La Passion du Christ , par Mel Gibson (Partie II)

De Ebior
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J'ai vu le film "La Passion du Christ" de Mel Gibson dès qu'il est apparu sur nos écrans dans une salle de mon quartier. Je ne résiste pas à la joie de vous en parler.

Première surprise : allant peu au cinéma, nous sommes atterrés, Louis et moi, par la violence des bandes-annonces des films qui doivent être projetés les semaines prochaines, une violence froide, glacée, implacable.

Aussi Louis commente-t-il pour ceux qui reprochent à la Passion sa brutalité : "Il n 'y a qu'un mort, alors que là, ce sont des hécatombes !". Oui, nous vivons à une époque où la violence s'étale partout, du Kosovo au Rwanda... et sur nos écrans, nous habituant à l'inadmissible.

"La Passion du Christ" de Mel Gibson est un film admirable de foi et d'espérance. En sortant de la salle, on ne peut que dire "Pardonne-nous Jésus. Merci pour ce que Tu as fait pour nous !" Si quelque chose est honteux, c'est que nos péchés aient crucifié Jésus.

Pas la moindre trace d'antisémitisme. Les juifs, comme les romains apportent leur pierre au supplice, personne n'est blanc ! La soldatesque romaine est particulièrement ignoble.

La vérité de ce que fut réellement la Passion du Christ éclate à toutes les images. Le film relate le récit de la Passion du Christ que nous rapportent les quatre Évangiles, et les visions d'Anne-Catherine Emmerick. La Passion fut terrible. Elle marqua profondément ceux qui y assistèrent. Le film parle vrai parce que l'artiste est habité par son sujet, qu'il n'a eu de cesse de mettre en œuvre, qu'il est le fruit d'une longue prière et d'une longue méditation sur le mystère de l'Incarnation et du Salut.

Les Français ne s'y trompent pas. Malgré les campagnes de dénigrement, le film a été le premier au box-office dès la première semaine de sa sortie, devançant l'excellent "Les choristes".

Après la projection, on pouvait voir les spectateurs sortir, graves, silencieux, bouleversés, par le spectacle auquel ils avaient assisté.

Le film touche les cœurs parce qu'il nous montre quel est le prix que le Seigneur a payé pour nous racheter, l'horreur du péché et le scandale de la Passion. Jésus n'a-t-il pas dit à sainte Angèle de Foligno, en se montrant à elle sur la Croix : "Ce n'est pas pour rire que je t'ai aimée". C'est précisément ce qui éclate dans le film.

N'oublions pas que la vraie Passion n'a été que brutalité, violence, blasphèmes contre Jésus et la Vérité divine qu'Il est venu révéler, comme l'avait annoncé des siècles auparavant le prophète Isaïe dans les chants du Serviteur : "Il n'avait plus figure humaine, c'était nos péchés qu'Il portait" <tooltip text="Isaïe § 52-53">13. Voici, mon serviteur prospérera; Il montera, il s'élèvera, il s'élèvera bien haut.</tooltip>.

Lui-même avait d'ailleurs prophétisé : "Le Fils de l'homme sera livré aux grands-prêtres et aux scribes : ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix" (<tooltip text="Mt 20, 18-19">18. Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort,
19. et ils le livreront aux païens, pour qu'ils se moquent de lui, le battent de verges, et le crucifient; et le troisième jour il ressuscitera. </tooltip>). Il a annoncé pour ceux qui le suivront : " Le serviteur ne (sera) pas traité autrement que son Maître. Ils m'ont haï : Ils vous haïront aussi !" Les millions de martyrs sont là pour en témoigner.

Une trouvaille : Mel Gibson rythme son film en multipliant les flash-back qui reviennent sur le sens profond et annoncé de la Cène, et sur quelques-unes des phrases-clés de l'enseignement du Christ.

Ce film est une vraie catéchèse. On voit ainsi clairement qu'au milieu de souffrances extrêmes, Jésus est conscient qu'il fait le don de sa vie pour le salut des hommes et pour que le message de paix qu'il apporte au monde soit transmis jusqu'aux extrémités de la terre.

Les acteurs sont excellents, particulièrement Jim Caviezel qui interprète Jésus : "Je voulais que les spectateurs oublient l'acteur, pour ne voir que le Christ. Ma douleur a été réelle à bien des moments.

Mais cela en valait la peine. J'ai beaucoup appris en jouant ce film. Je me suis rendu compte que je n'aime pas assez... Je pense que ce film m'a rendu meilleur" a-t-il déclaré.

Les femmes sont les personnages les plus remarquables de tout le film, particulièrement Marie, (Maia Morgenstern) qui est superbe. Sa dignité, sa douleur contenue, si digne et si belle, sa piété, le soutien constant qu'elle apporte à Jésus - avec quel tact ! - sont bouleversants. Le film nous aide à comprendre pourquoi Jésus l'aime tant !

Après avoir vu la Passion du Christ, on n'assiste plus à la Messe et on ne récite plus les mystères douloureux du Rosaire comme avant. Ce film change nos cœurs et nous aide, nous aussi, à marcher en présence de Jésus.

Auteur : Françoise Lucrot

Paru dans l'AFALE Magazine, n°290 de mai  2004

Mise à jour : 20-mai-2004

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