Les sept Paroles du Christ sur la Croix

De Ebior

Les paroles que Jésus a prononcées sur la Croix nous donnent la force d'affronter toutes les situations sur terre et nous préparent à vivre pour toujours en Sa présence après cette vie.

Elles constituent le sommet de la Révélation apportée par le Christ Notre-Seigneur. Elles ont inspiré de très grands musiciens, Olivier Messiaen, par exemple.

Les temps sont graves. Par amour du Seigneur et en reconnaissance de ce qu'Il a fait pour nous, méditons-les chaque jour de la Semaine Sainte, à la lumière des grands textes de la Sainte Écriture qui les annoncent et les éclairent, surtout le Psaume 22 et le quatrième Chant du Serviteur d'Isaïe § 52, 13s et 53.

Donnons la Parole au Cardinal Lustiger, à partir de la méditation qu'il a publiée dans PARIS NOTRE-DAME du 28 mars 2002.

"Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu'ils font", Lc 23,34

"Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils y crucifièrent Jésus ainsi que les malfaiteurs, l'un à droite et l'autre à gauche. Et Jésus disait : Père, pardonne-leur. ils ne savent pas ce qu'ils font". (Lc 23,33-34).

Jésus est crucifié et il prie. Il prie son Père, non pour lui-même, mais pour "eux". Eux, qui sont-ils ? Les soldats romains ? Ceux qui l'ont accusé ? Ceux qui l'ont arrêté ? Celui qui l'a trahi ? Ceux qui l'ont abandonné ? Eux, ce sont tous les hommes. Vous et moi. Ceux du passé et ceux à venir.

Pour tous les hommes, pour nous, Jésus demande à son Père le pardon.

Pourquoi dit-il : "Ils ne savent pas ce qu'ils font ?" Parce que Jésus ne demande pas à son Père de nous excuser, mais de nous pardonner : ce n'est pas la même chose !

"Ils ne savent pas ce qu'ils font ", parce qu'ils sont sans amour et ils ne se rendent pas compte qu'ils refusent l'amour. Ils sont cruels, tellement cruels qu'ils ne savent plus que l'homme est fait pour la vie et non pour la mort.

"Ils ne savent pas ce qu'ils font". Ils sont prisonniers de leur dureté de cœur et de leur péché au point de ne plus reconnaître ce qui est mal. Ils ont tellement l'habitude du mensonge qu'ils ne reconnaissent plus la vérité. "Ils ne savent pas ce qu'ils font "...

Regardez aujourd'hui les douleurs cruelles que les hommes s'infligent les uns aux autres. Nous ne savons même plus qu'en blessant nos semblables, nous nous détournons de notre Père des cieux.

"Père, pardonne leur", fais-leur découvrir l'amour qu'ils ignorent, donne-leur la vie qu'ils refusent. "Père, pardonne-leur". Fais-leur découvrir ce qu'ils ont fait et ce que tu leur demandes de faire : "Qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus Christ" (Jn 17,3).

"Combien de fois devrai-je pardonner", demande Pierre ? - Jésus répond : "Je ne te dis pas sept fois, mais soixante dix sept fois sept fois ", Mt 18, 21-22.

Sachons à la suite de Jésus pardonner généreusement.

"Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le Paradis," Lc 23,43

"L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : "N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi". Mais l'autre, le reprenant, déclara : "Tu n'as même pas la crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes ; mais lui n'a rien fait de mal". Et il disait : "Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu seras dans ton royaume". Et Jésus lui dit : "En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis". (Lc 23, 39-43).

Écoutons bien ces paroles de Jésus, il les prononce pour notre joie. Souvenons-vous, il nous a dit: "Les derniers seront les premiers" (Mt 19, 30). Cet homme perdu qui meurt sur la croix à côté de Jésus, ce condamné à mort qui supplie Jésus est le dernier des hommes. Il est pourtant le premier à le suivre jusqu'au bout, le premier que Jésus prend avec lui, là où aucun apôtre n'est encore allé, ni même la Vierge Marie.

Si vous êtes sans espoir, priez le Sauveur comme cet homme et écoutez la réponse de Jésus : "Aujourd'hui, tu seras avec moi... "

"C'est la miséricorde que je désire et non le sacrifice. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, pour qu'ils aient la Vie, Je suis venu rechercher ceux qui étaient perdus ", Mt 8,13.

"Femme, voici ton fils. Fils, voici ta mère".

Et de cette heure, le disciple la prit chez lui, Jn 19, 26-27 : Marie est Mère de Dieu et Mère de l'Eglise.

Incroyable tendresse de ces paroles ! A Marie dont nous ne pouvons même pas imaginer la douleur, Jésus donne un fils pour le remplacer. Il unit sa mère à l'offrande qu'il fait de sa propre vie "pour que les hommes aient la vie" (Jn 10,10). En cet instant, il donne à sa mère l'accomplissement de la Promesse faite à Abraham d'une descendance innombrable (Gn 15,5), il donne à sa mère ceux qu'Il a d'avance appelés ses frères et ses sœurs, ceux qui font la volonté de son Père des Cieux" (Mt 12,50).

Jésus confie à la maternité de Marie la multitude des enfants de Dieu pour qu'elle les aime, pour qu'elle leur apprenne à suivre le chemin de l'amour : l'amour de leurs frères, l'amour de Dieu.

"A partir de son consentement au jour de l'Annonciation, qu'elle maintint dans sa fermeté sous la Croix, la maternité de Marie se poursuit sans interruption jusqu'à la consommation des siècles. Après son Assomption dans le ciel, son rôle ne s'interrompt pas. Par son intercession répétée, elle, continue à nous obtenir les dons qui nous assurent notre salut éternel". (Catéchisme de l'Eglise Catholique, § 969).

Comme Saint Jean, ayons une confiance totale dans notre Mère du ciel.

"Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-Tu abandonné ?" Ps 22

Jésus prononce sur la Croix les premières paroles du Psaume 22 qui, loin d'être des paroles de désespoir, sont au contraire un hymne magnifique d'espérance qui annonce la résurrection. Lisons-le tout entier tout haut et surtout méditons-le :

"... Moi, ver et non pas homme, honte du genre humain, rebut du peuple... Ne sois pas loin de moi. Viens à mon aide ! ... J'annoncerai Ton Nom à mes frères, en pleine assemblée, je Te louerai ! Car Tu n'as pas dédaigné la pauvreté du pauvre, ni caché de lui Ta face, mais invoqué par lui Tu l'écoutas".

Écoutons bien dans ce cri de Jésus les voix innombrables qui se font entendre : le sang d'Abel qui crie vers Dieu (Gn 4,10), l'homme qui appelle des profondeurs (Ps 130) et Rachel qui, dans Rama, ne veut pas être consolée parce que ses enfants ne sont plus (Mt 2,18).

Par la bouche de Jésus retentissent les cris de tous les hommes. Il porte nos souffrances, il est chargé de nos douleurs, il a été transpercé à cause de nos crimes (Is 53,4). Mais Jésus change nos cris en prière, accomplissant la parole du psaume qu'il entonne : "Eli, Eli, lama sabachtani ! ". Ce psaume (22), il l'achève dans un murmure.

Permettons à Jésus de prendre le cri de notre détresse et d'en faire sa prière. Faisons notre prière du cri de Jésus et murmurons aussi avec lui la fin du psaume : "Ils loueront le Seigneur ceux qui le cherchent ".

Prenons la ferme résolution de ne jamais nous laisser décourager. Pour cela, n'abandonnons jamais le Seigneur Jésus et restons toujours ses fidèles disciples.

Jésus dit pour que l'Écriture s'accomplisse : "J'ai soif", Jn 19,28

Déjà, Jésus, le Fils unique du Père, avait dit à la Samaritaine "Donne-moi à boire ", Jn 4,10. Cette soif est en fait soif d'âmes assoiffées de Dieu, soif de salut du genre humain, soif de l'amour des hommes, en retour de l'Amour qu'Il est venu leur apporter. Mais les hommes vont l'abreuver, lui qui les nourrît tant de fois, de vinaigre mêlé de fiel !

Jésus a parfaitement accompli la volonté de son Père. Il prononce cette parole : "J'ai soif pour que s'accomplisse l'Ecriture. Aux disciples qui se disputaient par ambition, il a demandé: "Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ?" (Mc 10,38). Jésus veut jusqu'au bout donner au sacrifice de sa vie la parfaite splendeur d'une offrande liturgique. Il boit la dernière coupe de la célébration de sa Pâque, cette dernière coupe sur laquelle, le Jeudi Saint, il a prononcé cette bénédiction : "Prenez et buvez-en tous ; ceci est la coupe de mon Sang, le Sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés." (Mc 14,24).

Lorsque les soldats présentent à sa bouche l'éponge imbibée de vinaigre au bout d'une branche d'hysope, Jésus le sait : maintenant tout est accompli.

Comment ne pas penser à ce que Jésus dira à Sainte Marguerite-Marie : "Voici ce Coeur qui a tant aimé les hommes et qui n'en a reçu qu'ingratitudes et outrages. Toi, tâche de me consoler !".

Oui, efforçons-nous de consoler le Coeur de Jésus par un amour fidèle, obéissant, missionnaire et inventif.

"Tout est accompli", Jn 19,30

Celui qui achève son ouvrage conclut : "Je l'ai achevé" ou bien "j'ai fini mon travail" ; puis il s'en va à ses occupations.
Jésus, lui, dit d'un seul souffle : "C'est accompli". L'œuvre et l'Ouvrier ne font qu'un. L'œuvre, c'est le salut donné par Dieu. L'Ouvrier, c'est le Sauveur, Fils de Dieu.

Jésus illustre ainsi le mystère de l'amour que Dieu nous porte : nous aimer jusqu'au bout et nous donner la vie des enfants de Dieu, aimés du Père.

Parole sublime, Parole divine : "Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père et d'accomplir Son œuvre ", Jn 4,34.
Tout ce que Moïse et les prophètes ont annoncé à son sujet est accompli. La Révélation qu'Il est venu apporter aux hommes s'achève. Sa Mission est terminée.

Alors "Jésus baissa la tête et remit son esprit ". Comme l'enseigne l'Église, le dernier soupir de Jésus prélude à l'effusion de l'Esprit à la Pentecôte.

Père, entre Tes mains, je remets mon esprit, Lc 23,46

Ne cherchons pas à entendre ce grand cri. Écoutons plutôt Jésus. Il s'adresse à son Père et il nous parle. Son cri se fait prière murmurée afin que nous puissions dire à notre tour : "Père, en tes mains. je remets mon esprit".

Nous pouvons, habités par l'Esprit de Jésus, achever sa prière :

"C'est toi qui me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
Pour moi, je suis sûr du Seigneur :
Que j'exulte et jubile en ton amour...
Fais resplendir ta Face sur ton serviteur, sauve-moi par ton amour...
Qu'elle est grande, Seigneur, ta bonté ! ...
Tu la dispenses à qui te prend pour abri...
Béni soit le Seigneur qui fait pour moi des merveilles d'amour !
Et moi je disais en mon trouble :
"Je suis enlevé loin de tes yeux !"
Pourtant, tu écoutas la voix de ma prière quand je criai vers toi...
Courage, reprenez cœur, vous tous qui espérez le Seigneur !
".

C'est la belle prière que le Psaume 31,6, met dans la bouche de David, que le juif et le chrétien - tel Etienne dans les Actes 7, 59 - doivent prononcer lorsqu'ils passent de cette vie terrestre à la vie éternelle : "Père en Tes mains, je remets mon esprit, c'est Toi qui me rachètes, Seigneur ".

Prions avec ferveur pour que Dieu notre Père, par les mérites de Jésus Christ, nous fasse Miséricorde !

Auteur : Marie-Véronique