De la Création à la Croix Glorieuse

De Ebior
C'est une certitude, une Vérité de notre Foi, la Bible a un sens. Elle traduit le fait que la Révélation s'est poursuivie dans l'histoire et a culminé par la Passion et la Résurrection du Christ.

Le judéo-christianisme enseigne que le monde a une histoire et qu'a préexisté à sa création le projet d'amour de Dieu.Oui, Dieu de toute éternité, avait un projet grandiose : celui de se révéler aux hommes, et de leur proposer son Alliance.

Et l'histoire s'achèvera "à la fin des temps" par la Glorification du Christ "quand Il sera tout en tous".

La Bible nous le fait savoir, et nous en expose le sens et la portée.

Symboliquement, en français, la Bible commence en Gn 1,1 par "Au commencement...... donc par la première lettre de l'alphabet A, et se termine en Ap 22,20 par "Marana Ta" (viens Seigneur Jésus) donc par T, dernière lettre de l'alphabet hébreux ancien, le Thav.

Le '''Thav, T hébreu''', symbolisait déjà le '''Nom''' (la présence) de Dieu. Il a en outre la forme d'une croix. Et le Christ est mort sur la Croix.

LeT (Tau grec) représentait donc, en outre, pour les chrétiens des premiers siècles la victoire du Christ sur la mort, Sa Résurrection, Sa Glorification. Il affirmait que le Christ est Dieu, Seigneur.

Dès le début de l'Eglise, les onctions saintes, telle celle du baptême, ont la forme du Thav, conformément à la demande du Seigneur en Ezéchiel <tooltip text="(Ez8 4-6)">4. Et voici, la gloire du Dieu d'Israël était là, telle que je l'avais vue en vision dans la vallée.
5. Il me dit: Fils de l'homme, lève les yeux du côté du septentrion! Je levai les yeux du côté du septentrion; et voici, cette idole de la jalousie était au septentrion de la porte de l'autel, à l'entrée.
6. Et il me dit: Fils de l'homme, vois-tu ce qu'ils font, les grandes abominations que commet ici la maison d'Israël, pour que je m'éloigne de mon sanctuaire? Mais tu verras encore d'autres grandes abominations.</tooltip> et à la prescription de l'Ange de l'Apocalypse (<tooltip text="Ap.7,3-4">3. Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu.
4. Et j'entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau, cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d'Israël:</tooltip>). Ce T était gravé sur tous les monuments chrétiens, toutes les maisons chrétiennes. Il rappelait ainsi le Nom de YHWH, symbolisait la présence de Dieu et affirmait la divinité du Christ.

Ce n'est qu'à partir du 5ème siècle que la croix est perçue prioritairement comme l'instrument de supplice, le gibet, le symbole de la Passion du Christ avec hélas! pour conséquence le glissement d'un certain christianisme vers le dolorisme...

Mais pour nous, le T doit figurer la croix glorieuse de la Résurrection du Christ, être signe de joie et d'espérance.

C'est la proclamation du Christ ressuscité vers qui nous nous acheminons (nous ressusciterons nous aussi un jour grâce à la mort et à la résurrection du Christ), Christ qui sera pleinement glorifié quand Dieu, comme Il nous l'a promis, sera Tout en tous.

La Bible Hébraïque commence en Gn 1,1 par "Berechit" (au commencement) donc par la deuxième de l'alphabet, B, et non par la première A "Aleph".

Est-ce une contradiction avec le symbolisme que nous venons d'expliquer ? Non, bien sûr. L'éclat de la Vérité est comme celui du diamant : plus il a de facettes, et plus il resplendit.

Cette apparente contradiction a une explication.

La tradition hébraïque voulait que la première lettre de l'alphabet "aleph" soit la lettre qui désigne Dieu, la lettre divine, donc une lettre muette, car on ne prononçait pas le nom de Dieu., parce que Dieu est Esprit, et que prononcer Son nom serait limiter Sa nature, se L'approprier en quelque sorte.

Et le nom de Dieu, Yahvé n'a été révélé qu'à Moïse par Dieu 1ui-même (<tooltip text="Ex 3,14">14. Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui s'appelle 'je suis'm'a envoyé vers vous.</tooltip>) . Avant Moïse, les Hébreux invoquaient le Dieu de leurs pères, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

Mais la création ne constitue pas un début absolu.

Avant la création, il y a Dieu et Son projet d'amour sur le monde. Dieu créa le monde et toutes les créatures selon Son projet. Puis Il se révéla aux hommes, leur proposa Son Alliance. Et le plan divin culminera en Jésus-Christ qui préexistait à la création.

Lorsque l'on a compris cela, tout devient alors lumineux.

La lettre A "aleph" atteste le projet d'amour sur le monde conçu par Dieu dès avant la création . Puis, vient Berechit, B, qui matérialise la création, le commencement de l'Histoire. Mais B est aussi la première lettre de Barech qui signifie bénédiction. Car il nous faut préciser que les mots hébreux s'écrivaient exclusivement avec des consonnes, sans voyelles. La sonorité vocalique précise la signification du terme. C'est ainsi que Berechit (au commencement) et Barech (la bénédiction) sont de même transcrits par B-R-C-H.

Et quand l'hébreu n'eut plus qu'un usage principalement liturgique, des rabbins spécialistes, les Massorètes, mirent au point un système de notation des voyelles par points. Entre 750 et 1000 ans après Jésus-Christ, ils fixèrent ainsi le texte de la bible hébraïque dans le but d'éviter toute déviation.



Auteur : Isabelle AMI

© Afale Magazine, n° 219, 1997</tooltip>