L'Epiphanie (II)

De Ebior

Dans l'Apocalypse, le dernier livre du Donné Révélé, qui veut dire précisément , Révélation, Jésus confirme le signe de l'Étoile :

"Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour attester ces paroles concernant les Églises. Je suis le rejeton de la race de David, l’Étoile brillante (radieuse) du matin (22 16)

Les mages

"Où est le Roi des Juifs qui vient de naître " demandent les mages, Mt 2 2.

C'est ce titre de Roi qui soulève la jalousie des rois de la terre, d'Hérode à César, à tous les Césars, même lorsqu'ils s'appellent Adolphe Hitler, Joseph Staline ou Mao Tse Tung. Ce sera toujours le motif invoqué pour la condamnation à mort de Jésus 

"Es-tu le Roi des. Juifs " demande Pilate. (Jn 18, 33 - 19, 12-15 et 22). "Pourtant le royaume de cet Enfant n’est pas de ce monde . Mais c’est par lui qu’on règne en ce monde. "C’est par Moi que règnent les rois " " dit le Livre des Proverbes 8, 15. Les mages l’appellent le Roi des Juifs. Mais il est le Créateur et le Seigneur des anges" (Fulgence)

"Nous avons vu son étoile"." expliquent les mages.

Y-a-t-il eu une véritable étoile ?

Chaque année les astrophysiciens se posent la question. Or, quand on sait l'importance qu’accordaient à l'astrologie les Perses, et les Juifs du ler siècle (comme nous-mêmes au XXe siècle à l'horoscope), comment ne pas opter pour l'authenticité de l'événement? Événement qui, en outre, est en parfaite cohérence et concordance avec l'affirmation énoncée dans les documents récemment découverts à Qumram : que le Messie attendu "aura son horoscope", sera annoncé dans le ciel par la position des astres (sens premier du terme horoscope ) Observons en approfondissant le texte de l'Évangile que c'est l'astre nouveau qui amène les mages au Messie et non pas un horoscope qu’ 'auraient tiré les mages qui les a incités à partir. Le Christ ne dépend pas de l'étoile. Il est le Créateur du ciel et de la Terre et utilise les événements et les hommes, ici les mages, pour Se révéler à nous. (La Bible chrétienne).

"Un astre brille dans le ciel" dit Saint Ignace d'Antioche. "Alors est détruite toute magie et l’ignorance dissipée... Les mages n'hésitent pas à quitter leurs idoles pour adorer l’auteur des étoiles " et même à tout quitter-, comme Abraham, sans savoir où ils vont. 

Vive émotion à Jérusalem

Les déclarations des mages mettent en émoi tout Jérusalem alors qu’ Hérode pas plus que le Sanhédrin et personne à Jérusalem n'avait rien vu, rien entendu, rien su de l'événement récent de Bethléem "Hérode apprenant cela fut pris d’inquiétude et tout Jérusalem avec lui . Il réunit les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israël pour leur demander en quel lieu devait naître le messie. Ils lui répondirent : "Bethléem de Juda. Il est écrit par le prophète " Et toi Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le ,pasteur de mon Peuple, Israël " (Mi 5) Alors il convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue , puis il les envoya à Bethléem en leur disant: ‘Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que j’aille moi aussi, me prosterner devant lui (Mt 2 2-9)

Mais Hérode est un fourbe, un hypocrite dont les critères sont innombrables. Il se dispose à en ajouter un nouveau à une liste pourtant déjà longue. Derrière ce soi-disant désir de rendre hommage à l'Enfant , se dissimule la volonté de le tuer et de tuer, tous les enfants de Bethléem en bas âge "Sur ces paroles du Roi, ils partirent ", et ils cheminèrent suivant la direction indiquée la prophétie de Michée. "Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait: elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’Enfant. Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie!" (Mt 2-9).

Voici qu'est donné à ces païens , nos précurseurs, le grand privilège réservé jusqu’alors au Peuple élu : la Colonne de nuée qui guidait les Hébreux au désert "Et le Seigneur allait devant eux le jour en colonne de nuée pour leur montrer la voie, et la nuit en colonne de feu pour les éclairer (Ex 13,21)

L'étoile précède et guide les mages dans leur marche vers l'Enfant-Dieu.

"En entrant dans la maison, ils virent l’Enfant avec Marie, sa Marie; et tombant à genoux, ils se prosternèrent devant Lui . Ils ouvrirent leurs coffrets et Lui offrirent leurs présents: de l’or, de l’encens et de la myrrhe Mt 2, 10-12. Ils arrivent. enfin au but de leur long voyage. Ils se prosternent devant Jésus et l'adorent. Avec la courtoisie si délicate des Orientaux, ils ne viennent pas les mains vides. Leurs cadeaux sont royaux.

De l'or comme à un roi très puissant, de l’encens comme au Grand-Prêtre, de la myrrhe pour sa sépulture ," dit la Tradition.

L'or est la grande, la véritable idole des hommes de tous les temps. L'or fascine et éblouit les hommes. 
Son symbolisme est clair : idoles en or (le veau d'or), monnaie d'or, lingots d'or, 
(et les biens qu'il procure, la volonté de puissance qu’il engendre... )
L'encens est l'un des ingrédients indispensables pour rendre un culte à la divinité. 

Tous les prêtres païens ou juifs, les chrétiens aujourd'hui, faisaient et font encore brûler de l'encens devant l'autel. Au Temple de Jérusalem, l'encens brûlait sans cesse sur l'autel des Parfums. L'encens est le symbole de la prière, et de l'adoration de l'homme montant vers le ciel

La myrrhe. La myrrhe et l'encens brûlaient ensemble au cours des sacrifices du Temple. 
Mais la myrrhe, elle aussi, a un symbolisme bien spécifique : celui de l'amour des hommes pour le Dieu tout-puissant.


En effet, dans le Cantique des Cantiques, ce poème sublime qui exprime l'amour de l'Époux, le Bien-Aimé (symbole prophétique du Christ, selon les Pères) et de ]'Épouse (symbole prophétique du Peuple de Dieu), l'Épouse s'écrie : "Mon Bien-Aimé est un sachet de myrrhe qui repose entre mes seins (1 13), autrement dit " sur mon cœur" . La myrrhe a cette propriété d'exhaler une odeur délicieuse au contact de la peau. D'où son symbolisme d'amour délicat et profond.

Les cadeaux : l'or, l'encens et la myrrhe, offerts à Jésus-Christ par les mages expriment leur "retournement" complet, leur conversion. Auparavant symboles de l'idolâtrie et du culte rendu aux idoles, voici, par un acte de foi total, l'or, l'encens et la myrrhe, consacrés au Dieu Vivant et Véritable qui se fait Homme en Son Fils Jésus-Christ.

L'or n'est pas (ne doit plus être) une idole, mais doit être au service du Seigneur et des hommes de bonne volonté.L'encens et la myrrhe ne doivent plus brûler devant les idoles. mais devant Dieu. Déjà avant les mages, étaient accourus les bergers reconnaître en Jésus Sauveur, le Christ-Seigneur. Ainsi se rejoignent simples et sages, pauvres et riches dans leur- générosité, peuple d'Israël et premiers païens convertis. Ces hommes humbles sont les premiers d'une multitude de peuples qui, à leur suite, et toujours de plus en plus nombreux, abandonneront leurs idoles et viendront se prosterner devant Jésus Notre Seigneur, Lumière pour éclairer les nations et Gloire d'Israël.

Rendons Gloire à Dieu pour la Lumière de l'Épiphanie. Et fêtons-la dignement nous-mêmes dans nos familles.

Devant notre coin prière, écoutons avec tout notre cœur ce magnifique Évangile. Commentons-le. 
Confions à Jésus nos questions et laissons-nous convertit- à sa Lumière. 
Chantons la Gloire du Christ, célébrons les bergers et les rois-mages qui en suivant l'étoile nouvelle nous montrent le chemin qui conduit 
tout droit à Jésus, à Marie et à Joseph. 

Terminons par une délicieuse galette. Cherchons, comme les mages, la lève qui nous fait rois a la suite de Jésus-Christ, Seigneur et Roi. Bonne Fête de l'Épiphanie à tous

Françoise Lucrot