Passions

De Ebior

Les passions de l'âme, en philosophie, sont des mouvements habituels de notre sensibilité qui nous portent à aller vers ce qu'on aime ou à fuir ce qu'on déteste, sans que l'on y mette à proprement parler de la volonté. Il suffit de voir telle ou telle chose pour en avoir envie ou au contraire pour la fuir. Ces mouvements habituels constituent, pour Thomas d'Aquin, un premier groupe de passions, dites du "concupiscible". Si maintenant, il se présente un obstacle qui nous empêche d'atteindre ce qu'on désire, ou au contraire qui nous empêche de fuir ce qu'on déteste, les passions modifient tout d'un coup notre tempérament, celui de l'homme comme d'ailleurs celui des animaux supérieurs, pour lui faire faire des actes qui sortent de l'ordinaire, ce sont les passions de l' "irascible".

La liste traditionnelle comprend onze passions. La passion fondamentale, qui fait naître toutes les autres, est l'amour passionnel, un amour par nature égoïste, à la différence du mouvement d'amour spirituel qui veut d'abord le bien de l'autre et qui en reçoit en retour du bonheur. De l'amour, naît le désir et du désir, quand il est satisfait, le plaisir sensible, la jouissance. Inversement pour ce qu'on hait, on le fuit et on souffre de tristesse ou de douleur si on ne peut l'éviter ou si le désir, pour ce qu'on aime, ne peut pas être atteint. C'est ici qu'apparaissent les vertus de l'irascible, car l'on va tout faire pour essayer de l'atteindre malgré tout: audace au lieu de crainte, puis espoir au lieu de désespoir, finalement colère si l'on n'arrive toujours pas à atteindre le bien qu'on cherche ou fuir le mal qu'on ne veut pas.

Notons que les passions tendent à l'objet et modifient le sujet, alors que, dans les sens internes, c'est l'objet qui est modifié par le sujet.