La Passion du Christ (I), par Mel Gibson

De Ebior
Passion.gif
Allez voir la Passion du Christ de Mel Gibson
dès qu'il sera projeté sur vos écrans. Il est un grand signe de contradiction pour notre temps.

"Ton fils sera un signe de contradiction ", telle est la prophétie que le vieillard Siméon prononce en accueillant Marie au Temple de Jérusalem lors de la Présentation de l'Enfant au Temple.

Ces paroles de Siméon plongent Marie et Joseph dans l'étonnement. "Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël. il sera un signe de contradiction" - autre traduction : Il sera en butte à la contradiction..." Saint Luc les rapporte, les tenant certainement de Marie elle-même, (<tooltip text="Lc 2, 31-34">31. Salut que tu as préparé devant tous les peuples,
32. Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d'Israël, ton peuple.
33. Son père et sa mère étaient dans l'admiration des choses qu'on disait de lui.
34. Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère: Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, </tooltip>).

"Jésus, un signe de contradiction". C'est bien ce qu'illustre la campagne de dénigrement dont nous a asséné tous ces derniers jours la presse et la télévision à propos du dernier film de Mel Gibson : "La Passion du Christ", dont il est le producteur, et qu'il a entièrement financé. Le but était de décourager les Français d'assister à son éventuelle projection alors qu'il n'est pas encore diffusé en France et que personne, excepté les Américains des Etats-Unis, ne l'a vu.

Impossible de l'ignorer, il n'est pas de sarcasmes, de railleries, de commentaires tendancieux dont Mel Gibson n'ait été abreuvé ; c'est toujours comme ça, quand on a l'audace de parler du vrai Jésus, de Celui qui nous a rachetés et non d'un Jésus aseptisé, inodore et sans saveur qui ne dérange personne.

Parmi les reproches, je relève que le film serait d'une violence insoutenable, que l'hémoglobine coulerait à flot, - ce qu'on voit dans de nombreux films sans que personne ne s'en choque particulièrement - que Mel Gibson aurait trahi les Evangiles (reproche "piquant" de la part de ceux qui ne les ont jamais lus !). Et, insulte suprême : il serait antisémite !

Aussi, en définitive, seul le musulman tunisien Tarak ben Amar ose le produire en France car " il révère Jésus" !

Mel Gibson, un signe de contradiction?

Signe de contradiction, le film, mais Mel Gibson n'est-il pas lui-même un signe de contradiction ? A Hollywood, il est un catholique pratiquant, un mari fidèle, il a 7 enfants qu'il élève chrétiennement. Il est allé à la messe chaque jour du tournage. Il a déjà construit, avec l'argent qu'il gagne au cinéma, plusieurs églises catholiques ! C'est un véritable dinosaure ! Dit de lui un journaliste, chacun sachant que les dinosaures sont une espèce disparue depuis 65 millions d'années !

Non seulement, Mel Gibson est chrétien, mais il n'en rougit pas. Mieux, il veut que cela se sache. Et il rappelle à qui veut l'entendre qu'il est un converti. "J'allais tout droit dans le mur ! C'est la méditation sur la Passion de Jésus qui m'a donné la force de m'arracher à l'alcoolisme. Elle m'a fait renaître à la vie". Oui, et c'est une merveille, la Passion nous sauve de nos passions.

Ce qu'il déclare est aussi simple que les Évangiles. Écoutons-le: "J'ai moi-même été persécuté dans un pays protestant parce que j'étais catholique. , Mais ici je n'entends pas faire acte de courage. je veux seulement témoigner que les Evangiles sont la vérité. Je base ma foi sur le témoignage des Evangiles".

Vous avez montré une scène de la flagellation qui est insoutenable, lui reproche Marianne Huth dans le Figaro : "Certains ont dit que Jésus n'avait pas reçu plus de 39 coups (prescrits par la loi juive), mais cela allait bien au-delà et beaucoup en mouraient. Sur le suaire de Turin, il y il des marques montrant que cet homme n'avait plus de peau. Il avait un trou sur le côté et une couronne d'épines. C'était des coups haineux que j'ai tenu à restituer fidèlement. C'est certainement la scène de la flagellation la plus cruelle qu'on ait jamais vue dans un film". Mais c'est la réalité.

"J'ai voulu revenir au message clair, originel des Écritures. J'ai beaucoup travaillé ce film durant plus de douze ans, j'ai lu des livres, et même celui de Catherine Emmerich. J'ai travaillé avec des spécialistes juifs du Talmud. J'ai voulu que ce film soit sur Jésus et son sacrifice ".

 La Passion de Jésus a été terrible

Mel Gibson est un homme qui dérange et qui n'hésite pas, pour Jésus, à être en contradiction avec son temps !

Ne nous cachons pas hypocritement la face. La Passion du Christ a été terrible. Jésus en tremblait à l'avance. Il a subi un supplice si affreux que les premiers chrétiens qui ne connaissaient que trop ce supplice n'osaient pas le représenter. L'empereur Constantin l'interdit lors de la publication de l'édit de Milan en 313, qui stoppa les persécutions.

Et de grands mystiques, telles Sainte Catherine de Sienne ou Benoîte Rencurel que le Christ favorisa de visions sur la Passion ont dit que "sans une grâce particulière, elles seraient mortes devant une telle douleur !"

Alors, qui a crucifié Jésus ? C'est la question du film, c'est une vraie question qui mérite une vraie réponse : historiquement on peut dire sans hésiter que ce sont ses contemporains, les juifs et les romains. Mais en fait, c'est nous tous qui, pécheurs, l'avons mis sur la croix par notre refus de Dieu, nos jalousies, nos violences, nos méchancetés, en un mot, nos péchés. Jésus est mort pour les péchés de tous les hommes de tous les temps. Nous sommes tous frères dans la culpabilité. C'est ce qu'affirme saint Paul :

Au temps fixé par Dieu, le Christ est mort pour les impies (les païens). La preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ, alors que nous étions pécheurs, est mort pour nous". (<tooltip text="Rm 5, 7">7. A peine mourrait-on pour un juste; quelqu'un peut-être mourrait-il pour un homme de bien.</tooltip>).

et saint Pierre :

"Le Christ est mort pour nos péchés, pour les pécheurs, afin de nous mener à Dieu" (<tooltip text="1 P 3,17">Car il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu'en faisant le mal.</tooltip>).

Si la condamnation de Jésus avait lieu de nos jours en France, tout recommencerait, car c'est le vrai Jésus qu'on refuse. "On ne me prend pas ma vie, c'est moi qui la donne", a-t-il dit en Jn 10, 18. On le voit bien aujourd'hui avec les attaques ignobles dont Je film est l'objet. C'est là le grand mystère de la Rédemption et de l'amour de Dieu pour nous.

"Cette oeuvre apporte la paix", commente Jim Caviezel qui tient le rôle du Christ. Sinon, je n'aurai pas accepté le rôle.

Ce sera notre première conclusion.

Les points positifs à souligner

Cependant, soyons objectifs. Tout n'est pas négatif dans cette campagne. Plusieurs points positifs sont à souligner. Comme bien souvent, le diable porte pierre.

  •  D'abord, ce film est un bon film. Malgré tout ce qui en a été dit, il ressort qu'il est un excellent film, magnifiquement interprété et que pas un instant, l'intérêt ne s'émousse.
  •  On parle aujourd'hui partout de Jésus, et particulièrement dans les média. Au cours des discussions, personne ne nie son historicité, ni l'exactitude de Sa Passion.
  •  En ce qui concerne l'accusation d'antisémitisme, ne soyons pas dupes. Seuls quelques groupuscules s'agitent.
  • Et n'oublions jamais que Jésus est juif, que Marie est juive, que les apôtres, Marie-Madeleine et tous les protagonistes des Evangiles sont juifs. Nous-mêmes sommes en tant que judéo-chrétiens, des juifs spirituels, selon Pie XII.
  • Et il est révélateur que l'actrice qui incarne la Vierge Marie (Maria Morgenstern) est une juive pratiquante dont le grand-père est mort à Auschwitz !
  •  De riches américains, souvent protestants et évangélistes, n'hésitent pas à louer des salles de cinéma entières plusieurs jours de suite et à distribuer des billets d'entrée gratuits pour permettre aux nécessiteux de voir eux aussi "La Passion de Jésus". Ceux-ci en sortent bouleversés.
  •  Aucune campagne publicitaire n'a été nécessaire pour lancer le film, ses adversaires s'en chargent... gratuitement.
  •  Lancé aux États-Unis, seul pays où il est diffusé actuellement, le mercredi des Cendres 25 février 2004, son succès a été immédiat. Le film a coûté 25 millions de dollars et a déjà rapporté à Mel Gibson 250 millions de dollars de recettes en quinze jours et ce n'est pas fini. Tant mieux !

Tout ceci montre que le Christ suscite un intérêt toujours actuel, que la foi est plus vivace qu'on ne le croit et que le courage paie.

En France, vu la demande des exploitants, "la Passion du Christ" devrait être bientôt à l'affiche de 500 à 600 salles. Enfin, et c'est une première, le film sera visible uniquement dans sa version originale, c'est-à-dire en araméen et en latin, langues parlées à Jérusalem à l'époque, avec sous-titres français.

Qu'en penser?

Certes, la Passion de Jésus a été un drame. Elle est un signe de contradiction. Ce serait un péché contre l'Esprit de penser et d'affirmer le contraire. Si certains attendent de la Passion de Jésus un film "bon chic, bon genre", ne heurtant personne, qu'ils s'abstiennent d'aller le voir. Ils risquent, en effet, d'être choqués et de se voir contraints de changer de vie, s'ils ne veulent plus mettre en contradiction leur vie et la foi. En fait, ils sont comme les disciples et les dames distinguées de Jérusalem qui n'ont pas suivi Jésus lors du Chemin de la Croix, encore moins au Calvaire !

Car "la Passion de Jésus" est un film brutal, violent, terrible, réaliste, comme le fut la véritable Passion de Jésus. "Le linceul de Turin révèle qu'Il n'avait plus de peau !", commente Mel Gibson. On ne peut qu'en sortir bouleversé. Le but du réalisateur n'est-il pas d'amener les spectateurs à se convertir au vrai Jésus, au Jésus des Evangiles qui est mort d'une mort atroce pour l'humanité tout entière le Vendredi Saint de l'an 30 ou 33 à Jérusalem, nous valant le don immense de la Rédemption.

Faut-il aller voir "la Passion de Jésus" quand il sera projeté sur les écrans de notre région à partir du 31 mars prochain ? Oui, certainement. En sachant bien qu'on vivra un moment fort, tragique, unique. On n'assistera pas à un spectacle. On sera au pied de la Croix avec la Vierge Marie, Madeleine, Jean, les saintes femmes participant avec eux à la vraie Passion du Christ. De tels moments se préparent dans la prière et l'écoute des Evangiles, comme l'a fait Mel Gibson.

Allez-y. Si la projection vous semble trop dure, fermez les yeux et priez Dieu en lui demandant pardon et la grâce de nous convertir et de convertir tous les pécheurs.

Une suggestion : il est préférable d'expliquer à ceux qui connaîtraient mal ou pas du tout ce que dit notre foi, le sens et la portée de ce film. Il serait dommage pour eux de passer à côté.

N'est-ce pas là une bonne occasion de les évangéliser ?

Une dernière remarque : ce film est réservé aux adultes. Il est interdit aux enfants de moins de 15 ans même accompagnés.

Auteur : Françoise Lucrot

Paru dans l'AFALE Magazine, n°289 d'avril 2004

Mise à jour : 20-mai-2004

 Vers partie II

Avis de notre amie Christine Sedano, juive devenue catholique, qui nous écrit :

Je vous conseille d'aller voir "La Passion. de Mel Gibson ". Le film n'est pas antisémite. C'est même une œuvre oecuménique au sens large.

"Je porte ce projet depuis 1992 dans ma prière !", a déclaré Mel Gibson récemment. Ce sont des amis anglais qui me l'ont dit".