La vie rationnelle

De Ebior

On entend souvent que la différence entre l'homme et les animaux supérieurs est une simple question de degré. Mais il y a un véritable saut qualitatif, qui est caractérisé par la capacité d'abstraire.
Bien sûr un singe peut se reconnaître dans un miroir, il a conscience de lui et il "réfléchit". Mais l'homme a aussi conscience qu'il a conscience, il se demandera si cette image de lui qu'il voit est vraiment lui-même, si lui-même est encore autre chose que cette image.
La conscience humaine est orientée vers une fin abstraite impossible à expliquer à un singe: le bien dans l'action morale, le beau dans l'activité artistique, etc. On pourrait objecter qu'une valeur morale comme la fidélité se retrouve dans la nature: il y a des couples de colombes qui restent unis toute leur vie. Mais c'est le résultat de leur instinct, ce n'est pas dans leur cas, un choix libre et volontaire. De même on peut voir dans la nature des choses extraordinairement belles, comme les parures, ou mieux, les danses nuptiales; mais le but dans ce cas est purement concret: l'union sexuelle et la reproduction; chez l'être humain, pour un artiste, le beau est une valeur en soi, un but en soi. Les animaux sont aussi capables d'abstraction, mais c'est une abstraction toujours relative à quelque chose de visible et qui leur est directement utile, par exemple l'animal qu'il faut chasser, c'est d'ailleurs un des sens intérieurs qu'on a en commun avec les animaux.

Comme par ailleurs ces concepts sans aucune représentation sensible sont désirables, il y a en l'homme une autre faculté spirituelle: la volonté, qui s'exerce le plus souvent en lien avec les passions, mais qui peut aussi, à l'occasion, être "froide": aimer sans aucun autre motif que les qualités intérieures d'une personne, comme des parents qui consacreront leur vie à s'occuper d'un enfant gravement handicapé.

  • Le fonctionnement de l’intelligence humaine, ses trois opérations.
  • La volonté. Elle a deux exercices : un exercice d’amour lorsqu’elle se porte vers le bien ; un exercice d’efficacité lorsqu’elle use des moyens en vue de ce bien.