La semaine sainte I

De Ebior

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La Semaine Sainte est "la grande semaine ", non parce qu' elle a plus de jours que les autres, ou parce que les jours sont composés d'un plus grand nombre d'heures, mais à cause de la grandeur et de la sainteté des mystères que l'on y célèbre", disait Saint Jean Chrysostome.

Aussi chaque jour de la Semaine Sainte est-il appelé Saint : Lundi Saint, Mardi Saint, Mercredi Saint, jours qui conduisent au Triduum pascal Jeudi Saint, Vendredi Saint  et Dimanche de Pâques, la solennité des solennités, la plus grande fête du Christianisme.


Cette année, faisons l'expérience d'une vraie Semaine Sainte. Replongeons-nous avec un regard neuf, plein d'amour et d'intériorité dans la Jérusalem de l'an 30 ou 33, près de Marie, des apôtres et des disciples, pour être ainsi nous-mêmes tout proches de Jésus et mieux comprendre ce que nous révèlent les Évangiles.

Le triomphe de Jésus, le jour des Rameaux, est précaire.

A plusieurs reprises, les pharisiens et les membres du Grand Conseil ou Sanhédrin, ont déjà cherché à Le tuer. Ils Lui reprochent d'avoir violé ouvertement le sabbat en ayant guéri l'homme à la main desséchée (Mt 12, 9-14), l'aveugle-né (Jn 9), et tant d'autres, ainsi que de pardonner les péchés, ce que Dieu seul peut faire (Mt 9, 1-18), et même de pratiquer la magie (Mt 12, 22-37), (accusations en réalité fallacieuses, mais toutes punies de mort en Israël).

Ils n'ont jamais cherché à connaître ni à comprendre le sens des signes prophétiques ainsi accomplis par Jésus. Ils ont déjà décidé de le faire arrêter plusieurs fois, mais sans y parvenir (Jn 5, 10-18 - 7, v. 30 , 32, 44 et 8, 59).

A l'approche de la Pâque, Caïphe prend la décision d'en finir


"Les grands-prêtres et les pharisiens réunirent alors un Conseil .- "Que faisons-nous ? disaient-ils. Cet homme fait beaucoup de signes. Si nous le laissons ainsi tous croiront en Lui, les Romains viendront et ils supprimeront notre Lieu Saint et notre nation ". Mais l'un d'entre-eux, Caiphe, étant Grand-Prêtre cette année-là, leur dit : "Vous n'y entendez rien. Vous ne songez même pas qu' il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas toute entière ". Or, celail ne le dit pas de Lui-même : mais, étant Grand-Prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation - etnon pour la nation seulement - mais encore afin de rassembler les enfants de Dieu dispersésDès ce jour-là donc, ils résolurent de Le tuer", (Jn 11, 47-54 et Mt 26, 35).

Caïphe entend que cette décision soit mise à exécution avant la Pâque pour des raisons liturgiques certes, mais surtout pour que les foules immenses des pèlerins juifs de la diaspora, venus souvent de loin pour la célébration de cette grande fête, n'entendent pas son enseignement , ne voient pas ses miracles et ne Le reconnaissent comme le Messie !

Un avis de recherche est aussitôt lancé et une récompense de trente deniers est promise à celui qui Le livrera. C'est dans ce climat menaçant, lourd d'inquiétude, que commence la Semaine Sainte, climat qui ne fera que s'appesantir de jour en jour.

Cependant, nombreux sont ceux qui croient en Lui et Le suivent.

Ce sont les 12 apôtres, les disciples (Jn 8, 30), les saintes femmes (Lc 8, 1-3) , ses amis Marthe, Marie, Lazare qui vient d'être ressuscité par Jésus (Jn 11 et 12, 1-8), Nicodème (Jn 3), Joseph d'Arimathie ...

Les chants du Serviteur

Tous sont des juifs pieux, fidèles à la Sainte loi de Dieu. Ils connaissent les Ecritures et les prophéties annonçant le Messie.

Devant le drame qui s'annonce, ils se remémorent les Chants du Serviteur d'Isaïe, si chers au coeur d'Israël. De qui le prophète parle-t-il, s'est toujours demandé le Peuple de Dieu. De lui Isaïe ou de quelqu'un d'autre (Ac 8 ,34-35) ? L'oracle n'aurait-il pas un sens messianique ?

Jésus ne s'y est-Il pas Lui-même référé à plusieurs reprises notamment lorsqu'Il a annoncé sa prochaine Passion (Mt 20, 17-19) ?