au contraire des excès de l'un ou de l'autre; une autre raison, ce peut être l'absence d'une bonne hiérarchie des valeurs qui devrait être mise en place à l'âge de raison. Les symptômes d'un ado en crise sont bien connus: colères violentes d'une part, angoisses tenaces d'autre part. Il est impossible de rattraper ce qui n'est pas été fait dans la petite enfance, mais il est possible de faire appel à l'intelligence et à la volonté du jeune pour ne pas aller dans l'excès inverse de ce qu'il a dû subir dans son enfance (à savoir trop d'amour ou trop d'autorité, ou bien valeurs mal hiérarchisées). Les angoisses peuvent aussi être le signe d'un questionnement métaphysique auquel on peut aider le jeune à trouver des réponses philosophiques ou religieuses.

3) Les névroses et les psychoses peuvent avoir une cause purement physique (domaine du médecin psychiatre, cas de l'autisme, qui est d'origine génétique), ou bien liée à l’enfance (domaine du psychanalyste), ou bien liée à la vie morale (domai­ne de l’éducateur), ou bien encore, quelquefois, à la vie mystique (domaine du prêtre). Une névrose est un état passionnel permanent négatif, qui nous empêche de dominer nos pulsions. C'est le cas de l'anorexie ou des angoisses, mais aussi des colères ou de la joie permanentes. Une psychose par contre, est une maladie où l'on n'est pas conscient d'avoir mal, c'est une forme de folie, on s'imagine être victime de persécutions (paranoia) par exemple, ou on entend des voix (dans certaines schizophrénies), etc. On parlait autrefois de "tentations", d' "obsessions" et de "possessions", cela arrive encore, il ne faut pas exclure les causes paranormales, mais c'est plutôt rare et seul un exorciste peut le discerner.