Glossaire géographique du Nouveau Testament

De Ebior

Abilène (*)

Petit territoire au nord de la Palestine, sur le versant est de l’Anti-Liban, plus précisément au nord-ouest de Damas, dont la capitale était Abila depuis 34 avant Jésus-Christ. Gouverné au temps de Jésus par le tétrarque Lysanias (Lc 3 1), il fut plus tard attribué au roi Agrippa II ( Ac 25 13) puis incorporé dans la province romaine de Syrie

Achaïe

Nom de la Grèce depuis la réorganisation de l'empereur Auguste en 27 avant Jésus-Christ. C'est une province sénatoriale (Rm 15,26) dirigée par un proconsul, ancien prêteur. Un d'entre eux est GALLION, le frère de l'écrivain Sénèque, cité à la fois en Ac 18,12 et sur une inscription découverte à Delphes, qui permet de dater sa charge de 51 à 52 après Jésus-Christ. Les villes les plus importantes étaient Corinthe, la capitale administrative et commerciale ainsi qu'Athènes qui restait un centre intellectuel important et prestigieux.

Antioche

(1)]]Capitale de  la province romaine de Syrie souvent citée dans les Actes des Apôtres ( 6,5 ; 11,19 à 22; 13,1 ; 14,21 ; 15,22 ; 15,30; 18,22) ainsi qu'en 2 Tm 3,11. Siège du légat impérial ancien consul, comme Quirinus, ce grand centre commercial et culturel, situé à 500 kilomètres au nord de Jérusalem,  constituait par sa population la troisième ville de l'empire après Rome et Alexandrie. Des populations très diverses, syriennes, juives, grecques et romaines s'y côtoyaient. C'est à Antioche que fut fondée la première communauté mixte, composée de juifs et de païens et c'est dans cette ville que les disciples de Jésus, appelés jusqu'alors nazaréens, furent désignés sous le nom de chrétiens, sans doute par les païens (Ac 11,26). Des émeutes anti-juives très violentes s'y produisirent en 39-40 et 67 après Jésus-Christ.
(2)]] Ancienne colonie de vétérans (militaires en retraite) romains, située en Pisidie, région au centre de l'Asie mineure actuelle et rattachée à la province romaine de Galatie. Elle fut évangélisée par Paul et Barnabé (Ac 13,14 et 14,21).

Arimathée (*)

Ou Arimathie. Petite localité de Judée située à environ 35 km au nord-ouest de Jérusalem. Lieu d'origine d'un certain Joseph, qui ensevelit Jésus (Mt 27,57).

Arabie

Nom donné dans l'antiquité à toute la région située entre la  mer Rouge et l'Euphrate, de nature semi désertique mais comportant également des oasis et des routes commerciales. Elle est habitée depuis le IIIème voire le Vème siècle avant Jésus-Christ par les Nabatéens, peuple arabe utilisant la langue et l'alphabet araméen, avec quelques variantes, comme moyen de communication. Leur territoire, devenu vassal de Rome, s'étend depuis Damas vers le Nord,  jusqu'à Leukè Komè et Hégra vers le sud dans le Hedjaj, et jusqu'au Nefoud vers l'ouest dans l'actuelle Arabie Saoudite. Leur capitale, Petra,  à 180 kilomètres  seulement au sud de Jérusalem, est en partie creusée dans le roc. Lors de son apogée sous les règnes d'OBODAS III( ~30 - ~9 ) et ARETAS IV (~9-40), elle atteignit de 20 à 40 000 habitants. De Petra, les routes commerciales continuaient vers Gaza sur la côte et vers Damas au nord. Maître du commerce des produits de luxe provenant d'Orient (épices de l'Inde, soie de Chine, perles de la mer rouge, encens du royaume de Saba au Yémen), les rois nabatéens entrèrent souvent en conflit avec les rois juifs, en particulier OBODAS I contre ALEXANDRE JAMNÉE en ~93-~90 et MALICHOS I contre HÉRODE LE GRAND en ~32. Les Arabes et leurs pays sont cités en Ac 2,11 et en Ga 1,17 ainsi que leur roi ARETAS IV, beau-père d'Hérode le Grand en 2 Co 11,32.

Athènes

A l'époque romaine, Athènes, sans être la capitale de la Grèce, restait un grand centre culturel, célèbre par ses écoles philosophiques: stoïcisme, épicurisme, platonisme et aristotélisme. Les gens riches, y compris de jeunes romains y venaient parfaire leurs études. Autour de la célèbre colline de l'Acropole où se dressait le Parthénon, temple du Vème siècle avant Jésus-Christ, s'étendaient vers le nord l'agora ou place du marché, où les gens se promenaient et discutaient (Ac 17,17) et vers le nord-ouest, la colline de Mars-Arès ou Aréopage où se réunissaient le conseil et tribunal du même nom. C'est devant cette assemblée (Ac 17,22) que Paul parla du "dieu inconnu", créateur du monde et Père de tous les hommes. Les fouilles modernes ont mis à jour l'agora et les trente-cinq marches en pierre, taillées dans le roc, qui conduisaient à la colline de l'Aréopage.

Asie

Nom de la province sénatoriale du même nom (Ac 20,16), créée en 133 avant Jésus-Christ et dirigée par
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un proconsul, ancien consul de haut rang. Son territoire, à l'Ouest et au sud-ouest de l'Asie mineure actuelle, se constituait de l'Ionie, de la Troade, de la Mysie, de la Lydie,  de la Carie et de la Phrygie. Il était fort urbanisé et comprenait une centaine de villes. Sept d'entre elles sont mentionnées dans l'Apocalypse :
Éphèse, la capitale (Ap 1,11);
Smyrne (Ap 2,8);
Pergame (Ap 2,12);
Thyatire (Ap 2,18);
Sardes (Ap 3,1);
Philadelphie (Ap 3,7);
et Laodicée (Ap 3,4).

Auranitide

 
régions au nord-est de la Palestine
 
Région appartenant au tétrarque Philippe, actuellement appelée Hauran et constituant une région volcanique fort fertile et peuplée dans le sud-est de la Syrie actuelle, en dessous de la Trachonitide. Sa ville la plus importante, Bostra, deviendra au IIème siècle la capitale de la province romaine d’Arabie.

 

 

Batanée

Région au sud-est du lac de Galilée  appartenant au tétrarque Philippe, actuellement appelée Ard-el-Bathanyeh et où subsistent intacts de nombreuses cités inhabitées aux murs massifs et impressionnants. Sa frontière sud est formée par le torrent du Yarmuk et elle se situe sur la route des pèlerins qui se rendent à Jérusalem en venant de Babylone. Deux endroits sont à signaler : la ville de Béthanie et le village de Kochaba (« le village de l’étoile <span style="font-style: italic" />»), où vivait, selon JULES l’Africain (vers 200 après Jésus-Christ), un clan davidique de retour d’exil de Babylone, appelé les Nazoréens. La Batanée était donc habitée par des juifs babyloniens, excellents soldats (cf. Lc 3,14 : les militaires venus se faire baptiser) ce qui justifie l’expression « Judée au-delà du Jourdain « de Mt 19,1 et Mc 10,1 au sens de « pays des juifs ». Á l’époque de Jésus, le chef de cette région, le prince YAKIMOS, vivait en bonne relation avec le tétrarque Philippe (Josèphe, Antiquités juives, 17,23-31).

Béthanie

(1) (*)village de Judée, situé au-delà du mont des Oliviers en bordure de la route de Jéricho, à l'est de Jérusalem (Mc 11,1) et à une distance de 15 stades (Jn 11,18) soit environ deux ou trois kilomètres. Au cours d'un repas que Jésus y prenait dans la maison de Simon le lépreux, une femme versa sur lui un flacon de parfum précieux (Mt 26,6). L'Évangile selon Jean (12,1) rapporte qu'à Béthanie habitaient trois frère et sœurs amis de Jésus: Lazare, Marthe et Marie (ne pas confondre Marie de Béthanie avec les autres Marie). Le nom arabe actuel (El-Azarieth) et le tombeau dit de Lazare mentionné au moins depuis Origène (185 – 254) mais situé sans  preuve rappellent encore aujourd’hui que c’est dans cette ville que Jésus ressuscita Lazare (Jn 11,1-44) et qu’il y rencontra les deux sœurs.  Cette tombe dite de Lazare, creusée dans le roc et situés sous une église, devait avoir à l’origine une porte au niveau du sol. Aujourd’hui celle-ci est fermée et c’est par un escalier de vingt-deux marches qu’on y accède.
C’est là également que Jésus passa la nuit (Mc 11,11) avant son entrée triomphale à Jérusalem et c’est dans ses environs également qu’eut lieu l’Ascension (Lc 24,50)
(2) (?) Ville de Batanée, plutôt que de Pérée, au-delà du Jourdain où Jean le Baptiste exerçait son ministère (Jn 1,38), sans doute au bord du torrent du Karit, à identifier avec le Yarmuk. C’est la localisation retenue par EGERIE lors de son pèlerinage en 384 après Jésus-Christ et par des interprétations récentes. Son autre nom d’Ecbatane signifie qu’un clan juif,  revenu de Babylone et de Perse pour pacifier la Batanée à la demande d’Hérode le Grand, y habitait.

Bethléem  (*)  76

Littéralement " la maison du pain ". Petit village de Judée situé à environ dix kilomètres au sud de Jérusalem, sur la route d’Hébron qui est
Plan de l'église de la Nativité à Bethléem
célèbre comme patrie de David (1S 16,4) qui y naquit,  y passa son enfance et y reçut l'onction royale des mains du prophète Samuel , comme lieu de la mort de Rachel en donnant naissance à son fils Benjamin, comme lieu de rencontre entre Ruth et Booz (Rt 2,4) et comme lieu de naissance du Messie annoncé par le prophète Michée (5,1). Mais c'est surtout le lieu de la naissance du Christ (Lc 2,4), dans une grotte déjà citée par Justin, martyr en 165, plutôt que dans l'étable de la tradition occidentale. C’est sur celle-ci, recouverte d'un bois sacré par l'empereur Hadrien en 135 après Jésus-Christ que l’empereur Constantin en 328-330 fit construire la basilique de la Nativité. Celle-ci fut incendiée en 529 et rebâtie par Justinien (527-565) sous la forme qui existe toujours actuellement.
L’aspect extérieur est celui d’une forteresse dont l’entrée, plusieurs fois rétrécie jusqu’à 1,2 mètre de hauteur, oblige tout homme à se courber pour y pénétrer (« Porte dite de l’Humilité ») . En forme de croix de 60 m de long sur 30 m de large, la basilique est divisée en cinq nefs par quatre rangées de colonnes et des mosaïques du IV ème siècle sont visibles sous le pavement actuel. A l‘extrémité orientale du chœur se trouve un escalier qui conduit jusqu’à la grotte de la Nativité (en orange sur le dessin), à six mètres sous le niveau du sol de l’église, transformée en une chapelle de douze mètres sur trois environ. Une étoile d'argent à quatorze branches et une inscription latine y rappellent l’Incarnation du Christ (Lc 2,7). (Hic de Maria Virgine Iesus Christus natus est - Jésus Christ naquit ici de la Vierge Marie). En contrebas, une petite chapelle contient une sorte de mangeoire qui serait l’endroit où Marie déposa son fils.
 
A un kilomètre de Bethléem, à Beith Sahour ("le village des pasteurs") ont été construites une église franciscaine et une église grecque  orthodoxe qui commémorent l'Annonciation aux bergers  (Lc 2,8-14) 78

Bethphagé (*)

Hameau de Judée, situé à proximité de Jérusalem, entre le mont des Oliviers (Mc 11,1) et Béthanie. Jésus y envoya chercher un ânon pour son entrée à Jérusalem (Mt 21,1).

Bethsaïda (*)

Littéralement " le lieu de la pêche ". Village de la Gaulanitide situé dans une plaine de trois kilomètres de long au bord du lac de Galilée, sur la rive nord, à deux kilomètres environ à l’est du point où le Jourdain pénètre dans le lac. En l’honneur de Julie, la fille de l’empereur Auguste, le tétrarque Philippe la transforma en une cité du nom de Julias. (JOSEPHE, Antiquités juives,18,28).
Jésus y guérit un aveugle (Mc 8,22) et accomplit dans ses environs la seconde multiplication des pains (Lc 9,10), peut-être sur la colline de Tell Hadar, à trois kilomètres au nord de Kursi.
 C’est aussi le lieu de naissance des premiers disciples : André, Pierre et Philippe. Avec Corozaïn et Capharnaüm (Mt 11,23), ce village est l’objet de sévères reproches de la part de Jésus (Mt 11,21).

Cana (?)

Petit village de Galilée à la localisation discutée : Khirbet Qana, monticule situé à 14 kilomètres au nord de Nazareth ou plus habituellement le village de Kafr Cana sur la route qui mène de Nazareth, à sept kilomètres au nord-est vers Tibériade à l’est. C’est là qu’eut lieu le premier miracle et signe de Jésus lors d’un mariage décrit en Jn 2,1-12 ainsi que la guérison du fils du fonctionnaire royal qui était malade à Capharnaüm(Jn 1,45-49). Cana est également le lieu de naissance de l'apôtre Nathanaël qui doutait que le Messie puisse venir de Nazareth.

Capharnaüm (*)

Nom d'un ville de Galilée, situé à quatre kilomètres à l’ouest de l'embouchure du Jourdain dans lelac de Galilée et à 145 kilomètres au nord de Jérusalem, à la population estimée à 1000 ou 1500 habitants. Quand Jésus quitta Nazareth, il choisit ce lieu où Pierre avait sa maison (Mc 2,3 - Mt 8,14) comme lieu de résidence pendant près de deux ans. Jésus s’y sentait si bien que les évangiles en parlent comme si c’était sa propre maison ("sa ville" en Mt 9,1) .
C’est là également que Jésus enseigna dans la synagogue (Mc 1,21), qu’il guérit un lépreux (Mt 8,2-4) et la belle-mère de Pierre (Mt 8,14-15), qu’il rendit aux siens un possédé muet (Mt 9,32-34), qu’il arracha à la mort la petite fille de Jaïre, un des chefs de la synagogue, qu’il guérit la femme souffrant d’hémorragies (Mt 9,20-22) ainsi que deux aveugles (Mt 9,27-31), un homme à la main desséchée (Mt 12,9) et le paralytique qui se remit à marcher (Mt 9,2). Le centurion qui demanda à Jésus de guérir son serviteur y habitait également (Lc 7,1)  Un bureau de douane où se tenait le futur apôtre Matthieu (9,9) se trouvait également dans ce lieu de passage fréquenté. Et pourtant, avec Béthsaïda et Corozaïn, cette ville est l’objet de sévères reproches de la part de Jésus (Mt 11,21) pour leur incrédulité : il n’en reste aujourd’hui qu’un champ de ruines.
 Les fouilles ont permis de dégager une synagogue, une des mieux conservées de Galilée. Bâtie au IIIème siècle, elle forme un vaste quadrilatère de 24 x 16 mètres, de style gréco-romain et orienté vers Jérusalem. Elle se trouve sans doute sur le site de celle qui existait au temps de Jésus (Lc 4,33) et qui est reste visible grâce à son soubassement en basalte noir. Elle aurait été bâtie par ce même centurion (Lc 7,5). A cent mètres de là une structure  du Ier siècle fut  identifiée à la maison de Pierre depuis les fouilles de 1968. Agrandie et entourée d’une enceinte sacrée au IVème siècle, celle-ci fut transformée en une basilique byzantine octogonale aux nombreux graffiti en plusieurs langues : grec, syriaque, araméen. Une basilique ultramoderne recouvre tous ces vestiges sans les cacher.
Des fouilles récentes ont également découvert l’existence d’une garnison de mercenaires païens, des Phrygiens et des gaulois et non des Romains, dirigés par un commandant au service d’Hérode Antipas. Ils habitaient un quartier en-dehors de la ville, équipé de bains romains typiques et étaient donc impurs aux yeux des juifs. Ceci explique la demande du centurion en Lc 7,6-7 : il ne veut pas que Jésus se souille à son contact. Son rôle était de protéger les publicains chargés de la perception des taxe ainsi que l’important centre de communication qu’était Capharnaüm sur la Via Maris.

Césarée

(1) Nom d'une immense cité portuaire (une centaine d'hectares) construite au bord de la Méditerranée par le roi Hérode le Grand entre 22 et 10 avant Jésus-Christ, à 90 kilomètres au nord-ouest de Jérusalem. Elle est également appelée Césarée Maritime. 
Hérode transforma un ancien site peu développé, la Tour de Straton, pour en faire le plus grand complexe portuaire de son royaume et même de toute la région, grâce  à de gigantesques infrastructures artificielles en pleine mer. Hérode y fit batir un hippodrome, un théâtre, un amphithéâtre, un palais et un temple d'Auguste et de Rome destiné au culte impérial. Plus tard, la ville devint une colonie romaine, situation rare en Orient, la  capitale administrative de la province de Judée au sens administratif  (sauf sous le règne d'Agrippa I entre 41 et 44) et la résidence habituelle du procurateur romain – on a retrouvé en 1961 dans le théâtre de Césarée une inscription au nom de Ponce-Pilate, préfet de Judée. Sa population fort mélangée comptait un plus grand nombre de païens que de juifs. De nombreux conflits éclatèrent entre les deux groupes, en particulier sius le procurateur Felix. En 61 après, Jésus-Christ, l'empereur Néron priva les juifs de leurs droits et en 66 après Jésus-Christ, ceux-ci furent massacrés pa les non-juifs, 20000 selon Josèphe, Guerre des Juifs,2,457). Ce fut le début de la grande insurrection. Antioche  est citée lors de l’épisode du centurion Corneille, païen craignant Dieu qui rencontra Pierre (Ac 10,1) et comme point de débarquement de Paul (Ac 18,22). Les vestiges de l'aqueduc romain y sont encore visibles aujourd'hui
(2) (*) Une autre ville, située à 46 km à l'est de Tyr au pied du Mont Hermon, le plus haut sommet de toute la région (2780 m) et à plus de 520 mètres au-dessus du lac de Tibériade, dans un site très fertile près de la source orientale du Jourdain.Elle est également appelée Césarée de Philippe.
 Hérode le Grand y fit construire vers 20 avant Jésus-Christ un temple en l'honneur d'Auguste comme à Césarée Maritime et à Samarie-Sebasté. Ce fut également la capitale de son fils, le tétrarque Philippe qui l’agrandit vers 3-2 avant Jésus-Christ et la rebaptisa en l’honneur du même empereur César Auguste. C’est dans ses environs que Pierre professa sa foi (Mc 8,27 ; Mt 16,16) à la demande de Jésus. qui lui adressa ensuite la fameuse injonction "Tu es Pierre et sur cette Pierre , je bâtirai mon église." (Mt 16,18).
Cette cité s’appelle aujourd’hui Banyas, nom arabe de la ville hellénistique de Paneas qui tire son nom d'une grotte dédiée à Pan, le dieu grec de la nature, où se trouvaient les sources du Jourdain. Par la suite, le nom ancien de Paeneas remplaça celui de Philippe et la population non juive continua d'y être majoritaire. 
L’historien de l’Église, EUSEBE de Césarée (265-340) rapporte dans son Histoire Ecclésiastique,7,18 qu’il a vu dans cette ville la maison et la statue de la femme souffrant d’hémorragies qui avait été guérie par Jésus (Mc 5,24-27). Aux yeux des juifs, elle devait doublement être impure, comme païenne et pour ses pertes de sang.

Chypre

Ile de la mer Méditerranée, qui apparaît en Ac 4,36 ; 11,19-20 ; 13, 4 (lieu de la première mission de Paul) ; 15,39 ; 21,3 (troisième mission de Paul) et 27,4. Cette province sénatoriale romaine dirigée par un proconsul comportait deux cités importantes, Salamine, port en relation avec la Syrie (Ac 13,4) et Papphos (Ac 13,6), où siégeait le gouverneur. L'île présentait des liens étroits acec la dynastie hérodienne. Grâce à la faveur de l'empereur Auguste, Hérode le Grand reçut une partie des revenus des mines de cuivre de Chypre. L’importante colonie juive de Chypre dont est issu Barnabé (Ac 4,36) subit sous Trajan le même sort que celle de Cyrène.

Cilicie

Région du sud-est de l'Asie mineure, bordée à l'ouest par la Pamphylie et la Pisidie, au nord par la Lycaonie et à l'est par la Syrie. Paul était originaire de Tarse (Ac 9,11), capitale de la Cilicie, ville importante et célèbre (Ac 21,39) par son activité intellectuelle

Corozaïn (*)

Ou Chorozaïn. Petite village de Capharnaüm. Une plus petite synagogue y a été découverte ainsi qu’une chaise d’honneur en pierre, au dossier surélevé, qui doit correspondre à la chaire de Moïse citée en Mt 23,2. Avec Béthsaïda et Capharnaüm (Mt 11,23), il est l’objet de sévères reproches de la part de Jésus (Mt 11,21).

Corinthe 

Citée en Ac 18,1 ; 1Co 1,2; 2Co 1,23 et 2Tm 4,20, la capitale de l'Achaïe est située sur l'isthme de 6,5 kilomètres de long qui relie le Péloponnèse au reste de la Grèce. Ses deux ports, Cenchrées à l'est et Lechée à l'ouest en font le plus grand centre commercial grec. Paul arriva à Corinthe en l'an 52 sous le proconsulat de GALLION et y demeura environ un an et demi, fondant une communauté chrétienne à laquelle il adressa plus tard deux lettres célèbres. Les fouilles de la fin du XIXème siècle ont mis à jour l'agora ou place du marché, l'estrade du tribunal ou Paul a comparu sans doute devant GALLION ainsi que deux inscriptions, l'une mentionnant sur un linteau de porte "la synagogue des hébreux" (Ac 18,17), l'autre un certain ÉRASTE qui est peut-être le trésorier cité en Rm 16,23.

Cyrène (*)

Cette ville d'Afrique du Nord, située à l'ouest du delta du Nil en Lybie (Ac 2,10), est la capitale de la province romaine sénatoriale de Cyrénaïque. Elle comptait depuis le IIIème siècle avant Jésus-Christ une communauté juive importante et influente. Les Juifs cyrénéens avaient une synagogue à Jérusalem (Ac 6,9). Cyrène était également la localité d'origine d'un certain Simon, qui fut réquisitionné (Mc 15,21) pour aider Jésus à porter sa croix. Outre Simon, des juifs de Cyrène habitaient à Jérusalem (Ac 2,10 ; 6,9) et à Antioche (Ac 11,20 ; 13,1)
Deux insurrections juives anti-romaines se produisirent à Cyrène en 70 et en 115-117 après Jésus-Christ.

Damas

Parfois considérée comme la plus vieille ville du monde habitée sans interruption, Damas, située dans une immense oasis à 700 mètres au-dessus du niveau de la mer, fut la capitale de la Syrie avant la fondation d'Antioche par les rois grecs séleucides au III ème siècle avant Jésus-Christ. 
A la période romaine elle fut parfois englobée dans la Décapole et même contrôlée temporairement par ARETAS III (~84 - ~62) , le roi nabatéen. Son successeur ARETAS IV, sans l'occuper nécessairement, y tenait un rôle important à l'époque de Paul ( 2Co 11,32) puisqu'il voulut s'emparer de lui.
 La ville est également citée lors de la conversion de l'apôtres des gentils en Ac 9,2-3; 9,22; 26,12 ainsi qu'en Ga 1,17. Au coeur de la vieille ville subsiste encore aujourd'hui la Rue Droite citée en Ac 9,11 même si elle est plus étroite actuellement et située plus haut que dans l'antiquité. On y voit, à cinq mètres de profondeur, une chapelle qui pourrait être la maison d'ANANIAS qui accueillit Paul lors de sa cécité temporaire. (Ac 9,10
Au début de la grande révolte, plus de dix mille juifs de Damas furent massacrés par la population non-juive. (Flavius JOSEPHE, Guerre des Juifs,2, 561).

Décapole (*)

 
 
carte de la Décapole
District ne faisant pas partie de la Palestine et comprenant traditionnellement dix villes (en grec "deka polis"), situées principalement à l'est du Jourdain : du nord au sud, Hippos, Gadara (Mt 8,28), Scythopolis (par exception à l’ouest du Jourdain), Pella, Gerasa (Mc 5,1), Philadelphie, l’actuelle Aman, capitale de la Jordanie ainsi que d’autres villes au nord-est moins connues en lettres capitales sur la carte ci-contre: Canatha, Dion et Raphana. Damas y est parfois incluse. 
Le nombre exact, l'dentification et l'étendue de ces cités restent incertains. 
"Près de la Judée, du côté de la Syrie, est la Décapole, ainsi nommée du nombre de ses villes, sur lequel tous les auteurs ne sont pas d'accord " (PLINE l'Ancien) . La ligue disparut après la création de la province d'Arabie par l'empereur Trajan, au cours du IIème siècle après Jésus-Christ.
La Décapole était habitée principalement par des Grecs et avait reçu, lors de la conquête romaine, certains privilèges comme de ne pas être une province mais une ligue  de cités autonomes sous le contrôle du gouverneur de Syrie. Bien que principalement habitée par des païens, Jésus s’y rendit car il y était connu (Mt 4,25) et y guérit un sourd-muet (Mc 7,31).

 

Ein Karem    54

Une tradition remontant au Vème siècle et qui reste la plus plausible (Yatta, à 12 km d’Hébron est une autre localisation possible) identifie ce petit village à l’ouest de Jérusalem comme le lieu de la Visitation (Lc 1,39-40) et comme le village natal de Jean le Baptiste. En effet, son père Zacharie servait au Temple et sa demeure devait en être proche. Deux églises y ont été construites :
L’ église de la Visitation, sur une colline tout proche du village et sur un ancien sanctuaire du Vème siècle où Élisabeth aurait choisi de vivre jusqu’à la naissance de son fils. On y commémore la visite de Marie, sa cousine, et sur un des murs, s’inscrit la célèbre bénédiction du Magnificat en plus de quarante langues
L’église de Saint Jean-Baptiste, au centre du village, sur une grotte sacrée reconnue habituellement comme le lieu de naissance de Saint Jean-Baptiste et la maison d’été de Zacharie et de sa femme Élisabeth (Lc 1,5-13). C’est le plus ancien témoignage de son culte puisque cette église est bâtie sur un ancien sanctuaire du IVème siècle.

Emmaüs (?)   50

Village de Judée où deux pèlerins, dont l'un se nommait Cleophas, cheminèrent avec le Christ sans le reconnaître (Lc 24,13-35). Découragés après la crucifixion, ce n'est qu'après son départ qu'ils comprirent son identité.
Cet endroit  est souvent identifié depuis Origène (185-254) et Jérôme (347-420) avec le site d’Amwas, situé à trente kilomètres à l’ouest de Jérusalem sur la route qui conduit à la plaine côtière ce qui correspond aux 160 stades mentionnés dans certains manuscrits de Lc 24,13. Comme la majorité des manuscrits mentionne seulement 60 stades soit 11 kilomètres, d’autres localisations ont été proposées comme celle d’El-Kubeileh au bord d’une route romaine et au nord-ouest de Jérusalem.

Ephèse

Ancienne colonie grecque refondée plus au sud par Lysimaque, l’un des généraux d’Alexandre, pour y creuser un nouveau port et éviter l’envasement. Capitale de la province sénatoriale d’Asie dirigée par proconsul ancien consul, Éphèse était à la fois une métropole fort peuplée à la population estimée à 200 000 habitants, une cité maritime au carrefour des voies de communication entre l’Occident et l’Orient, un centre de culture grecque fort célèbre (le philosophe Héraclite y vit le jour et Apollonios de Tyane y mourut à la fin du premier siècle) et un important centre cultuel avec son temple d’Artémis, déesse de la chasse et de la fécondité, Diane pour les Romains.
 Celui-ci, détruit par un incendie criminel la nuit de la naissance d’Alexandre le Grand en 356 avant Jésus-Christ, fut reconstruit à environ un kilomètre et demi au nord-est de la ville sur une grande plate-forme de 127 mètres sur 71 mètres avec une dimension intérieure de 104 mètres de long sur 50 de large. Avec ses 127 colonnes ioniennes de 18 mètres de haut, il était réputé comme l’une des sept merveilles du monde (Ac 19,23 et 34). On y gardait une statue de la déesse prétendue tombée du ciel (Ac 19,35), la tête entourée d’une sorte de panier et au torse orné de plusieurs rangées de mamelles. Des Asiarques, magistrats et prêtres annuels qui présidaient les jeux sacrés célébrés en commun à Éphèse par les villes grecques d'Asie, sont cités en Ac 19,31 et le commerce de la ville s’appuyait entre autre sur les orfèvres fabricant des petites répliques en argent du temple et de la statue de la déesse. Ce sont eux, dirigés par un certain Démétrios qui s’opposèrent à Paul qui travailla dans la ville pendant plus de deux ans (Ac 19,10) et y fonda une solide communauté chrétienne (Ac 19,18-20)
Jésus confia sa mère Marie à Jean l’évangéliste qui l’aurait emmenée à Éphèse où elle aura sans doute passé ses dernières années dans une petite maison située à 8 kilomètres du centre de la ville, sanctuaire vénéré à l’heure actuelle par les chrétiens et par les musulmans. 
La ville fut touchée en 17 après Jésus-Christ par un tremblement de terre et son temple, pillé par Néron fut incendié par les Goths en 262 après Jésus-Christ. C’est la métropole antique la mieux conservée aujourd’hui sur une superficie d’environ 400 hectares avec sa célèbre bibliothèque de Celsus, érigée sur deux étages entre 110 et 135 après Jésus-Christ, son gigantesque théâtre pouvant accueillir 24 000 spectateurs, lieu de rencontre des foules où eut lieu le complot monté par Démétrios qui y entraîna Gaius et Aristarque, les compagnons de Paul et auquel mit fin le secrétaire de l’assemblée (Ac 19,35-40) . On y découvre également de nombreuses voies rectilignes dont celle de 800 mètres de long qui conduit du théâtre au port et un temple dédié au culte de l’empereur où se trouvait une statue de Domitien, l’empereur qui bannit Jean sur l’île de Patmos et persécuta les chrétiens à l’époque de l’Apocalypse. 
Au premier siècle, Éphèse comptait une importante communauté juive qui y formait une politeuma, une sorte de cité dans la cité, permettant à ses membres de s'intégrer dans le monde gréco-romain sans être citoyen de la cité au sens strict et tout en conservant ses caractéristiques propres, religieuses et culturelles. 

Galatie

Région centrale de l’Asie mineure dont le nom provient d’un peuple celte, les Galates, qui s’y est établi au III ème siècle avant Jésus-Christ. La province romaine de Galatie, constituée en 25 avant Jésus-Christ et dont la capitale est Ancyre (moderne Ankara) englobait également les régions environnantes de Pisidieet de Lycaonie au sud. 
Lors de ses voyages missionnaires, Paul séjourna à Antioche de Pisidie(Ac 13,14) ainsi que dans trois villes de Lycaonie : 
à Iconium (Ac 14,1),
à Lystre (Ac 14,6) 
à Derbé (Ac 14,20)
Il y prêcha et il y fonda des communautés chrétiennes.

Galilée

 
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L'ensemble de la Galilée

En hébreu : le " district (des nations) " parce que situé loin de Jérusalem, ouvert sur les nations voisines et parce que les Assyriens au VIIème siècle avant Jésus-Christ y avaient établi beaucoup de colons étrangers. Région septentrionale de la Palestine bordée au nord par les territoires de Tyr et de Sidon et au sud par la Samarie, elle comprend la Basse-Galilée au sud (Nazareth : 500 m, mont Thabor 580 m) et la Haute-Galilée, région montagneuse atteignant les 1050 mètres. Dirigée au temps de la naissance de Jésus par Hérode le Grand, sa population était fort mélangée et le climat agréable avec des précipitations pouvant atteindre près de 1000 millimètres par an, soit autant que dans les Alpes. Jésus y passa sa vie cachée et y commença sa vie publique (Mc 1,14 ; 1,39).
 

Source : Atlas biblique du voyageur en Terre sainte, Prions en Eglise, hors série 2007, p.28

 

 

Les alentours du lac de Galilée

Lac-galilee.jpg
Source
 : Bargil PIXNER o.s.b, Avec Jésus à travers la Galilée d'après le Cinquième Évangile, Corazin, Israël, 1992
Si les bourgs de Nazareth (Mc 1,9), de Cana (Jn 2,1) et de Naïn (Lc 7,11) n'avaient aucune importance historique, les localités du lac de Galilée, appelé aussi mer de Galilée ou lac de Génésaret) (Mc 1,16; Jn 6,1) étaient actives et prospères : Magdala, Capharnaüm, Génésaret, Bethsaïda, Corozaïn et surtout Tibériade, résidence du tétrarque de Galilée et de Pérée, Hérode-Antipas jusqu’en 39 après Jésus-Christ. Le lac de Galilée se situe à 210 mètres en dessous du niveau de la mer et mesure   20 kilomètres de long sur 12 kilomètres de large. Pendant l’hiver 1986, on a découvert dans le lac un exemplaire unique de barque romaine de pêche qui pourrait avoir été utilisé entre la fin du 1er siècle av. J. C. et la seconde moitié du 1er siècle de notre ère. Ce bateau de quinze mètres de long et de  deux à trois mètres de large pouvait transporter une quinzaine de personnes.  De Galilée sont originaires tous les apôtres sauf peut-être Judas.

Galiléen

Habitant de la Galilée, parfois avec un sens péjoratif ou méprisant (Lc 22,59).

Gaulanitide

Région actuellement appelée Golan constituant les territoires de Philippe le tétrarque les plus à l’ouest. La ville de Gamla (" le chameau ") fut fortifiée par Flavius Josèphe comme un des centres de la révolte juive et fut prise par les Romains en 68 après Jésus-Christ. Césarée de Philippe, l'ancienne Paneas, représente une autre ville importante.

Génésaret (*)

Littéralement " le jardin du prince ". Localité située (Mt 14,34Mc 6,53) sur la rive nord-ouest du lac de Galilée (souvent appelé lac de Génésaret cf. Lc 5,1), entre Magdala et Capharnaüm, dans une petite plaine très fertile de six kilomètres de long sur trois de large.

Gérasa

Actuellement Djerach en Jordanie. Ville de la Décapole située à environ cent kilomètres au nord-est de Jérusalem, et soixante kilomètres au sud-est du lac de Galilée. Une communauté juive y habitait en harmonie avec les autres habitants.

Géraséniens

L’expression pays des Gadaréniens (Mc 5,1) ou des Géraséniens (Lc 8,26) a été comprise de différentes manières, par exemple comme habitant de la ville de Gerasa. Toutefois il pourrait plutôt s’agir de la transcription grecque de l’hébreu « Gerashim », « les expulsés ». En effet, d’après le Talmud de Jérusalem et d’après Origène, cette région de l’Hippène était habitée par des Gergésites, expulsés d’Israël lors de la conquête de Josué (Jg 3,10 : « Dieu expulsera de vous les Gergésites »)  

Hébron

Ville de Judée à 40 kilomètres au sud-ouest  de Jérusalem, Hébron est surtout connue comme le lieu appelé Makpela, du tombeau des patriarches (Abraham, Isaac, Jacob) et de leurs femmes (Sara, Rebecca et Lea). Autour d'un mausolée surplombant une grotte aménagée en crypte, Hérode le Grand fit construire une magnifique enceinte, du même type que celle du Temple de Jérusalem.

Hérodion

Seule forteresse à porter le nom du roi Hérode le Grand qui la fit construire à partir de 37 avant Jésus-Christ, à cinq kilomètres au sud-est de Bethléem et à la limite du désert de Juda. Elle s’inscrit dans un ensemble plus vaste comprenant les palais forteresses de Jéricho, de Massada et de Machéronte ainsi que la forteresse Antonia qui domine le Temple deJérusalem.  L’Hérodion se présente comme une colline naturelle de forme cylindrique, rehaussée et fortifiée par quatre tours, circulaires et semi-circulaires disposées aux quatre points cardinaux. Il comprenait des cours intérieures, des jardins, des thermes et des salles de réception. Selon Flavius Josèphe (Antiquités juives, XVII,10) c’est dans cette forteresse qu’Hérode fut enterré mais sa sépulture n’a été découverte que très récemment, en 2007.

Idumée (*)

Région située au sud de la Judée dans la direction du désert du Néguev, citée en Mc 3,8 . Le roi Hérode le Grand en était originaire par ses ancêtres et l’avait annexée à son royaume. Son fils Archélaos l’obtint en héritage en même temps que la Samarieet la Judée. L'une des cités principales était Adora, à 8 kilomètres au sud-ouest d'Hébron, à la population majoritairement juive. Précisons que l'ancien Edom s'étendait au sud-est de la Mer morte alors que l'Idumée de même nom, s'étendait au sud-ouest de la Mer Morte

iscariote 

Surnom donné à Judas. La signification de ce nom d'Iscariote est peut-être celle de l'hébreu " ish qarioth ", qui veut dire "homme de Qarioth", un village de Judée. Dans ce cas, Judas serait le seul apôtre à ne pas être galiléen.

Israël

Au temps de l'Ancien Testament, nom que porta le royaume du nord après le schisme de 931 avant Jésus-Christ. Il était encore unifié sous David (environ 1010-970) et Salomon (environ 970-931). Le royaume de Juda au sud eut pour capitale Jérusalem, et celui du nord (Israël) eut pour capitale Samarie. Cette ancienne signification politique n’est pas reprise dans le Nouveau Testament où Israël désigne le peuple juif (Mc 12,29 ; 15,32).

Jéricho (*)   71

Ville de Judée, située dans la vallée du Jourdain à 270 mètres en dessous du niveau de la mer, à un endroit très fertile parmi les jardins et les palmeraies. Jéricho fut reconstruite près d'une ancienne cité du même nom par Hérode le Grand qui s’y fit bâtir un magnifique palais pour en faire sa capitale hivernale. Elle était reliée à Jérusalem par une route de 25 kilomètres à travers le désert de Judée et de près de mille mètres de dénivellation (d’où l’expression " descendre de Jérusalem  à Jéricho " en Lc 10,30) ce qui pouvait mettre les voyageurs à la merci de brigands. Jésus y guérit un aveugle (Mt 20,30 ; Lc 18,35). Un poste de douane dont le responsable au temps de Jésus s’appelait Zachée (Lc 19,1) s’était établi dans cette ville célèbre par son baume et ses fruits tropicaux au trafic commercial considérable, la plus importante cité de Judée après Jérusalem.

Joppé

En hébreu Yafo. Nom biblique qui signifie " la belle " de l’actuelle ville de Jaffa, sur le littoral d’Israël. Utilisée par SALOMON comme port de transport pour les cèdres du Liban servant à la construction du Temple (2Ch 2,6), Joppé fut conquise lors de la révolte de Maccabées et détruite lors de la grande révolte juive par Vespasien qui y installa une garnison romaine. C’est dans cette ville qu’eut lieu la résurrection de la veuve nommée Tabitha (Ac 9,36-42) et c’est là que saint Pierre reçut la vision de Dieu lui demandant de ne pas distinguer entre aliment pur et impur, et par conséquent entre juifs et païens (Ac 10,10-16)

Jourdain (*)

Fleuve de Palestine (" Le Descendeur") qui coule du nord au sud dans la plus profonde dépression terrestre, descend du massif de l'Hermon en Syrie, traverse ensuite le petit lac Hulé, aujourd’hui disparu, à 68 mètres au-dessus du niveau de la mer puis le lac de Génésareth (210 mètres en dessous du niveau de la mer) et se jette enfin dans la mer Morte ( - 400 mètres) après plus de trois cent kilomètres de méandres pour une longueur de cent kilomètres à vol d'oiseau. Sur la fin de son parcours, ce n'est plus qu'un mince ruban d'une trentaine de mètres de largeur. La vallée du Jourdain est soit verdoyante et luxuriante au climat subtropical, soit pratiquement désertique, contrairement au reste du pays. Jean le Baptiste faisait faire dans le Jourdain un baptême de conversion (Mc 1,15Jn 1,28). C’est le fleuve biblique par excellence, la rivière sainte dont le rôle est capital dans l’histoire d’Israël : Jésus y fut baptisé par Jean (Mt 3,13-17 ; Mc 1,9-11 ; Lc 3,21-22 ; Jn 1,29-34), à dix kilomètres à l'est de Jéricho selon la tradition la plus répandue.

Judée (*)

 
 
Carte de la Judée
Terre ravinée, dure et ingrate, au climat chaud et aride, généralement accidentée avec des hauteurs dépassant 1010 mètres près d’Hébron et s’étendant sur une longueur de quarante kilomètres.
Du point de vue géographique, elle constitue la partie méridionale de la Palestine, limitée à l'est par le Jourdain et la mer Morte, au sud par l'Idumée, à l'ouest par la mer Méditerranée, au nord par laSamarie. Aux portes de Jérusalem commence le redoutable désert de Juda qui descend régulièrement vers la vallée du Jourdain et vers la mer Morte, avec une dénivellation de pratiquement 1400 mètres.
Depuis le retour de l'exil, ce terme désigne au sens strict les territoires autour de Jérusalem habités par les juifs (Lc 2,4) mais aussi au sens large l’ensemble JudéeSamarieIdumée (7300 km2) qui fut réduit en province romaine à partir de 6 après Jésus-Christ (Lc 3,1 ; 5,17 ; Jn 4,3 ; Ac 9,31). À l'époque du Christ, dans la langue des Grecs, le mot Judée désigne également  tout pays habité par des juifs (Lc 1,5 ;  4,44 ; 6,17 : Ac 10,37), soit l'ensemble JudéeSamarieIdumée plus la Galilée et d'autres territoires au nord, comme la Batanée. Les deux sens se retrouvent chez le même auteur, en particulier chez saint Luc, et doivent être soigneusement distingués. 
Villes importantes : Jérusalem, la capitale, Bethléem, la ville de David, Hébron, le lieu de séjour d'Abraham et Jéricho, la ville des palmiers. La Judée fut dirigée au temps de Jésus par Hérode le Grand puis par son fils Archélaos (4 avant – 6 après Jésus-Christ).
 
Après le règne d’Agrippa I qui reconstitua dans son intégralité de 41 à 44 le royaume de son grand-père Hérode le Grand, la province romaine de Judée au sens large regroupa les cinq régions : Galilée, Samarie, Judée, Idumée et Pérée jusqu’à la grande révolte juive de 66 après Jésus-Christ.

Source : Carte des pèlerins de la Terre Sainte, Ministère du tourisme d'Israël, Jérusalem

 

Kursi

Lieu sur la côte occidentale du lac de Galilée où Jésus a exorcisé l’esprit impur d’un homme possédé d’une multitude de démons en les expulsant dans un troupeau de porc (Lc 8,26-39). Kursi était un village païen, dépendant de la ville grecque d’Hippos, une des cités de la Décapole, qui apparaît en Mc 5,14 sans être expressément mentionnée. Il faisait partie du pays des Géraséniens qui se trouve vis-à-vis de la Galilée(Lc 8,26). Depuis 1970, un important complexe byzantin y a été mis à jour, comportant une église et un monastère, un des plus grands de la région. En 1980, fut découverte « la chapelle du miracle des porcs », édifice construit pour protéger un gros rocher, considéré comme l’endroit où les porcs se sont précipités dans le lac, lors de la guérison du démoniaque par Jésus

lycaonie

Région de l'Asie mineure, bordée à l'ouest par la Pamphylie et par la Pisidie, au nord par la Galatie, au sud par la Cilicie et à l'est par la Cappadoce.  Lors de son premier voyage, Paul s'est rendu dans trois villes de Lycaonie: à Iconium, l'actuelle Konya (Ac 14,1-4) puis à Lystres d'où il a du s'enfuir (Ac 14,19-20) et enfin à Derbé (Ac 14,26). À son époque, la Lycaonie dépendait administrativement de la Galatie.

Macédoine

En latin Macedonia. Fondée en 146 avant Jésus-Christ, la province romaine de Macédoine était gouvernée par un ancien prêteur, depuis la
Carte de la Macédoine romaine
réorganisation d’Auguste en 27 avant Jésus-Christ, sauf de 14 à 44 après Jésus-Christ où elle devint une province impériale dirigée par un légat propréteur. Son territoire s’étendait sur plusieurs régions de plusieurs pays actuels dont les dénominations peuvent prêter à confusion : Grèce
  • La région de Macédoine occidentale sans accès à la mer Égée et avec la ville de Pella
  • La région de Macédoine centrale avec la ville de Thessaloniqueet la presqu’île de Chalcidique
  • Une petite partie de la région de Macédoine orientale avec les villes d’Amphipolis et de Philippes
  • La région de Thessalie au sud

Les trois dernières régions offrent un accès à la mer Égée   République de Macédoine (FYROM pour l’ONU actuellement)

Près des deux tiers du territoire actuel, sans accès à la mer et sans la capitale actuelle, Skopje dans le NordAlbanie
Toute la région centrale du pays avec accès à la mer AdriatiqueLa Macédoine est citée en Ac 16,9 ; 19,21 ; Rm 15,26 ; 2Co 7,5 et8,1. Saint Paul séjourna dans plusieurs cités de cette province : à Néapolis, Philippes, Amphipolis, Thessalonique (Ac 17,1) et Bérée (Ac 17,10).

Magdala (*)

Bourg situé sur la rive occidentale du lac de Galilée, à cinq kilomètres au nord de Tibériade. Une femme appelée Marie en était originaire (Mt 27,55; Mc 15,40) et fut surnommée la Magdaléenne ou Madeleine après avoir été délivrée par Jésus (Lc 8,2). C’est l’origine de ce prénom.

Naïn (*)

Ce petit village de Galilée situé au sud du mont Thabor n’est cité qu’en Lc 7,11 lorsque Jésus y ressuscita le fils unique d’une veuve. Une modeste église catholique y commémore cette miraculeuse résurrection.

Nazareth (*)

Petite bourgade de Galilée ( 100 à 150 habitants à l'époque du Christ ?), au milieu des collines, à 110 kilomètres au nord de Jérusalem et à 30 kilomètres à l’ouest du lac de Galilée. Elle n’apparaît ni dans l’Ancien Testament ni dans le Talmud mais bien dans une inscription d’environ quinze centimètres sur douze, datée d’environ trois cent ans après le Christ, découverte en 1962 dans les ruines de Césarée et cons
Plan de la maison de Marie à Nazareth
ervée depuis au musée archéologique de Jérusalem. Elle contient une liste de famille sacerdotales de l'époque romaine tardive.
Nazareth est la résidence de Marie, mère de Jésus et de Joseph (Mt 2,23 ; Lc 2,39 ; Jn 1,43).
La basilique moderne de l’Annonciation à deux étages, construite à partir de 1960 et dédicacée en 1968, représente la plus grande église catholique du moyen orient (44 mètres sur 27). Elle englobe une église byzantine et un édifice antérieur que la découverte d'une base de colonne portant l'inscription grecque "Réjouis-toi, Marie" permet de dater du IIIème siècle. On y  a également mis  à jour " la maison de Marie " constituée d’une grotte naturelle creusée dans le roc, toujours visible en dessous de la basilique et devant l’ouverture de cette grotte, d’un espace entouré par trois murs de 2,5 à 3 mètres de haut, qui ont été transférés à Lorette (Italie) depuis 1294. Les fouilles de 1962 ont permis de comparer les graffiti judéo-chrétiens de la Sainte Maison de Lorette avec ceux sur les parois de la grotte de Nazareth, datés du IIème siècle.
Trois autres bâtiments ont également été trouvés à Nazareth,  l'église construite sur le site traditionnel de la synagogue où se rendait Jésus (Mt 13,54-58 ; Mc 6,1-6 ; Lc 4,15-30) et l'église grecque orthodoxe dédiée à l'archange Gabriel dans laquelle coule l'unique source d'eau de Nazareth. Ce serait, selon une tradition orthodoxe, le lieu de la rencontre avec la Vierge Marie (Lc 1,26-38). Tout récemment, fin 2009, des fouilles archéologiques israéliennes ont mis au jour les restes des murs d'une maison datant du temps de Jésus, à moins d'une centaine de mètres de la grotte de l'Annonciation et de l'église-synagogue. Cette découverte confirme l'existence d'un village à Nazareth à cette époque.
La bourgade ainsi que la Galilée tout entière n’avait pas bonne réputation auprès des juifs de Jérusalem. (Jn 1,46 ; 7,52).
Toutefois, une hypothèse récente (Bargil PIXNER) fait de Nazara-Nazareth le lieu de résidence d'un clan davidique, revenu de Babylone à la fin du IIème siècle avant Jésus-Christ. Son nom viendrait de "netzer, le rejeton" (de Jessé) en Is 11,1. L'expression "nazoréen ", trouvée en Mt 2,23 signifierait alors "fils de David" et non "habitant de Nazareth".

Palestine

A l’époque du Christ, cette région géographique en forme de trapèze s’étendait sur 220 kilomètres du nord au sud et sur 50 à 100 kilomètres au maximum d’est en ouest soit approximativement une superficie de 20 000 kilomètres carré comparable à celle de la Sicile actuelle. Elle comprenait une population de 600 000 à 1 000 000 d'habitants environ, soit une densité assez dense pour l’époque antique et  était divisée administrativement en cinq parties :



Carte physique de la Palestine
 
À l’ouest du Jourdain, du nord au sud,
la Galilée, la Samarie, la Judée,  l’Idumée
À l’est du Jourdain,
la Pérée.
Pour des raisons historiques, car elles ont parfois eu des souverains identiques ou issus de la famille d’Hérode,  les régions du nord-est : Auranitide, Batanée, Gaulanitide (Golan) et Trachonitide peuvent s’y ajouter.
Mais les villes de la côte philistine ainsi que de la Décapole en sont exclues. C’est un pays montagneux aux régions fortement différenciées par le climat et le relief.
 
Le terme de Palestine n’apparaît pas dans le Nouveau Testament car la province de Syrie-Palestine n’a été créée par les romains qu’au IIème siècle, après l’échec de la révolte juive de 135 après Jésus-Christ. N’utilisons donc pas les dénominations anciennes à des fins politiques modernes. L’interdiction ordonnée aux juifs par l’empereur Hadrien de séjour à Jérusalem, transformée en colonie romaine du nom d’Ælia Capitolinaainsi que l’inclusion de la Pentapole philistine qui lui a donné son nom ont rendu la population juive minoritaire dans cette nouvelle province de rang plus élevé que l’ancienne Judée. Elle avait en effet à sa tête un gouverneur impérial de rang prétorien et non plus un procurateur et une garnison d’une légion (X Fretensis) résidait en permanence à Jérusalem. Une autre légion, la VI Ferrata, stationnait à Caparcotna en Galilée, également appelée Legio pour cette raison.

Pamphylie

Région du sud de l'Asie mineure, bordée à l'est par la Cilicie, à l'ouest par la Lycie et au nord par la Pisidie. Paul s'est rendu deux fois dans la capitale de Pamphylie, la ville de Perge lors de son premier voyage (Ac 13,13-14 et 14,24-25). Il embarqua ensuite depuis le port d'Attalia (Ac 14,24) pour se rendre à Antioche de Syrie.

Pérée

Littéralement " au-delà " (du Jourdain). Cette région se présente comme un haut plateau peu peuplé et creusé par de puissants torrents. Elle s'étend à l'est du Jourdain, de Pella au nord et de Philadelphie à l’est jusqu'au cours de l'Arnon au sud, sous l'autorité d'Hérode-Antipas, également tétrarque de Galilée qui y fonda la ville de Julias (ou Livias). Les juifs étaient minoritaires dans sa population. L'ensemble Galilée - Pérée s'étendait sur environ 3200 km2

Philippes

Ville de Macédoine orientale, fondée par le roi Philippe II en 356 avant Jésus-Christ, pour contrôler des mines d’or voisines du site ainsi que la route stratégique, future via Egnatia, qui relie la Grèce du Nord à la mer Noire et à l’Asie en passant par Byzance. A l’époque romaine, bien que moins importante qu’Amphipolis, la cité fut refondée par Octave comme colonie romaine et son territoire distribué à ses vétérans militaires italiens, citoyens romains. Venant de Troas, saint Paul s’y rendit vers 49-50 après Jésus-Christ, accompagné de Silas et de Timothée (Ac 16,11-12)
C’est la première fois qu’il prêcha sur le sol européen. Il y baptisa une négociante de pourpre, du nom de Lydia, au bord d’une rivière en-dehors des murs (Ac 16,13-14). Entre 1914 et 1938, les fouilles de l’École française d’Athènes ont mis à jour une grande partie de la ville de Philippes, en particulier les fondations d’une porte qui conduit à l’extérieur du quartier nord-ouest de la ville, près d’une rivière à un kilomètre environ. C’est sans doute par cette porte que Paul sortit avec ses compagnons. Bien que battu et emprisonné (Ac 16,23), il fonda une communauté dans cette ville à laquelle il écrira plus tard une lettre, l’épître aux Philippiens.

Philistins

Nom d'un des peuples qui occupaient la Terre promise à l'époque où y sont entrés les Hébreux sortis d'Égypte. Les Philistins, qui adoraient des idoles, furent repoussés par les Hébreux dans des territoires adjacents. Le nom français de la Philistie est une déformation du nom d'origine "Peleset", qui a également donné lieu à "Palestine". Les principales villes, situées le long de la mer étaient, du nord au sud, Azot ou Ashdod occupant 40 hectares sur une colline à 4 kilomètres d ela mer (Ac 8,4), Ascalon ou Ashkelon, port important et lieu de naissance du roi Hérode le Grand[[|, à 15 kilomètres au sud d’Ashdod et à 15 kilomètres au nord de Gaza, et Gaza elle-même (]]Ac 8,26), sur une colline à 5 kilomètres de la mer, située à 80 kilomètres au sud-ouest de Jérusalem et à 18 kilomètres d’Ashkelon. Avec les cités de l’intérieur, Eqron et Gath, elles formaient la " [[|Pentapole]] philistine ". Les villes d’Ashdod et de Jamnia, cette dernière un peu plus au nord et à l’extérieur de la Pentapole, furent confiées de Salomé, sœur d’ Hérode le Grand, morte vers 10 après Jésus-Christ qui les remit à Livie, la femme de l'empereur Auguste alors qu'Ashkelon restait une ville libre, même à l'époque romaine et que les autres villes philistines dépendaient du gouverneur de Syrie. 

pisidie

Région de l'Asie mineure, bordée au nord par la Phrygie et au sud par la Pamphylie. Paul et Barnabé se sont rendus à Antioche de Pisidie, en venant de Pamphylie. À son époque, la Pisidie dépendait administrativement de la Galatie.

Quarantaine (mont de la)

Bien que les évangiles ne fournissent aucune précision, une tradition assez tardive (VI ème siècle) situe la première et la troisième tentation du Christ (Mt 4,1-11 ; Lc 4,1-2 ; Mc 1,12) au mont Qarantal, au nord-ouest de Jéricho et à vingt minutes à pied. Le sommet du mont de la Quarantaine offre une magnifique vue sur la vallée du Jourdain, en contrebas, « d’où on peut voir tous les royaumes du monde ». Un monastère grec orthodoxe y a été bâti à même le roc, au flanc de la falaise. Il comprend vingt-cinq grottes d’ermites ainsi que celle que Jésus lui-même aurait occupée pendant sa tentation, la Chapelle de l’Épreuve.

Samarie

Carte de la Samarie
(1)
Cette région de Palestine était limitée au nord par laGalilée, à l'est par le Jourdain, au sud par la Judée . C’est une terre fertile où poussent l’olivier, l’amandier, le figuier et l’abricotier mais assez accidentée avec deux montagnes qui se font face près de Sichem : l’Ebal (938 mètres) et le Garizim (880 mètres) 68. Dirigée au temps de Jésus par Hérode le Grand puis par son fils Archélaos, elle fut soumise à l’autorité romaine à partir de 6 après Jésus-Christ. Villes principales : Samarie-Sebasté et Sichem-Sichar.
(2) ville à 65 kilomètres au nord de Jérusalem, capitale de la région du même nom qui avait remplacé l’ancienne Sichem. Détruite par le roi juif Jean Hyrcan en 107 avant Jésus-Christ, elle fut reconstruite à la romaine entre 27 et 12 avant Jésus-Christ par Hérode le Grand qui la rebaptisa Sebaste en l’honneur de l’empereur Auguste (Sebastè est l’équivalent grec du latin Augustus) pour y installer les nombreux vétérans étrangers de son armée, probablement en 25 avant Jésus-Christ. La ville ancienne fut agrandie ainsi à près de soixante hectares, pour y recevoir  six mille colons et ses fortifications furent refaites. Comme à Césarée Maritime, Hérode y construisit un temple d'Auguste et de Rome. Les soldats originaires de Sebaste constituaient un élement important des troupes romaines en Judée, ce qui pourrait expliquer certains comportements agressifs de soldats lors de la Passion de Jésus ( Mt, 27, 27-31; Mc 15,19-20) 

Source : Carte des pèlerins de la Terre Sainte, Ministère du tourisme d'Israël, Jérusalem

 

Samaritain

Habitant de la Samarie. Ses habitants étaient méprisés par les juifs pour avoir édifié sur le mont Garizim un temple, rival de celui de Jérusalem (Lc 9 52; Jn 4 9 ; Jn 8 48). Cependant ils observaient la plupart des préceptes du judaïsme, croyaient en un Dieu unique et parmi les livres saints ne reconnaissaient que le Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible, dits livres de Moïse, ou encore la Torah, ou la Loi). Les samaritains refusaient l’hospitalité aux pèlerins galiléens se rendant à Jérusalem (Lc 9,53), les obligeant ainsi à allonger le trajet en passant par la rive orientale du Jourdain.

Sichem (*)

Ou Sichar. Ville construite dans le passage entre le mont Ebal au nord et le mont Garizim au sud, où se produisit la rupture entre le royaume d’Israël et de Juda. Capitale de la Samarie depuis la fin du IVème siècle avant Jésus-Christ, elle fut détruite par le roi juif Jean Hyrcan en 128 avant Jésus-Christ et reconstruite dans un autre site proche par l’empereur Vespasien en 72 après Jésus-Christ sous le nom de Flavia Neapolis, l'actuelle Naplouse. C’est un peu au sud de cette ville, sur la route qui mène à Jérusalem, que se situe le célèbre puits de Jacob, de vingt à trente mètres de profondeur, au bord duquel Jésus discuta avec la femme samaritaine (Jn 4,5). Il  n’a pas beaucoup changé au fil des siècles bien qu'il soit actuellement englobé dans une église grecque orthodoxe, inachevée depuis sa construction en 1914. Les anciennes traditions juives et chrétiennes confirment l'identification puisqu'il y avait déjà une église autour du puit dès le IVème siècle, église qui fut détruite à plusieurs reprises.

Sidon (*)

Port sur la Méditerranée, au nord de la Palestine, ancienne ville phénicienne, comprise dans la province romaine de Syrie. Aujourd'hui: Saïda, au Liban (Mt 11,22 ; Mc 3,8 ; Mc 7,31).

Sinaï

Le monastère de Sainte-Catherine, au pied du mont Sinaï, au sud de la péninsule du même nom (62 000 km2), fut érigée, selon la tradition chrétienne, sur le site du Buisson Ardent. Lors de la fuite en Égypte, l’enfant Jésus évita le Sinaï en passant par Gaza et par la bande côtière.

Syrie

Cette région du Proche-Orient, conquise par le général romain Pompée en 64 avant Jésus-Christ, avait pour limite au nord, la chaîne
Carte de l'Orient romain
montagneuse du Taurus, à l’est, le cours de l’Euphrate, à l’ouest la mer Méditerranée et au sud les massifs du Liban et de l’Anti-Liban. Devenue une des provinces les plus riches et les plus  importantes de l’empire romain, elle était dirigée par un légat impérial ancien consul qui commandait  trois légions. Son autorité s’étendait également sur les cités philistines et sur celles de la Décapole, qui jouissaient d'une large autonomie. La population de la province, fort importante et fort diversifiée, comprenait des paysans syriens dans la campagne, des descendants de colons grecs dans les cités, des soldats romains, des communautés juives et des nomades arabes. Elle parlait essentiellement grec ou araméen. Les principales villes de la Syrie étaient au nord la capitale, Antioche, la troisième ville de l’empire après Rome et Alexandrie, Damas à l’intérieur du pays, Tyret Sidon sur le littoral phénicien au sud.

syrophénicien

Un habitant de la partie phénicienne de la province romaine de Syrie. La région de Syro-Phénicie dont les principales villes étaient Tyr et Sidon se trouvait en bord de Méditerranée, et jouxtait le nord-ouest de la Galilée et de la Samarie. La Palestine était ainsi entourée de nations païennes, qui adoraient des idoles.

Tabgha (*)

Sur la rive occidentale du lac de Galilée, au nord et à trois kilomètres de Capharnaüm, s’étend la fertile vallée de Tabgha. Ce nom actuel est la corruption du grec « Heptapegon » , « les sept sources », le nom ancien était sans doute Magadan (« Ma-Gad », « les Eaux de Fortune) (Mt 15,39). Á l’époque romaine, la Via Maris passait dans cette région qui, venant
Carte générale de Tabgha
de la côte et de Tibériade, menait jusqu’à Damas via Capharnaüm et les sources du Jourdain. Quelques restes subsistent encore sur place. C’est dans ce lieu, riche en eaux courantes, que la tradition a fixé la première multiplication des cinq pains et des deux poissons. (Mt 14,13-21 ; Mc 6,30-44). Ses douze paniers pleins de morceaux, évoque, selon une tradition ancienne, les douze tribus d’Israël, les premières appelées au festin messianique
Source : Bargil PIXNER o.s.b, Avec Jésus à travers la Galilée d'après le Cinquième Évangile, Corazin, Israël, 1992, p.133

En 1932, furent retrouvés les restes de deux églises byzantines, la première de la seconde moitié du IVème siècle et la deuxième du Vème siècle, d'une plus grande surface dont les mosaïques, représentant la vie animale et végétale du lac, d’une superficie de 520 m2 et comportant pas moins de sept millions de petits cubes de 8 x 8 mm figurent parmi les plus belles de la Terre Sainte. Parmi elles, la célèbre mosaïque de la Corbeille ne représente que quatre pains, le cinquième étant le Christ lui-même sous la forme du pain eucharistique sur l’autel.
C’est devant cette mosaïque et sous l’autel de l’actuelle église des bénédictins allemands consacrée en 1982, que les visiteurs peuvent voir encore aujourd’hui le bloc de pierre sur lequel le Seigneur aurait posé les pains et les poissons. Cette troisième église a été construite sur le même emplacement et sur le même plan que la deuxième.
De l’esplanade qui s’étend devant l’atrium de l’église de la Multiplication, descend vers le lac un chemin qui conduit à un emplacement appelé « Dalmanuta » (« le séjour du Seigneur ») où le Christ aurait discuté avec des pharisiens (Mc 8,10). Tous les jours l’eucharistie y est célébrée en plein air, vis-à-vis du lac de Galilée.
C’est également entre Tabgha et Capharnaüm, que se situe sans doute le lieu désert (« eremos ») où, d’après Mc 6,46 ; Mt 15,39 et 28,16, Jésus avait l’habitude de se retirer, dans une grotte située à mi-pente d’une colline. Un replat, au-dessus de la grotte et toujours visible, est l’endroit même où la tradition la plus ancienne situe le Sermon sur la montagne (Mt 5,1-12). Au sommet de cette colline, à deux cent mètres au-dessus du lac, a été construite en 1937, l’église franciscaine des Béatitudes, en forme d’octogone, qui offre une vue magnifique et où les huit célèbres béatitudes sont inscrites sur chaque mur.
C’est toujours à Tabgha, à trois cent mètres à l’est de l’église de la Multiplication, que se situe la petite chapelle en basalte de la Primauté de Pierre, édifiée en 1934, au bord du lac et au-dessus d’un rocher connu au moyen âge sous le nom de « Mensa Christi : la table du Christ » La Tradition a toujours placé ici la rencontre du Seigneur ressuscité avec les siens, autour d’un feu allumé près du rivage (Jn 21).

Thabor

Du haut de ses 588 mètres, cette montagne isolée de Galilée, d’une forme conique régulière et harmonieuse, domine la riche plaine qui s’étale à ses pieds. C’est là que la tradition chrétienne situe la scène de la Transfiguration (Mt 17,1-9 ; Mc 9,2-8 ; Lc 9,28-36) où le Christ apparut dans sa Lumière et dans sa Gloire, avec Moïse et Élie, sous les yeux de ses disciples Pierre, Jacques et Jean. Le sommet du Thabor se présente comme un plateau long de plus d’un kilomètre pour une largeur moyenne de quatre cent mètres : deux églises y ont été construites, une orthodoxe et une catholique. Remarquons qu’une autre tradition transmise par EUSEBE de Césarée situe la Transfiguration au massif du mont Hermon, en Syrie.

Tarse

Port maritime de la province de Cilicie dans le sud de l’Asie mineure, à la population mélangée, grecque et juive. Réputée pour le tissage de la toile, cette ville fut le lieu de naissance de saint Paul, à la fois juif pharisien du nom de Saül, citoyen grec de Tarse et citoyen romain. Cf. Ac 9,11 ; 11,25 ; 21,39 où Paul se présente lui-même à un tribun romain comme juif, citoyen de Tarse et 25,11 où il revendique d’en appeler au tribunal de l’empereur, privilège réservé aux citoyens romains.

ThessaLonique

Aujourd'hui Salonique, une des villes les plus importantes de la Grèce contemporaine. Capitale d'un des quatre districts de la Macédoine romaine, la ville était dirigée par des polémarques (Ac 17,6). En venant de Philippes, Paul y rencontra une communauté juive importante qui y possédait une synagogue et se révéla hostile à son égard (Ac 17,2-3). Accompagné de Silas et de Timothée, il y fonda cependant une église, constituée en grande partie par des païens convertis. A la suite d'une émeute provoquée par les juifs, Paul dut s'enfuir de nuit pour Bérée.

Tibériade

Autour d’une source sulfureuse jaillissant près du lac de Galilée, le tétrarque Hérode Antipas fit construire en 18 après Jesus-Christ une ville qu’il baptisa du nom de l’empereur régnant Tibère pour en faire sa capitale en remplacement de Sepphoris, à sept kilomètres au nord de Nazareth. Sa population était en majorité païenne car Tibériade était bâtie sur un ancien cimetière et aucune présence de Jésus n’y est mentionnée. L'organisation de la ville était entièrement hellénistique, avec une assemblée ("boulè") de sis cent membres, un président ("archonte") et dix délégués. Au moment de la grande révolte de 66 après Jésus-Christ, la population qui était peut-être devenue majoritaire, se divisa en deux groupes : l'un favorable aux Romains et l'autre, qui l'emporta, favaorable à la révolte. Après les deux révoltes juives manquées de 66-72 et 132-135, c’est autour de cette ville que se regroupa la communauté juive, l’accès à Jérusalem leur étant interdit. Car la ville se rendit au général romain Vespasien et sa population fut ainsi épargnée.

Trachonitide (*)

Région (" la rude ") appartenant au tétrarque Philippe citée par Lc 3,1 et constituées de deux districts volcaniques peu habités situés au sud-est de Damas.

Troas

En grec Alexandria Troas, en mémoire d’Alexandre le Grand. Ancienne cité du nord-est de la province romaine d’Asie, située sur la mer Égée, non loin de l’emplacement de la Troie homérique. À l’époque romaine, ce port prospère permettait des liaisons rapides entre l’Asie d’un côté, la Macédoine et la Grèce de l’autre. Saint Paul s’y rendit depuis Antioche, lors de son second voyage (Ac 16,8). Il y eut la vision d’un homme qui l’appelait au secours en Macédoine (Ac 16,9). Paul y retourna pour la traversée inverse (Ac 20,6) et y sauva la vie d’un jeune garçon nommé Eutychès (Ac 20,7-12). Il y fonda également une communauté (2Co 2,12 et 2 Tm 4,13 : la mention du manteau et des livres de Paul, laissés à Troas chez un certain Carpus).

Tyr

Double port sur la Méditerranée, au nord de la Palestine, comprise dans la province romaine de Syrie. Aujourd'hui: Sûr, au Liban (Mt 11,22; Mc 3,8 ; Mc 7,24). Cette ancienne ville phénicienne, à 32 kilomètres au sud de Sidon, était bâtie sur une île située dans l’antiquité à 1200 mètres de la rive. Alexandre le Grand fit construire une jetée pour la relier à la terre ferme et pour s’en emparer.

Voyages de saint Paul

Premier voyage -  Ac 13,4 - 14,28 vers les années 45 à 48

Syrie Antioche- Séleucie
Chypre Salamine - Paphos
Pamphylie Pergé - Attalia
Pisidie Antioche
Lycaonie Iconium - Lystres - Derbé
Syrie Antioche
 

Premier voyage de saint Paul
Deuxième voyage - Ac 15,36 - 18,22 - vers les années 50 à 53

Syrie Antioche
Cilicie Tarse
Lycaonie Derbé - Lystres - Iconium
Pisidie Antioche
Asie Troas
Macédoine Neapolis - Philippes - Thessalonique- Bérée
Achaïe Corinthe- Athènes
Asie Ephèse
Palestine Césarée- Jérusalem
Syrie Antioche
Second voyage de saint Paul
 

Troisième voyage Ac 18,23 - 21,16 vers les années 53 à 58

Syrie Antioche
Cilicie Tarse
Galatie
Asie Ephèse - Troas
Macédoine Neapolis - Philippes - Thessalonique- Bérée
Achaïe AthènesCorinthe
Macédoine Philippes
Asie Troas - Milet
Lycie Patara
Palestine Tyr - Césarée- Jérusalem


Troisième voyage de saint Paul
 
Cartes tirées de Piero OTTAVIANO, Les fondements du christianisme, Salvator, 2009


Auteur : Fernand LEMOINE 

©  EBIOR, 16/01/2010