Glossaire des personnages de l'époque du Nouveau Testament

De Ebior
Voir également le tableau des principaux personnages politiques en Palestine à l'époque du Christ

ABIATHAR

Ou Ebyatar, grand prêtre avec Sadoq sous le règne du roi David, cité en Mc 2,26. Selon 1Sm 22,20 c'est son père Ahimelek, prêtre de Nab, qui remit les pains de proposition à David alors qu'en 1Ch 24,6 Abiathar est le père d'Ahimelek.

ABRAHAM

ancêtre du peuple élu. Il vivait probablement vers le 19e siècle avant Jésus-Christ et était originaire d'Our, ville au bord de l'Euphrate, en Mésopotamie (actuellement Irak). Sa vie est marquée par des actes qui montrent une grande foi en Dieu : le départ de son pays, la confiance en la promesse divine d'une descendance, ainsi que le sacrifice de son fils Isaac qu'un ange empêcha à la dernière minute, préfiguration du sacrifice du Christ. Il est le Père du peuple à qui fut donnée la Terre Promise mais également le Père des croyants (Rm 4,16), ancêtre des juifs, des chrétiens et des musulmans. Il est cité dans les généalogies du Christ ( Mt 1,2 et Lc 3,34) ainsi que dans le rappel de l'épisode du buisson en flammes (Mc 12,26 et Mt 22,32).

ALEXANDRE

Nom grec signifiant "protecteur des hommes".
(1) un des deux fils de Simon de Cyrène qui fut réquisitionné pour aider Jésus à porter sa croix et frère de Rufus(Mc 15,21). En 1962 on a découvert, dans la vallée du Cédron à Jérusalem, une tombe portant l'inscription «Alexandre de Cyrène». La probabilité qu'il s'agisse de la même personne n'est pas négligeable car trois éléments sont réunis : un prénom peu courant chez un juif, l'origine dans une ville assez éloignée de Libye en Afrique, la vie à Jérusalem puisqu'il y fut enterré.
(2) fils d'Hérode le Grand, né de Mariamme l'Hasmonéenne, tué avec son frère Aristobule sur ordre de leur père vers 7 avant Jésus-Christ.
(3) juif d'Éphèse qui n'a pas pu s'exprimer devant l'assemblée du peuple en Ac 19.33-34. C'est peut-être le même homme que Paul dit "avoir livré à Satan" en 1Tm 1,20 ainsi que le fondeur qui s'est opposé à Paul en 2Tm 4,14.

ALPHÉE

Nom grec signifiant "remplace"
(1) Père d'un apôtre appelé Jacques le Mineur, à ne pas confondre avec l'autre, Jacques le Majeur, fils de Zébédée(Mc 3,18). Certains auteurs l'identifient avec Clopas, l'époux d'une femme nommée Marie, présente au pied de la croix de Jésus (Jn 19,25)
(2) Père du percepteur d'impôts Lévi (Mc 2,14) devenu sans doute Matthieu.

AGRIPPA I

Petit-fils d'Hérode le Grand par son père Aristobule, né vers 100 avant Jésus-Christ, Agrippa I fut nommé par l'empereur romain Caligula en 37, roi des anciens territoires de Lysanias et de Philippe. Puis en 39, il obtint la Galiléeet de la Pérée comme successeur d'Hérode Antipas après la disgrâce de ce dernier. Enfin, en 41, par la faveur de l'empereur Claude, il reçut la Judée et la Samarie. Il règne alors sur toute la Palestine comme son grand-père jusqu'à sa mort en 44 à Césarée. Comme lui, il procéda à de grands travaux. Ce sera le dernier roi des juifs reconnu comme tel par les romains. Très pieux, il était apprécié du peuple et des pharisiens. C'est sans doute sous leur influence qu'il persécuta l'Église naissante de Jérusalem (Ac 12 1), fit emprisonner Simon-Pierre (Ac 12 3), et fit exécuter Jacques, frère de Jean. Il mourut à Césarée frappé par l'ange du Seigneur à cause de ses prétentions divines, rongé par les vers (Ac 12,23). Remarquons que les Actes des Apôtres l'appellent simplement Hérode et non Agrippa.

AGRIPPA II

Fils d'Hérode-Agrippa I, il reçut en 48 les possessions de son oncle Hérode de Chalcis puis en 53 les anciennes tétrarchies de Philippe et de Lysanias et en 54 une partie de la Galilée autour de Tibériade et de la Pérée autour de Julias. Il possédait également un droit de tutelle sur le Temple de Jérusalem avec le pouvoir de nommer le grand prêtre. À la différence de son père, le peuple juif ne l'aimait pas à cause de sa vie privée dissolue. Avec sa sœurBérénice, il assista à l'interrogatoire de Paul que le  procurateur Porcius Festus avait fait comparaître devant lui (Ac 25 13Ac 26 32). Après avoir soutenu les Romains pendant la révolte juive des annés 66 à 70, bien que bon connaisseur du judaïsme (Ac 26,3), il mourut vers 93 et son royaume sera alors rattaché à la province romaine de Syrie. Plus aucun territoire ne sera désormais sous autorité juive.  C'est le seul roi désigné sous le nom d'Agrippa dans les Actes des Apôtres.

ANANIE

En hébreu Hananyah et en grec Ananias qui signifie "YH [forme abrégée de YHWH] s'est montré miséricordieux".
 (1)  Désigné comme grand prêtre en 46/47 après Jésus-Christ par Hérode, roi de Chalcis, il fut accusé d'actes de violence par Quadratus, gouverneur de Syrie, et envoyé à Rome en 52 pour y être jugé. Acquitté par l'empereurClaude, il fut assassiné en 66 par le peuple, comme "ami des Romains" au début de la grande révolte juive. Il se comporta également durement envers Paul, durant sa comparution à Jérusalem (Ac 23,2 et 24,1) devant Felix, le procurateur romain de Judée. On ne sait s'il fut destitué de sa charge en 52 ou en 59.
(2) Un autre Ananias, habitant Damas, accueillit l'apôtre Paul qui avait perdu la vue après sa rencontre avec le Christ (Ac 9,10-19 et 22,12-16)

ANTIPAS

Un des fils d'Hérode le Grand, (son nom est l'abréviation d'Antipater qui en grec signifie «le portrait de son père»), né de Malthacé la Samaritaine, sa cinquième épouse. Il régna comme tétrarque - et non comme roi à la différence des autres Hérode de la famille ( Lc 3,1)- de 4 avant Jésus-Christ à 39 après Jésus-Christ sur la Galilée et sur la Pérée.Cependant il avait le pouvoir d'un souverain et était désigné par le terme de roi dans l'usage populaire (Mc 6,14). Il répudia sa première femme, la fille du roi nabatéen Aretas IV pour épouser Hérodiade, femme de son demi-frèreHérode-Philippe. A l'instigation de celle-ci, il fit arrêter et décapiter Jean-Baptiste qui lui reprochait cet adultère (Mc 6 17; Mt 14 1). 
Dans les Évangiles, ce prince, toujours désigné par le seul nom d'Hérode, est qualifié par Jésus de «renard» (Lc 13 32). En effet, il se comporta de manière plus habile que son frère Archelaus. Ce fut d'ailleurs le seul Hérode que Jésus rencontra dans le palais des Hasmonéens sur l'un des points culminants de la ville haute et son activité publique se situe principalement dans la tétrarchie d'Hérode-Antipas. Attiré par le surnaturel, le souverain  semble intéressé par les rumeurs qui circulent autour de Jésus. Antipas espérait assister à un prodige accompli par celui-ci mais il fut décu dans sa curiosité et n'obtint aucune réponse lors de son interrogatoire (Lc 23,6-11).
Au cours du procès de Jésus, Pilate renvoya ce dernier à Hérode, qui séjournait à Jérusalem pour la Pâque, parce qu'il était Galiléen (Lc 23 8). Les deux hommes étaient des rivaux car le tétrarque n'hésitait pas à manoeuvrer contre les autorités romaines. Avec ses frères, il avait adressé une lettre à l'empereur Tibère pour que Ponce Pilate fasse enlever des boucliers qui offensaient la foi juive. 
Battu par Aretas qui voulait venger l'honneur de sa fille, accusé par Agrippa I  de vouloir être reconnu comme roi, il fut destitué par l'empereur Claude en 39 après Jésus-Christ et exilé avec Hérodiade dans le sud de la Gaule, probablement à Saint-Bertrand de Comminges (Lugdunum). Hérode Antipas est cité par après dans la prière de la communauté chrétienne en Ac 4 27 . Il construisit en l'honneur de l'empereur Tibère, la ville païenne de Tibériade, sur le lac de Galilée mais en pays juif ce qui constitue une véritable provocation, et sur l'emplacement d'un ancien cimetière, en violation de la loi juive. De plus, il y fit peindre ou sculpter des images d'animaux, autre violation flagrante (Ex 20,4 et Dt 4,17). 

ANTIPATER

En grec, "l'égal du père". Un des fils d'Hérode le Grand, né de Doris, tué sur ordre de son père quelques jours avant sa propre mort.

ARCHELAUS

En grec, "le chef du peuple". Un des fils d'Hérode le Grand, né de Malthacé la Samaritaine, frère d'Hérode-Antipas. En 4 avant Jésus-Christ, il fut nommé, par les romains, ethnarque - et non roi - de la Judée, de la Samarie et de l'Idumée , soit la moitié des territoires controlés par son père. C'est pour échapper à son caractère cruel que Joseph et Marie viennent s'établir en Galilée, qui relevait de la juridiction de son frère Antipas (Mt 2 22). C'est la seule mention de ce souverain dans le Nouveau Testament. De nombreuses révoltes eurent lieu sous son règne dont celle de Judas de Gamala en Galilée. En 6 après Jésus-Christ, à cause de son despotisme, il fut destitué par l'empereur Auguste, sur plainte des Juifs, exilé à Vienne en Gaule et remplacé par un préfet-procurateur. Son domaine devint la province romaine de Judée.

ARISTOBULE

En grec, "le meilleur conseiller". Fils de la première femme d'Hérode le Grand, Mariamme l'Hasmonéenne, il fut tué sur ordre de son père avec son frère Alexandre vers 7 avant Jésus-Christ. C'est le père d'Hérode Agrippa I et d'Hérodiade.

BARABBAS

En araméen,  Bar Abba , "le fils du père", sans doute le fils d'un homme respecté, peut-être un pharisien chef d'école.
Barabbas avait été arrêté et était emprisonné lorsque Jésus comparaissait devant le sanhédrin et devant Pilate. Les chefs juifs ont insisté auprès du gouverneur pour que Barabbas soit relâché, en même temps qu'ils poussaient Pilate à condamner Jésus à mort. Contemporain de Jésus Christ, Barabbas est souvent présenté comme un résistant qui luttait de façon violente contre l'occupant romain. Mais le Nouveau Testament parle simplement d'un brigand qui a commis un meurtre durant une émeute ( Mc 15,4; Ac 3,14). Nous ne connaissons aucune révolte violente anti-romaine à l'époque du Christ et cette émeute pouvait être dirigée contre les autorités juives. De plus il est peu vraisemblable que la foule demande à un gouverneur romain la grâce d'un opposant à ce même pouvoir romain. Remarquons que certains manuscrits anciens de l'évangile de Matthieu lui donnent Jésus comme prénom, ce qui est vraisemblable mais non assuré. Il pourrait s'agir soit d'un ajout par esprit de symétrie soit d'une suppression d'un parallélisme gênant entre les noms qui aurait permis un jeu de mots à Pilate : "Quel Jésus dois-je libérer ?" 

BARNABÉ

En hébreu et en araméen, « fils de prophète » ou « fils de consolation ». C’est le surnom d’un lévite originaire de Chypre, dont le nom est Joseph.
C’est un homme généreux qui vendit ses biens à la première communauté chrétienne de Jérusalem (Ac 4,36-37) , à qui il présenta Paul (Ac 9,26-27) qui leur était suspect à cause de ses persécutions antérieures contre les chrétiens. Barnabé fera venir Paul à Antioche, la grande métropole païenne, pour y  annoncer conjointement l’évangile. Ensuite ils partiront ensemble, avec Jean Marc son cousin, pour Chypre, patrie de Barnabé puis pour l’Asie mineure, en particulier en Pamphylie, en Pisidie et en Lycaonie :  c’est le « premier voyage missionnaire de Paul ».
Tous deux participeront également à « l’assemblée des apôtres et des anciens », traditionnellement appelée « concile de Jérusalem » (Ac 15, 2.12 et 22) qui trancha négativement au sujet des obligations rituelles de la loi de Moïse à imposer aux païens convertis sans être passés par le judaïsme.
Une querelle éclata entre les  deux hommes parce que Jean-Marc les avait abandonné lors de leur voyage précédent : Barnabé voulait reprendre son cousin et Paul s’y opposa. Barnabé et Marc s’embarquèrent pour Chypre où, selon la tradition, le premier cité mourut lapidé dans la capitale de l’île, Salamine.
En 1Co 9,6  Paul parle de Barnabé en termes fraternels, ce qui indique que leur rupture n’avait été que passagère. L’Église l’honore du tire d’apôtre, tout comme Paul.
Une épitre, non canonique malgré l'opinion opposée de CLEMENT d'Alexandrie et d'ORIGENE, lui est attribuée. Datant sans doute du début du deuxième siècle, elle développe l'opposition classique des deux voies, le chemin de la vie et le chemin de la mort.

BARTIMÉE

mendiant aveugle de Jéricho, que Jésus guérit (Mc 10,46-52). Matthieu (20,29-34) parle, sans les nommer, de deux aveugles. Son nom araméen, Bar-Timée, signifie «fils de Timée». Il appelle Jésus «fils de David», ce qui équivaut à reconnaître en lui le Messie.

BÉELZÉBOUL

ou Beelzebouth, ancienne divinité adorée par les Philistins dans la ville d'Ekron. Son nom peut signifier «seigneur des mouches» («Zebub» par déformation volontaire), ou encore «seigneur du fumier». Par extension, nom donné au chef des démons, Satan, et à Jésus lui-même par les pharisiens (Mc 3,22 et Mt 10,25). Il n'est pas utilisé ailleurs, en opposition avec son emploi ultérieur dans la sorcellerie sous le nom de Belzébuth.

BÉRÉNICE

En grec, "qui attire la victoire".
Fille du roi Agrippa I, née en 28, elle fut veuve très tôt du neveu de l'écrivain Philon d'Alexandrie et épousa ensuite son oncle Hérode II, roi de Chalcis. Veuve une seconde fois, elle vécut alors avec son frère Agrippa II. En sa compagnie, elle rencontra Paul lors de sa captivité à Césarée en l'an 60 (Ac 25 13Ac 26 32), décidée par le procurateur Festus. Pendant la guerre juive, en 68, elle devint la maîtresse du général romain Titus, futur empereur de 79 à 81 après Jésus-Christ. Celui-ci l'emmèna à Rome mais renonça à l'épouser, par crainte de l'opinion publique. Après sa répudiation par Titus, elle retourna vivre à Tibériade, avec son frère Agrippa II, dans le palais construit par son grand oncle Antipas. La date de sa mort n'est pas connue.

CAÏPHE

En hébreu Yosef Qayafa , Joseph "le singe " ou "le tyran" , sans doute un jeu de mots sur son comportement. 
Son fils Elyehoeanay est sans doute le même que Elionaeus ben Kantheras, nom d'un des derniers grands prêtres à avoir accompli le sacrifice de la vache rousse. En ce cas Caïphe appartiendrait à la famille sacerdotale des Kathros, une branche collatérale de la puissante famille des Boethos, originaire d'Alexandrie en Egypte et promue au grand pontificat par Hérode le Grand. Gendre de l'ancien pontife ]]Hanne dont il subit l'autorité morale, Caïphe fut nommé grand prêtre par le procurateur Valerius Gratius en 18 après Jésus-Christ, sous le règne de Tibère. Il le resta pendant le gouvernement de Pilate et fut destitué la même année que lui, en 36, par le légat impérial de Syrie, Vitellius. Par sa charge, comme représentant officiel du peuple juif auprès des autorités romaines, il était le président du sanhédrin : c'est à ce titre qu'il interrogea Jésus dans son propre palais (Mt 26,57 et Jn 18,13) , qu'il conclut au blasphème méritant la mort (Mt 26,63-66 et Mc 14,61-64) et qu'il le livra au gouverneur romain Ponce Pilate. 
En 1990, a été découvert dans un tombeau au sud de Jérusalem un ossuaire contenant les ossements de plusieurs personnes dont ceux d'un homme d'environ 60 ans. Comme cet ossuaire porte l'inscription "Joseph fils de (ben) Caïphe", il est vraisemblable qu'il s'agisse du même personnage. Voir A la découverte du monde biblique

CÉSAR

Nom de personnages de la famille de Jules César devenu un titre donné à tous les empereurs romains postérieurs. À l'époque de Jésus, les Romains étaient l'occupant. Trois empereurs sont cités nommément dans le Nouveau Testament et un quatrième par allusion :
Auguste, en latin Caius Octavius Thurinus devenu Caius Iulius Caesar Octavianus, à la mort de son père adoptif, Jules César. Il était le fils d'Atia (85 avant Jésus-Christ - 43 avant), elle-même fille de Julia Caesaris Minor (101 avant Jésus-Christ - 51 après Jésus-Christ), la soeur de Jules César.
Auguste est le surnom donné en 27 avant Jésus-Christ par le sénat romain à Octave, petit-neveu de l'ancien dictateur. C'est lui qui ordonna le recensement (Lc 2,1) pendant lequel naquit Jésus.
Tibère, en latin Tiberius Claudius Nero devenu Tiberius Iulius Caesar Augustus à la mort de son père adoptif Auguste.
Troisième mari de Julia l'aînée (32 avant Jésus-Christ - 14 après Jésus- Christ), unique enfant d'Octavien Auguste, le successeur de ce dernier  régna du 19 août 14 au 16 mars 37 (Lc 3,1). Cette mention historique («l'an quinze du règne de Tibère») bien que fort discutée, est fondamentale pour établir la chronologie de la vie de Jésus. Car c'est sous son règne que se déroula toute la vie publique du Christ et c'est à lui que Jésus fait allusion lorsqu'il déclare "Rendez à César ce qui appartient à César" (Mt 22,17-21). La fin de son règne, lors de sa retraite dans l'île de Capri, fut marquée par la terreur, ce qui lui explique la peur de lui désobéir manifestée par Ponce Pilate (Jn 19,12-16). C'est en son honneur qu'Hérode Antipas donna le nom de Tibériade à la ville qu'il avait fondée sur les bords du lac de Galilée.
Claude, en latin Tiberius Claudius Nero Caesar Drusus, fils de Drusus, frère de Tibère et d'Antonia Minor (36 avant Jésus-Christ - 37 après Jésus- Christ). Celle-ci est la fille cadette du célèbre triumvir Marc Antoine (83 avant Jésus-Christ - 30 après Jésus- Christ) et d'Octavia Minor (69 avant Jésus-Christ - 11 avant Jésus- Christ), la soeur d'Auguste.
Claude  naquit le 1er août 10 avant Jésus-Christ et mourut le 13 octobre  54. Il est cité en Ac 11,28 à propos d'une famine qui sévit dans tout l'empire et en Ac 18,2 (expulsion de Rome des juifs chrétiens Priscille et Aquilas)  ce qui correspond à l'édit, mentionné par l'historien romain Suétone, qui expulsa les juifs de Rome en 49-50. Les deux premiers voyages de saint Paul eurent lieu sous son règne.
Néron, en latin Lucius Domitius Ahenobarbus devenu Nero Claudius Caesar Drusus après son adoption en 50  après Jésus-Christ par l'empereur Claude. Il était le fils d'Agrippine la Jeune (15 après Jésus-Christ - 59 après Jésus- Christ) dernière épouse de Claude, petite nièce de Tibère et arrière-petite-fille d'Auguste.
Néron qui  régna de 54 à 68 est  l'empereur non nommé mais désigné sous le titre d'Auguste, devant qui Paul demanda à comparaître (Ac 25,12; 26,32; 27,2428,19) dans les années 58 à 60 après Jésus-Christ. C'est sous son règne que Paul subit sa captivité et son martyr à Rome. ==

CLOPAS

Forme araméenne de Cléopas, diminutif masculin du nom grec Cléopatre. 

Cité en Lc 24,18, il est vraisemblablement l'époux d'une des saintes femmes citées en Jn 19,25.  Il est parfois identifié avec Alphée : dans ce cas Clopas et Alphée proviendraient du même nom araméen Cholphaï. Il est également considéré par Eusèbe de Césarée comme un frère de saint Joseph. Malgré la ressemblance des noms, il ne doit probablement pas être identifié avec Cléophas, un des deux disciples d'Emmaüs (Lc 24,18)  ==

COLLABORATEURS DE PAUL

Voir BarnabéMarcSilasTimothée et Tite

 DAVID

Fils de Jessé, né à Bethléem, roi du peuple hébreu, qui vivait vers l'an 1000 avant Jésus-Christ. Une prophétie, prononcée du vivant de David (2S 7,12), annonçait que le Messie serait issu de sa lignée, d'où l'expression «Fils de David» pour désigner Jésus en Mc 10,47-48 et le Messie en Mc 12,35. Pour cette raison, mais aussi à cause de son histoire personnelle, David est une figure très importante de la Bible, modèle du pouvoir selon la volonté de Dieu et sa place s'impose dans les généalogies du Christ (Mt 1,6 et 17 et Lc 3,31). Sous son règne, les douze tribus étaient encore réunies, alors que par la suite elles se séparèrent en deux royaumes autonomes : Israël et Juda. Salomon, l'un de ses fils, lui a succédé sur le trône. ==

ÉLIE

prophète de l'Ancien Testament, dont le nom signifie «Mon Dieu est YHWH», qui vivait au 9e siècle avant Jésus-Christ et qui a gardé sa foi en Dieu malgré les persécutions. Comme il est monté au ciel au lieu de mourir, enlevé par le Seigneur, les Juifs croyaient qu'il allait revenir sur terre peu de temps avant le Messie (Mc 9,11-13 et Mt 6,15).Cette conception n'a rien à voir avec la réincarnation, comme on l'affirme parfois. Interrogé sur ce point, Jean le Baptiste nia être Élie (Jn 1,21). Lorsque Jésus fut transfiguré, il était en compagnie d'Élie et de Moïse, témoins de sa gloire anticipée (Mc 9,4). Le Nouveau Testament considère la prière d'Élie comme l'exemple de la prière efficace du juste (Jc 5,16-18) et rappelle la révélation de la gratuité de la grâce divine reçue à l'Horeb (Rm 11,2-6) ==

ÉLISABETH

Transcription grecque de l'hébreu Elicheba ("Dieu est plénitude"), nom de la femme d'Aron.
C'est la femme du prêtre Zacharie, mère de Jean le Baptiste et vieille cousine de Marie. Elle fut libérée de sa stérilité sur le tard (Lc 1,7-24), comme Sarah, la mère d'Isaac. Son mari Zacharie fut prévenue par un ange de la naissance d'un fils (Lc 1,11-18) qui allait devenir un nouvel Élie (Lc 1,17). Par la suite, Élisabeth reçut la visite de Marie, sa parente (Lc 1,39-56), à qui elle adressa la célèbre salutation reprise dans la prière de l'Ave Maria (Lc 1,42). C'est elle qui donnera à son fils un nom, Jean (Lc 1,60), étranger à la tradition familiale. ==

FELIX

en latin Antonius Felix, nom du procurateur romain de la Judée et de la Samarie entre 52 et 59. Affranchi d'Antonia, mère de l'empereur Claude, d'où son nom, il épousa Drusille, la plus jeune fille d'Agrippa I et la soeur de Bérénice (Ac 24,24). Pendant son gouvernement Paul demeura prisonnier deux ans à Césarée (Ac 23,33 ; 24,37) et comparut deux fois devant son tribunal. Violent, cruel et âpre au gain, il fut deux fois démis de ses fonctions, une première fois sous Claude, une seconde fois sous Néron. Son successeur se nomme Festus. ==

FEMMES (SAINTES)

Nom traditionnel donnés aux disciple féminins de Jésus qui l'accompagnèrent durant sa mission. Cinq femmes au moins sont ainsi connues mais il est difficile de savoir si "l'autre Marie" correspond à une seule ou à plusieurs personnes différentes. De plus d'autres femmes, non nommées, ont également suivi Jésus (Lc 8,3 et Mt 27,55 ) 

  • Marie de Magdaladans la vie publique : Lc 8,1
    au pied de la Croix : Mt 27,56 et Mc 15,40 ; Jn 19,25-27 lors de l'ensevellisement : Mt 27,61
    au tombeau vide : Mt 28,1 et Lc 24,10
    lors de l'apparition du Christ : Jn 20,11
  • Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérodedans la vie publique : Lc 8,3
    au tombeau vide : Lc 24,10
  • Suzannedans la vie publique : Lc 8,3
  • Salomé, mère des fils de Zébédéeau pied de la Croix : Mt 27,56 et Mc 15,40 
    au tombeau vide : Mc 16,1
  • l'autre Marie ??lors de l'ensevellisement : Mt 27,61
    au tombeau vide : Mt 28,1 
    lors de l'apparition du Christ : Mt 28,9 et Mc 16,9
  • Marie, mère de Jacques et de Joseph (ou Joses)au pied de la Croix : Mt 27,56 et Mc 15,40 
    au tombeau vide : Mc 16,1 et Lc 24,10
  • la soeur de Marie, mère de Jésusau pied de la Croix : Jn 19,15-27
  • Marie, femme de Clopasau pied de la Croix : Jn 19,15-27

FESTUS

en latin Porcius Festus, nom du procurateur romain de la Judée et de la Samarie entre 59 et 62, successeur deFelix. C'est devant son tribunal à Césarée que Paul comparut. Avec l'appui d'Agrippa II et de Bérénice,  ce fut lui qui l'envoya à Rome pour être jugé comme citoyen romain par l'empereur (Ac 25-26), Néron à cette époque. Ce fut un bon politique et un homme intègre, différent de son prédécesseur mais il mourut en fonction. ==

HANNE

Fome abrégée d'Ananie , "miséricordieux", nom masculin ou féminin, dont celui d'Anne, épouse de Joachim et mère de la Vierge Marie.
C'est principalement le nom d'un  personnage tout-puissant et chef de la famille des Bene Hanin, en hébreu Hanan ben Seth. Désigné en 6 après Jésus-Christ par Quirinius, gouverneur de Syrie, il succéda comme grand prêtre, à l'âge de 36 ans à son frère Yehosua (Josué ou Jésus) ben Seth. Victime de l'avènement de Tibère à l'empire, il sera destitué en 15 après Jésus-Christ. Mais il saura se concilier les faveurs des procurateurs Valerius Gratius et Ponce Pilate et conserva un grand prestige dans le sanhédrin dont il était peut-être le doyen. C'est ainsi que Luc en 3,2 le cite comme repère historique en tant qu'ancien grand prêtre. Par la suite Hanne saura imposer son fils aîné Eleazar (16-17) puis son gendre Joseph Qayafa (18 - 36 ) - transcrit en Caïphe-. C'est sans doute dans la salle d'audience du Palais Hanin, fouillé jusqu'en 1983, que Jésus fut interrogé par Hanne (Jn 18,13) avant d'être envoyé devant son gendre Caïphe (Jn 18,24). Son nom est encore cité parmi les personnalités du sanhédrin, réunies pour juger Pierre et Jean (Ac 4,6). Plus tard, quatre autres de ses fils accéderont également au souverain pontificat : ==
  • Yehonatan ou Jonathan de 36 à 37, segan ou chef de la police du Temple, à l'époque de l'arrestation de Jésus
  • Théophile de 37 à 41 et Matthias de 41 à 43, peut-être trésoriers du Temple à cette même époque
  • Hanne le dernier qui fit lapider en 62, Jacques, le frère de Jésus.

HÉRODE (FAMILLE )

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Nom de plusieurs rois (en vert clair) et tétrarques (en vert foncé) de la Palestine au temps de Jésus dont le premier est Hérode le Grand. Celui-ci, de dix mariages différents, eut quatorze enfants : neuf fils et cinq filles . Voici une présentation très simplifiée de sa famille :


Pour une présentation plus complète, voir le site Historel

HÉRODE DE CHALCIS

Petit-fils d'Hérode le Grand et frère du roi Agrippa I, il règna sur le district de Chalcis dans le centre du Liban, au nord de l'Abilène de 41 jusquà sa mort en 48 après Jésus-Christ. Il avait épousé sa nièce Bérénice, la fille de son frère. Nommé inspecteur du Temple avec droit de choisir les grands prêtres, il désignera Ananie en 48.

HÉRODIADE

Elle fut mariée très jeune à Hérode-Philippe (Mc 6,17) (bien que cela soit contesté puisque Philippe est connu comme mari de Salomé mais il a pu avoir plusieurs femmes) par la volonté de son grand-père. Cette femme ambitieuse devint ensuite la maîtresse puis l'épouse d'Hérode Antipas qui n'est autre que le demi-frère de son premier mari. Comme Jean le Baptiste dénonçait cet adultère, elle obtint par un stratagème qu'Hérode Antipas fasse décapiter le prophète et lui apporte sa tête sur un plat (Mc 6,25). Elle exploita ainsi l'imprudence et l'orgueil de son époux qui ne pouvait se dédire devant ses convives. Par ailleurs, Hérodiade était elle-même petite-fille d'Hérode le Grand par son père Aristobule, nièce de son premier mari Hérode-Philippe, et nièce de son amant et second mari Hérode Antipas. Elle eut Salomé comme fille de son premier mariage. Tombée en disgrâce en 39 après Jésus-Christ, en même temps que son mari, elle fut également exilée à Lugdunum en Gaule, probablement Saint-Bertrand de Comminges.

HÉRODIEN

partisan d'Hérode Antipas, hostile à Jésus. Ils veulent le voir régner comme son père sur l'ensemble des territoires formés par la Galilée et la Judée-Samarie sous gouvernement romain. Ils apparaissent en Mt 22,16 et Mc 3,6; 12,13.

HÉRODE-PHILIPPE

Fils d'Hérode le Grand (Mc 6 17) et demi-frère d'Hérode Antipas, né de Mariamme II, la fille du grand prêtre Simon, il ne participa pas à l'héritage paternel et vécut à Rome. De son mariage avec Hérodiade qui l'abandonna au profit de son beau-frère naquit Salomé (Mt 14,3) qui devait obtenir d'Hérode Antipas la tête de Jean le Baptiste (Mt 14,8-11 Mc 6,24-28).

HÉRODE LE GRAND

Fondateur de la dynastie hérodienne, né vers 73 ( plutôt que 65 ou 60) avant Jésus-Christ d'un père iduméen, Antipater, ami du prince et grand prêtre hasmonéen Hyrcan II et d'une princesse arabe : il est  donc considéré comme un demi-juif. Il obtint de Rome en 40 avant Jésus-Christ le titre de roi de Judée (Mt 2 1). Manœuvrant avec habileté et férocité, il fera assassiner son épouse Mariamme I, petite-fille d'Hyrcan II. Ayant reçu la faveur du  triumvir Marc-Antoine puis du futur empereur Auguste, il  agrandit ses territoires avec l'aide des légions romaines jusqu'à régner sur toute la Palestine à l'exception de la Décapole. Son règne amena la prospérité économique et l'expansion politique pendant plus de trente ans.
 Bien que profondément helléniste de cœur, il se considérait comme un grand batisseur à l'égal de Salomon - ses nombreuses constructions à Samarie-Sebaste, à Césarée, à Hébron (le tombeau des patriarches) et à Jéricho le démontrent - il respecta les traditions du peuple juif et décida en 20 avant Jésus-Christ de rebâtir le Temple plus beau qu'il ne l'avait jamais été. Le Mur Occidental (improprement appelé Mur des Lamentations) actuel en est l'unique vestige. Il y ajouta à Jérusalem la forteresse Antonia, un hippodrome non encore découvert et un palais royal dont il subsiste une tour dite de "David". Il fit construire également les palais forteresses de Massada, de Macheronte et de l'Herodion.
 Cruel et sanguinaire, détesté des juifs pieux pour ses lourds impôts, sa complaisance envers Rome, ses usages païens et ses moeurs dissolues, il n'hésita pas à massacrer des membres de sa famille, entre autre ses fils Alexandre,Antipater et Aristobule. C'est sous son règne que date la naissance de Jean le Baptiste (Lc 1,5) et de Jésus-Christ (Mt 2,1). L'Évangile garde de lui le souvenir du massacre des innocents (Mt 2 16). Craignant que Jésus ne soit une menace pour son trône, il fit massacrer tous les enfants de moins de deux ans. Hérode mourut à Jéricho peut-être en mars de l'an 4 avant notre ère (des études récentes proposent plutôt en septembre de l'an 2 ou en janvier de l'an 1 avant Jésus-Christ) et fut enterré dans l'Herodion. Sa tombe n'a été découverte qu'en mai 2007, par une équipe d'archéologue de l'Université hébraïque de Jérusalem.

ISAAC

fils d'Abraham et de Sarah, père de Jacob. Comme son père, il est cité par Jésus dans sa controverse avec les sadducéens au sujet de la résurrection des morts (Mc 12,26). Les Pères de l'Église verront en lui une préfiguration du Sauveur, lui qui avait porté le bois du sacrifice dont il était la victime désignée.

ISAÏE

ou Ésaïe, prophète de l'Ancien Testament, qui vivait au 8e siècle avant Jésus-Christ et a annoncé le Christ. Il a connu les campagnes assyriennes contre Juda et Israël. Ses prophéties sont souvent citées par les Évangiles (Mc 1,2;Mc 7,6)Jésus appliquera à sa personne (Lc 4,17-22) le texte d' Is 61,1-2.

JACOB

(1) fils d'Isaac. Son nom apparait dans les généalogies du Christ (Mt 1,2 et Lc 3,34).
(2) Un autre Jacob est le père de Joseph, l'époux de Marie (Mt 1,15-16)

JACQUES

prénom, en hébreu Ya'aqôb , courant à l'époque de Jésus et identique au fils d'Isaac
Le Nouveau Testament mentionne plusieurs Jacques :
(1) un apôtre, frère de Jean, fils de Zébédée, appelé Jacques le Majeur.
(2) un autre apôtre, fils d'Alphée, appelé Jacques le Mineur pour ne pas le confondre avec le précédent.
(3) l'un des «frères» de Jésus, avec Joses, Jude  et Simon, appelé Jacques le Juste, chef de l'Eglise de Jérusalem (Ga 1,19) et mort par lapidation en 62 selon la mention de l'historien juif Flavius Josèphe. Cette expression a suscité de nombreuses hypothèses :
  • selon des auteurs modernes mais très peu d'auteurs anciens, il s'agirait de véritables frères comme André et Simon ou Jacques etJean. Mais plusieurs faits s'y opposent :
  1. Jésus est le seul enfant à Nazareth (Lc 1,34 et Lc 2,41-52 : épisode du recouvrement au Temple où aucun frère n'est mentionné);
  2. ces personnes ne sont jamais présentées comme les fils de Marie, femme de Joseph à l'inverse de Jésus et l'opposition est soulignée en Mc 6,3où Jésus est désigné comme le fils de Marie
  3. Jésus confie sa mère à Jean et non à ces fils présumés (Jn 19,26-27). Or Jacques était considéré comme un juif très pieux dont le premier devoir aurait été d'accueillir sa mère.
  • dès l'antiquité, on a soutenu l'hypothèse de fils de Joseph, nés d'un premier mariage
  • Jacques et José étaient les enfants d'une autre Marie, femme d'Alphée ( Mc 15,40Mt 27,56).Si on accepte l'identification d'Alphée avec Clopas comme variante dialectale, il s'agirait de la femme de Clopas et d'une sœur de la mère de Jésus (Jn 19,25). Dans ce cas, ce Jacques serait la même personne que Jacques le Mineur, ce qui n'est pas certain. De toute façon, l'hypothèse affirmée par la Tradition de cousins germains du Seigneur semble la plus conforme aux données que nous possédons. Car l'expression "Premier-né" (Lc 2,7) désigne simplement le premier enfant d'une femme sans référence à l'existence d'autres enfants.
 Remarquons que ni les Evangiles ni les Pères avant le IVème siècle ne se sont intéressé à la virginité de Marie au-delà de la naissance de Jésus. Il est impossible de préciser davantage mais la controverse actuelle provient essentiellement de préjugés modernes contre la virginité perpétuelle de Marie. Or cette notion n'allait pas de soi non plus à cette époque, à la fois pour le monde grec et pour le monde juif : elle n'aurait pas pu faire l'objet d'une conception à priori. 
Doté d'un grand prestige à la tête de l'église de Jérusalem, Jacques, très attaché au respect de la Loi juive, fait montre d'ouverture d'esprit. Il réussit ainsi à maintenir la cohésion dans une communauté formée d'une majorité de chrétiens d'origine juive mais s'ouvrant progressivement à des païens, venus du monde gréco-romain.
(4) le père de l'apôtre Jude (Lc 6,16)

JAÏROS

Transcription grecque de l'hébreu Yaïr ("YH" rayonne).
Un des chefs de la synagogue de Capharnaüm, qui présidait les réunions de la communauté, dont Jésus a rappelé la petite fille à la vie (Mc 5,22  ; Mt 9,18-19 et 23-25 ; Lc 8,41-42 et 49-55).

JEAN

en grec Joannès, transcription du nom hébreu Yohanân qui signifie "YH a fait grâce".
(1) l'apôtre, frère de Jacques, fils de Zébédée, surnommé Boanergès et l'évangéliste, vraisemblablement la même personne que le précédent bien que cela soit discuté.
(2) le Baptiste. A la fois le dernier des prophètes de l'Ancien Testament, annoncé par Malachie (Ml 3,1) et par Isaïe (Es 40,3) ainsi qu'un des personnages les plus importants du Nouveau Testament après Pierre et Marie, car il y est cité plus de 90 fois. Il est le fils du prêtre Zacharie et d'Élisabeth (Lc 1,5), issue elle aussi d'une famille sacerdotale (Lc 1,5) et cousine de Marie. Sa naissance au temps d'Hérode le Grand, annoncée par l'ange Gabriel, précéda de peu celle du Christ et est située traditionnellement à Aïn Karem, à quelques kilomètres à l'ouest de Jérusalem. Il se retira au désert pour y mener la vie dure d'un ascète et baptisa dans le Jourdain tous ceux qui voulaient obtenir le pardon de leurs péchés, entre autre à Béthanie (Jn 1,28) et aux sources d'Aenon (Jn 3,23).
 À la différence du baptême des Esséniens qu'il connaissait peut-être mais nous n'en avons aucune certitude, il s'agissait d'un rite unique et non quotidien, à caractère eschatologique et engageant dans un changement de vie. Très populaire, Jean s'adresse à des personnes de toutes conditions sociales. Nouvel Élie, Jean le Baptiste proclamait l'arrivée du Royaume des cieux (Mt 3,2), annonça la venue d'un plus puissant que lui (Mt 3,11 ; Mc 1,7), baptisaJésus (Mt 3,16 -17 ; Mc 1,9) malgré son refus préalable (Mt 3,14). Il le désigna comme »l'Agneau de Dieu» (Jn 1,19) et le Messie de toute éternité (Jn 1,30) avant de s'effacer. 
Après un ministère de plusieurs années, il fut emprisonné vers 28 après Jésus-Christ par le tétrarque HérodeAntipas et fut décapité à la demande d'Hérodiade pour avoir critiqué son mariage avec son beau-frère. L'historien juif Flavius Josèphe (Antiquités juives, 18,1,118-119) situe cet événement dans le palais-forteresse de Machéronte édifié par Hérode le Grand à l'est de la mer Morte. Hérode Antipas regrettera d'avoir sacrifié un homme "juste et saint" (Mc 6,20).
On le désigne du surnom de Précurseur, celui qui vient avant un autre pour l'annoncer. Plusieurs de ses disciples, tels André et sans doute Jean, le quittèrent pour s'attacher au nouveau maître qu'il leur avait désigné (Jn 1,37-42). Jésus fera du Baptiste un magnifique éloge (Mt 11,11 ; Lc 7,28)
(3) l'auteur d'une Apocalypse. Il est probable qu'il s'agit de la même personne que l'apôtre et évangéliste Jean, au moins en tant que garant de l'œuvre.

JÉSUS

en araméen Yéshûa/Yehoshûa, ce qui signifie «Dieu sauve». C'est la même forme que Josué (Ièsos en est la transcription grecque) et le prénom de Jésus de Nazareth dont la vie nous est connue par les Évangiles et par des allusions chez des auteurs juif (Flavius Josèphe), romains (Tacite, Suétone, Pline le Jeune) et grecs (Lucien, Julien, Hiérocles, Porphyre). Christ (" en grec, celui qui a reçu l'onction") est plutôt un titre désignant le Sauveur. La variété de ces sources et les affirmations particulièrement hostiles des quatre dernières, garantissent l’existence historique de ce personnage, quels que soient les ragots et les propos diffamatoires rapportés dès l’antiquité. Car on ne peut critiquer qu’une personne qui a réellement vécu, non une légende ou une invention. De plus, la comparaison avec les biographies d’autres personnages de la même époque permet d’affirmer que les reconstitutions modernes de la vie de Jésus figurent parmi les plus précises et les plus documentées de celles qui ont été réalisées, malgré les affirmations en sens contraire d’exégètes méconnaissant les difficultés de l’histoire antique. 
Il est né, par une intervention surnaturelle, à Bethléem en Judée sous le règne du roi Hérode le Grand, suite à un recensement. Par la suite, il vécut avec ses parents, Joseph, descendant de David et Marie, à Nazareth en Galiléependant une trentaine d'années. Sa vie publique, qui se déroula deux ou trois ans, commença en Galilée autour du lac de Tibériade pour se terminer par sa condamnation à mort à Jérusalem par les autorités juives et romaines. Son enfance nous est peu connue, en dehors des épisodes des bergers (Lc 2,8-18) et des mages d’orient (Mt 2,1-12) venus lui rendre hommage, de sa présentation au Temple (Lc 2,22-24) de Jérusalem, de sa fuite en Égypte (Mt 2,13-15) avec ses parents et de la discussion avec les docteurs de la Loi, cette fois à l’insu de ses parents (Lc 2,46). 
Il portera les surnoms de « Galiléen » (Mt 26,69), de « Nazaréen » ou «Nazarénien » (Mc 1,24; 10,47; 14,67)et même de « Nazoréen » (Mt 2,23 ; Lc 18,37 ; Jn 18,5), au sens moins compréhensible : « le rejeton » ou « le nazir, le consacré ». Les évangiles synoptiques ne nous rapportent que quelques épisodes, tous ordonnés en fonction d’un unique voyage vers la ville sainte, Jérusalem, ce qui ne veut pas dire que la vie publique du Christ n’en a pas comporté d’autres. 
Citons la rencontre avec Jean-Baptiste (Jn 1,29-36), l’appel des premiers disciples (Jn 1,35-42), les noces de Cana (Jn 2,1-11), l’expulsion des vendeurs du Temple (Jn 2,14-17 ; Mt 21,12-13 ; Mc 11,15-17 ; Lc 19,45-46), l’entretien avec la Samaritaine près de Sichem (Jn 4,3-43), les nombreuses guérisons à Capharnaüm (Jn 4,46-54) et dans les environs (Mt 9,18-19 ; Mc 1,29-31 ; Lc 7,1-10), le célèbre Sermon sur la montagne (Mt 5,3-7,29) et l’enseignement des Béatitudes (Mt 5,3-12), l’envoi des douze apôtres en mission (Mt 10,5 ; Lc 6,7-12 ; Lc 9,1-6), le voyage en territoires païens de Phénicie (Mt 15,21 ; Mc 7,24) et de la Décapole (Mc 7,32-37 ; Mt 15,32-38), les différentes annonces de sa Passion et de sa Résurrection, la Transfiguration sur une haute montagne (Mt 17,1-8 ; Mc 9,2-8 ; Lc 9,28-36) ainsi que diverses rencontres, source d’enseignements ou d’actions miraculeuses. 
Lorsqu’il estima « que son heure était venue », (Mt 26,45 ; Mc 14,41), Jésus décida de monter à Jérusalem, la ville qui tue les prophètes. Avant d’y être arrêté, jugé, flagellé et mis à mort à la fois par les autorités juive (Caïphe) et romaine (Pilate), il rassembla une dernière fois les Douze autour de lui, pour un repas pascal où fut institué l’Eucharistie. Mort sur une croix, la veille du sabbat et mis au tombeau le soir même, Il ressuscite le lendemain du sabbat (« le troisième jour »), et apparait à ses disciples, en Judée et en Galilée, transformé mais vivant. Il leur confie alors la mission d’évangéliser tous les peuples et disparaît à leurs regards, dans l’attente de sa nouvelle venue, pour le jugement dernier. Personnalité complexe, Jésus apparaît aux hommes qu'il fréquente à la fois comme un sage, comme un prophète, comme un guérisseur et comme un homme de Dieu à l'autorité indiscutable. Profondément ancré dans le monde juif de son époque, il est fidèle à la Torah, la Loi écrite, comme les sadducéens mais ne partage pas leurs interprétations étroites; avec les pharisiens, il prône l'intériorisation du culte mais ne partage pas leurs distinctions poussées à l'extrême entre le pur et l'impur; son enseignement trouve un écho dans la littérature des esséniens mais il ne partage pas leur conceptions exclusives; il ne soumet à aucune autorité humaine comme les zélotes et les sicaires mais ne partage pas leur recours à la violence. Bref, il ne rentre dans aucune catégorie sociale ou intellectuelle de son temps. 
Jésus était un nom courant à l'époque car sept ossuaires à ce nom sont connus à ce jour et les "Jésus, fils de Joseph" étaient également nombreux. La découverte, en 1980 , dans la banlieue sud de Jérusalem ,d'un ossuaire de 60 cm de long, de 25 cm de large et de 30 cm de haut, portant ces noms, n'a donc rien d'extraordinaire. Mais qu'il s'agisse de la famille du Christ est invraisemblable car Joseph et Marie, habitants pauvre de Galilée, n'auraient pu s'offrir ces sépultures, réservées aux familles riches de Judée. Jésus est probablement aussi le prénom de Barabbas (dans certains manuscrits de Mt 27,16), d'un certain Justus en Col 4,11 et du père d'un faux prophète en Ac 13,6.

JOSEPH

en hébreu Yôséph[el]), prénom qui signifie «que [Dieu] ajoute», fort courant à l'époque puisqu'apparaissant dans une centaine d'ossuaire. C'est, entre autre, le nom ou le surnom de Caïphe , de Barsabbas, un des deux disciples proposés pour remplacer Judas Iscariote et à qui le sort préféra Matthias, celui de José , "le frère de Jésus", et deBarnabé, un lévite originaire de Chypre, compagnon de Paul.
(1) Fils de Jacob (Mt 1,16) ou d'Héli (Lc 3,23), époux de Marie, père légal de Jésus-Christ et descendant de David (Lc 2,4), Joseph, habitant de Nazareth,  était charpentier selon Mt 13,55 ce qui signifie qu'il était artisan du bois, fabriquait des portes ou des meubles et construisait des maisons. Il n'est cité que dans les évangiles de l'enfance selon Matthieu et Luc où il ne tient qu'une place discrète. Fiancé à Marie de Nazareth, il pensa la répudier secrètement lorsqu'il apprit qu'elle était enceinte (Mt 1,19) en-dehors de toute relation conjugale. Averti par un ange (Mt 1,20) que cette conception est d'origine divine et que son épouse est sans reproche, Joseph témoigne d'une totale docilité à la volonté de Dieu et partage sa demeure avec Marie (Mt 1,24).  Originaire de Bethléem, il dut se rendre dans cette localité  avec son épouse pour répondre aux exigences d’un recensement (Lc 2,2) ordonné par l’empereur Auguste. C’est là que naquit Jésus, entouré par sa mère et son père (Lc 2,16). Ce dernier sera également présent lors de la Présentation de Jésus au Temple (Lc 2,22 et 27), lors du rite de purification.
Pour soustraire Jésus à la colère d’Hérode le Grand (Mt 2,16), Joseph doit s’exiler et emmener sa famille en Égypte (Mt 2,14-15), lieu de refuge traditionnel pour tous les juifs menacés (exemple en Is 25,10). Après la mort d’Hérode, Joseph décide par prudence de venir s’installer à Nazareth en Galilée, hors de la juridiction d’Archelaus, héritier du roi défunt et aussi cruel que lui (Mt 2,22). Le dernier épisode relevé par les évangiles le montre à Jérusalem, dans sa recherche angoissée  avec son épouse, de son fils Jésus, âgé de douze ans, qui s’était attardé dans le Temple, parmi les docteurs de la Loi (Lc 2,43-50).
Comme les Nazaréens, lors du ministère public de Jésus,  désigne ce dernier comme « le fils de Marie «  (Mc 6,3), sans nommer son père Joseph, on suppose généralement qu’il était décédé à ce moment. 
Si, en Orient, Joseph fut l’objet d’un culte dès le V ème siècle, il faudra attendre le XIII ème siècle pour que celui-ci se développe également en Occident. Proclamé patron de l'église universelle par le pape Pie IX en 1870, Joseph est fêté le 19 mars.
(2) En hébreu, Yosef de Ramatayim. Ce notable juif, un Ancien, originaire de la ville d'Arimathée ou Arimathie, était un membre distingué du Sanhédrin (Mc 15,42). Homme juste et bon, disciple secret de Jésus, il réclama le corps de ce dernier avant le coucher du soleil et l'ensevelit  dans son propre tombeau qu'il s'était fait creuser (Mt 27,60).

JOSES

forme galiléenne de Joseph, l'un des «frères» de Jésus, avec JacquesJude, et Simon  (Mt 13,55 ; Mc 6,3) qui parlent également, sans autre précision, de sœurs.

JUDE

 en grec Ioudas, transcription de l'hébreu Yehoudah, "judéen". La distinction en français entre Jude et Judas est purement conventionelle. 
(1) Un des apôtres, fils d'un certain Jacques, surnommé Thaddée, dans les évangiles selon Matthieu et Luc.
(2) Un des «frères» de Jésus, avec JacquesJoses, et Simon (Mt 13,55 ;Mc 6,3). Sans doute l'auteur de l'épitre de Jude qui se présente également comme "frère du Seigneur" en Jude 1,1.
 Ce sont probablement deux personnages différents, bien qu'Origène et Tertullien les identifient.
(3)  Judas l'Iscariote, qui trahit Jésus

LAZARE

Forme grecque abrégée d'Eleazar qui signifie «Dieu a aidé». 
[[|]](1) Originaire de Béthanie près de Jérusalem (à trois kilomètres de distance), sur la pente orientale du mont des Oliviers. Frère de Marthe et de Marie, il mourut de maladie et fut ressuscité quatre jours plus tard par Jésus dont il était l'ami (Jn 11,1-44).  
[[|]](2) Personnage de la parabole décrit en Lc 16,19-31.

LÉVI

nom d'un percepteur fils d'Alphée, qui, appelé par Jésus, quitta aussitôt son bureau pour le suivre (Mc 2,14). Voir aussi l'apôtre Matthieu.

LYSANIAS

Tétrarque du petit état montagneux d'Abilène, situé dans l'Anti-Liban, au nord-ouest de Damas. Il est cité par Luc(Lc 3 1) qui situe à son époque la prédication de Jean-Baptiste et le baptême de Jésus. Il est  mort vers 37 après Jésus-Christ. Son fils et successeur, Zénodore, est mentionné dans une inscription trouvée à Baalbeck au Liban et une seconde inscription, trouvée sur le site même d'Abila et datée du règne de Tibère le mentionne directement : «... Nymphaios, affranchi du tétrarque Lysanias, a fondé et fait établir la route, construire le temple...»

MARC

Ce personnage est connu sous deux noms, Jean et Marc (Ac 12,12 et 15,37), forme grécisée du prénom latin  Marcus. C’est donc « Jean surnommé Marc » pour le distinguer des autres Jean.
Sa mère, Marie, avait accueilli dans sa maison de Jérusalem, les premiers chrétiens persécutés par Agrippa I. Cousin de Barnabé, Marc quitta Jérusalem pour Antioche et participa au « premier voyage missionnaire de Paul » (Ac 13,14), en particulier dans l’évangélisation de la grande île de Chypre. Mais parvenu à Pergé, un port de Pamphylie, Marc quitta ses compagnons et retourna à Jérusalem (Ac 13,13). Une dizaine d’années plus tard, Marc fait partie de l’église de Rome. Sa présence y est citée en 1P 5,13 et en Col 4,10.  De plus, lors de sa première captivité, Paul le désigne comme son collaborateur (Phm 1,24). 
La tradition patristique (Pappias, Origène, Irénée) affirme que, jusqu’à la mort de Pierre vers  64, Marc fut le disciple du premier des apôtres et recueillit son enseignement. Elle lui attribue avec vraisemblance la rédaction du second évangile, considéré comme « l’évangile de Pierre ». Et l’épisode de la fuite d’un jeune homme nu lors de l’arrestation de Jésus (Mc 14,51-52) pourrait très bien le représenter.
La tradition égyptienne considère Marc comme le fondateur de l’église d’Alexandrie, où il aurait subi le martyre vers l’an 68. Vers 820, des marchands vénitiens transportèrent son corps à un endroit où fut édifié la célèbre basilique Saint-Marc à Venise.

MARIE

Prénom, en hébreu Miryâm , le plus courant à l'époque de Jésus. Le Nouveau Testament mentionne plusieurs Marie :
(1) Marie mère de Jésus. Jeune fille originaire de Nazareth en Galilée, fiancée de Joseph le charpentier et cousine d'Élisabeth, la mère de Jean le Baptiste. Selon un texte apocryphe, le Protévangile de Jacques, Marie aurait eu des parents âgés, Joachim et Anne, vivant à Jérusalem. Ceux-ci  auraient eu  un enfant après vingt ans de mariage et aurait conduit leur fille au Temple à l’âge de trois ans pour qu’elle y soit éduquée.
Elle n'est citée qu'une seule fois dans l'évangile de saint Marc (6,3) qui ne possède pas de récit de l'enfance du Christ et rarement ailleurs : cinq fois par saint Matthieu, douze fois par saint Luc, une fois par saint Jean qui parle de la "mère de Jésus" sans la nommer et une fois dans les Actes des Apôtres (Ac 1,14).
  Dans la scène de l’Annonciation (Lc 1,26-38), l’archange Gabriel apparaît à Marie et lui annonce, que sous l’action de l’Esprit Saint, elle va concevoir un fils, qui recevra le nom de Jésus et dont le règne n’aura pas de fin. La jeune fille, qui connait la promesse faite à David concernant le Messie (« ta royauté durera à jamais devant moi » en2S 7,16) et qui a consacré à Dieu sa virginité, demande une explication. Elle va collaborer, par sa foi et son obéissance, au projet divin de salut de l’humanité. Sa soumission volontaire et responsable réalisera en elle, « qui est comblée de grâces », le lien entre l’humain et le divin, ainsi que l’accomplissement de cette promesse messianique.
Un signe lui est donné : Élisabeth, sa vieille cousine stérile, va donner le jour à un enfant. Celle-ci  va bénir « la mère de son Seigneur » qui lui avait rendu visite. Á la salutation d’ Élisabeth, Marie répondra par le célèbre cantique du Magnificat (« mon âme magnifie le Seigneur »).
S’apercevant que sa fiancée est enceinte, Joseph projette d’abord de la répudier puis, après l’apparition d’un ange, accepte de recueillir la mère et l’enfant et de la prendre pour épouse (Mt 1,19-25). Marie méditera et conservera dans son cœur tous les événements de l’enfance de son fils.
  • le voyage vers Bethléem imposé par un recensement et l’humble naissance de son fils dans une étable
  • l’hommage que viennent lui rendre les bergers et les mages d’Orient
  • huit jours après sa naissance, la circoncision de l’enfant qui reçoit le nom de Jésus comme prescrit par l’ange (Mt 1,21 ; Lc 1,31)
  • quarante jours après l’accouchement, lors de l’offrande au Temple  de deux colombes pour accomplir le rite de la purification, l’annonce par le vieillard Syméon « qu’une douleur lui transpercera le cœur" (Lc 2,22-35) 
  • la recherche par Marie et Joseph de Jésus qui, âgé de douze ans, était resté au Temple pour écouter les docteurs de la Loi, sans qu’ils s’en rendent compte. Remplie d’inquiétude puis tout à la joie de l’avoir retrouvé, Marie doit accepter la réponse de Jésus « qu’il se doit d’abord aux affaires de son Père » (Lc 2,41-51).Pendant la vie privée tant que publique de Jésus, tous les actes et toutes les paroles de ce dernier, même déroutants au premier abord, seront pour elle un motif d’enseignement. Cela sera le cas à plusieurs reprises :
  • lorsque Jésus affirme « ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent et mettent en pratique la parole de Dieu" (Mt 12,46-50 ; Mc 3,31-35 ; Lc 8,19-21)
  • lorsque la mère, citée en premier, et le fils sont invités à un mariage dans le village de Cana, Marie intervient auprès de leurs hôtes pour confirmer l’action de Jésus malgré un apparent rappel à l’ordre (« mon heure n’est pas encore venue ») . Elle manifeste ainsi la preuve de sa confiance dans la bonté de son fils et  de sa propre intercession auprès de lui (Jn 2,1-11). 
  • lorsqu’au pied de la croix, avec quelques autres femmes, elle assiste à la terrible agonie de son fils, comme l’avait prédit Syméon (Jn 19,25). Jésus confiera alors Marie au disciple bien-aimé (Jn 19,26-27) et une tradition affirme qu’elle vécut à Éphèse auprès de l’apôtre Jean.Ajoutons que Marie était présente avec les apôtres dans la chambre haute, lorsqu’ils reçurent l’Esprit Saint (Ac 1,14). Désormais, elle n’apparaîtra plus ni dans la vie ni dans  l’organisation de la jeune Église. Le lieu et la date de sa mort ne sont pas connus. Selon le Transitus Mariae, son corps, préservé de la corruption, aurait été déposé à Jérusalem, dans la vallée du Cédron, où son sanctuaire est toujours visité. 
(2) Mère de Jacques et de Joses, appelés «frères du Seigneur» (Mc 15,40 ; 15,47 ; 16,1). Appartenant au groupe des saintes femmes qui suivaient Jésus en Galilée, elle est présente elle aussi à la mort et à la mise au tombeau de Jésus.
(3) Marie de Béthanie en Judée, sœur de Marthe et de Lazare , modèle de contemplation, consacrée à l'écoute de la Parole divine. Quelques jours avant la Passion, dans la maison de Simon le lépreux,  elle mit un parfum précieux sur les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux (Jn 12,2-3). Ce geste lui valut les critiques de Judas et l'approbation du Christ. Dotée d'une grande sensibilité, elle écoutait attentivement l'enseignement de Jésus (Lc 10,39) et lui manifesta une confiance totale lors de la mort de son frère Lazare. 
La tradition latine, depuis Grégoire le Grand, l'a confondue avec la femme pécheresse anonyme qui elle aussi versa  un parfum précieux sur les pieds de Jésus (Lc 7,37-38). Cependant les circonstances sont différentes : il s'agit alors d'un repas chez Simon le pharisien, dans un endroit non cité de Galilée et les raisons de la réprobation ne sont pas les mêmes : la mauvaise réputation dans un cas, le coût du parfum dans l'autre. On l'a confondu également  avecMarie de Magdala alors que la tradition grecque, à l'exception d'Origène, a toujours distingué les trois femmes. Cette dernière opinion est défendue à juste titre par Bossuet dans son étude «Les trois Magdelènes» ainsi que par la critique moderne.
(4) Marie de Magdala , sur la côte occidentale du lac de Tibériade, une  femme guérie par Jésus car elle était possédée (Lc 8,2). Elle se mit à son service et au service des apôtres. Elle était présente au pied de la croix, préciseJn 19,25,  à la mort de Jésus (Mc 15,40 et Mt 27,56) et à sa mise au tombeau  (Mc 15,47 et Mt 28,1). Elle fut la première femme à rencontrer Jésus ressuscité (Mc 16,9 ;  Jn 20,11-18), la première à y croire (Mc 16,11)  et sa mission consista à annoncer l'événement aux apôtres. Le nom de Madgaléenne (habitante de Magdala) a donné lieu au prénom Madeleine. La vie de Marie de Magdala a connu des développements étonnants mais étrangers à la révélation biblique. 
Elle a traditionnellement été considérée comme une prostituée, en particulier dans les arts alors que l'évangile (Lc 8,2) dit seulement que "Jésus avait chassé d'elle sept démons". 
La tradition provencale l'a fait débarquer aux Saintes-Marie de la Mer  en Camarque, une région de la Provence, en compagnie de Marthe et de Lazare pour fuir les persécutions d'Hérode Antipas. Elle se serait retirée dans la grotte de la Sainte-Baume et aurait été ensevelie à Saint-Maximin.
Les gnostiques dans l'évangile de Thomas et l'évangile apocryphe de Marie l'ont considérée comme le disciple par excellence à qui Jésus aurait révélé tous les secrets. Enfin, des interprétations féministes récentes reprises dans des oeuvres à succès la présente comme la compagne voire l'épouse de Jésus dont elle aurait même eu un enfant. Toutes ces interprétations postérieures sont sans aucun fondement.

MARTHE

Sœur de Marie de Béthanie et de Lazare. Symbole d'activité, elle s'appliquait aux travaux du ménage (Lc 10,40) pendant que sa sœur écoutait l'enseignement de Jésus. Elle est probablement l'aînée et apparaît comme la propriétaire de la maison où elle accueille Jésus. Elle prend également en charge le service de la table  chez un de ses voisins, Simon le lépreux (Jn 12,2). C'est encore elle qui, après la mort de son frère, accourt au-devant de Jésus, alors que sa soeur  est restée à la maison (Jn 11,20).  Mais sa confiance dans  le Christ est aussi profonde que celle de sa soeur Marie (Jn 11,21-22). 
 Selon la tradition provencale, Marthe a débarqué avec Lazare et Marie de Magdala sur les côtes de la Camargue en France.

MOÏSE

prophète choisi par Dieu pour libérer le peuple hébreu esclave en Égypte. À la fois guide et législateur, il conduisit les Hébreux à travers le désert jusqu'à l'entrée de la Terre promise. Il est souvent cité dans les évangiles en relation avec la Loi (Mc 1,44 ; 7,10). Lorsque Jésus fut transfiguré, il était en compagnie d'Élie et de Moïse, témoins de sa gloire anticipée (Mc 9,4).

NICODÈME

Ce nom grec qui signifie «vainqueur du peuple» désigne un docteur de la Loi, pharisien, probablement membre du Sanhédrin (Jn 3,1). Il est mentionné sous le nom de «fils de Gorion» , en hébreu Naqdimon ben Gorion dans les sources rabbiniques comme un des habitants les plus riches de Jérusalem.  Ébranlé par les miracles de Jésus, il vient le consulter en secret et de nuit de peur de se compromettre. Mais l'enseignement spirituel du Christ sur une nouvelle naissance le dépasse (Jn 3,5-10). Nicodème interviendra deux fois par la suite, pour demande d'écouter Jésus avant de le juger (Jn 7,50-52) et pour enlever son corps de la croix, en compagnie de [http://www.ebior.org/Dico/gl_HIST.htm#Joseph-21 Joseph d'Arimathie (Jn 19,39)
Lors de la guerre de 70 après Jésus-Christ, les insurgés incendièrent ses réserves de blé. 

PAUL

Originaire de Tarse, en Cilicie, (Ac 22,3) Paul est né entre 5 et 15 après Jésus-Christ dans une famille juive, issue de la tribu de Benjamin (Rm 11,1). Circoncis, il reçoit le nom de Saül qui signifie «demandé », porté par le premier roi d’Israël. Élevé dans l’observance pharisienne de la Loi, il étudie à Jérusalem (Ac 22,3) auprès de Gamaliel,  (« récompense de Dieu »), célèbre docteur de la Loi juive et  petit-fils de Hillel, fondateur d’une école rabbinique.  Il se glorifiera d’être « hébreux, fils d’hébreux » et « Israélite, de la descendance d’Abraham ») (Rm 11,1). 
Cependant il écrit en grec, connait les auteurs classiques et leur mode de pensée. De manière significative, il s’adresse « en langue hébraïque », (Ac 21,40)  c’est-à-dire probablement l’araméen, aux juifs de Jérusalem et en grec au tribun venu l’arrêter (Ac 21,37). De plus, il possède la citoyenneté romaine (22,25-28) et c’est par son nom romain qu’il se fera appelé :  « Saul, qui est aussi Paul » (Ac 13,9). Veuf ou célibataire, il exerce le métier de tisserand, la Cilicie étant célèbre par ses tissages en poil de chèvre.
Féroce ennemi des chrétiens qu’il persécute jusqu’à Damas (Ac 9,1-2), ce juif orthodoxe va voir sa vie bouleversée par sa rencontre avec le Christ, entre 32 et 36 environ. Nous possédons trois récits de sa conversion, deux rapportés par Paul lui-même devant les juifs de Jérusalem (Ac 22,6-16) et devant Hérode Agrippa I à Césarée (Ac 26,12-18), un troisième par saint Luc en Ac 9,3-19.
Par la suite, Barnabé le présentera à Jacques, à Pierre et aux autres apôtres. Ceux-ci accueilleront leur ancien persécuteur et l’enverront, vers 43 ou 44, évangéliser Antioche, où est née la première église chrétienne hors de Palestine.
Ensuite, quatre voyages dans l’empire romain lui permettront d’annoncer partout la vie, la mort et la résurrection du Christ : 
  1. premier voyage : pendant quatre ans, à partir de 45, en compagnie de Barnabé et de Marc, à Chypre et en Asie mineure
  2. deuxième  voyage : à partir de 49 ou 50 jusque 52 ou 53, en compagnie de Silas et de Timothée, en Asie mineure à nouveau, en Macédoine et en Grèce
  3. troisième voyage : à partir de 53 jusque 57, en compagnie de Tite, à Éphèse et à CorintheEn 58, Paul est arrêté à Jérusalem puis transféré à Césarée et à Rome, via l’île de Malte, pour être jugé devant l’empereur. La fin de sa vie nous est mal connue : libéré vers 63, Paul se rend à nouveau à Éphèse et en Macédoine, puis se retrouve à nouveau captif à Rome, à la fin de l’année 67. Comme citoyen romain, il y mourut, décapité et non crucifié comme saint Pierre, au lieu-dit « Les Trois-Fontaines ». 
Son corps fut enterré le long de la voie Ostia à l’endroit où s’élève actuellement la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Sous l'autel de cette église, a été découvert en décembre 2006, un sarcophage de 25 centimètres d'épaisseur  portant l'inscription latine : "Paul apôtre martyr". Un sondage effectué en mai 2007 y a découvert des traces de tissu précieux en lin ainsi que des fragments d'os datés entre le 1er et le 2e siècle. Non loin de là, en juin 2009, dans les catacombes Sainte Thècle, a été découvert le plus ancien portrait connu de saint Paul, datant du 4e siècle, présentant l'image traditionnelle d'un homme au front dégarni et à la barbe en pointe. 
De tempérament fougueux, Paul n’hésite pas à affirmer ses convictions (il s’oppose à Pierre au sujet de l’ouverture vers les païens en Ga 2,11-15) et à se comporter comme un chef, en particulier lorsque le navire qui le transportait menaçait de faire naufrage (Ac 27,21-22). Cependant il se montre tendre et affectueux envers ses compagnons , en particulier Timothée (1Tm 1,2) et envers les membres des différentes églises qu’il rencontre au cours de ses voyages (1Co 16,15-17 ; Eph 6,21 ; Col 4,15 ; 2Tm 4,19-21). C’est également un mystique, favorisé de plusieurs visions sur lesquelles il ne s’étend guère (Ac 22,17-21 ; Ac 23,11 ; Ac 27,23-24 ; 2Co 12,1-4) et un intellectuel capable d’un discours rationnel et argumenté, par exemple devant l’Aréopage d’Athènes (Ac 17,22-32) ou devant le gouverneur Félix (Ac 24,10-21). Enfin il sut se réconcilier avec Barnabé, après une brouille passagère (comparer Ac 15,38-39 et 1Co 9,6).   

PHILIPPE

(1) l'apôtre, un des Douze, chargé de l'approvisionnement.
(2) demi-frère d'Hérode Antipas, fils dernier-né d'Hérode le Grand et de Cléopâtre, à ne pas confondre avec la célèbre reine d'Égypte. Il régna dans sa capitale Césarée de Philippe (Mc 8,27) avec le titre de tétrarque, de 4 avant Jésus-Christ à 34 ou 36 après Jésus-Christ, sur les districts du nord : Iturée, BatanéeTrachonitideAuranitide( Lc 3 1). Il épousa sur le tard Salomé, fille de son demi-frère Hérode-Philippe et d'Hérodiade ( Mt 14 3). Ce fut un bon administrateur pacifique et un grand bâtisseur (Mt 16 13) : il fonda entre autre la ville de Césarée de Philippe, près des sources du Jourdain ainsi nommée en l'honneur de l'empereur et Julias, sur l'emplacement de Bethsaïde, en l'honneur de Julie, fille d'Auguste. A sa mort sa tétrarchie fut rattachée à la province romaine de Syrie puis donnée par l'empereur Caligula à Hérode-Agrippa I (37-44 ).
 (3) Hérode Philippe, un autre demi-frère d'Hérode Antipas,

PILATE

en latin Pontius Pilatus,"l'obstiné", gouverneur de l'ensemble constitué par la Judée, la Samarie et l'Idumée au temps de Jésus (26 -36) avec le titre de procurateur (Lc 3,1 ; Jn 18,28 ; Flavius Josèphe ; Tacite) ou de préfet, selon une inscription trouvée dans les fouilles du théâtre de Césarée en 1961. Il n'y a pas de contradiction, le premier terme insistant davantage sur la subordination du gouverneur au légat de Syrie, le second sur la délégation directe de pouvoir par l'empereur et non par le sénat. En conséquence, il s’agit d’une province secondaire, confiée à un débutant inexpérimenté, issu de l’ordre équestre (noblesse récente de fonctionnaires), d’un rang social inférieur au sénateur romain Quirinus ou aux aristocrates juifs HanneCaïphe et Hérode Antipas. Cette charge constituait vraisemblablement  sa première fonction de gouverneur, dans un pays dont les coutumes devaient lui être indifférent. De plus il dirige des troupes en nombre insuffisant, constituées d’auxiliaires (et non de légionnaires) recrutés parmi les populations voisines, hostiles aux juifs : samaritains, syriens, philistins, arabes… En effet les juifs sont dispensés de service militaire.
Les chefs juifs du sanhédrin qui avaient arrêté Jésus ne pouvaient, selon la loi de l'occupant romain, procéder eux-mêmes à la mise à mort (Jn 18,31) qu'ils avaient prononcées. C'est donc à leur demande que Pilate a condamné Jésus à être crucifié. Ce fut un administrateur dur, méprisant les juifs  qui le lui rendaient bien ; Flavius Josèphe et Philon le critiquent violemment. Il n'hésita pas à recourir à la manière forte envers toute menace contre son autorité (Lc 13,1 : l'épisode du massacre de pélerins galiléens). A trois reprises, Ponce Pilate affronta ses administrés :
  • en introduisant sur les remparts de la forteresse Antonia à Jérusalem, des enseignes de César (Flavius JOSEPHE, Guerre des Juifs, II,169-174)
  • en utilisant le trésor sacré du Temple pour construire un aqueduc (Flavius JOSEPHE, Guerre des Juifs, II,169-174)
  • en introduisant des boucliers dorés dans le palais d’Hérode, sans décoration mais avec une dédicace écrite qui en fait « une provocation païenne ». Tous les notables juif et en particulier, Hérode Antipas qui pourtant a fait bien pire à Tibériade, menacent le préfet d’écrire une lettre de protestation à l’empereur.Dans le premier et le troisième cas, Pilate cédera devant la foule et devant les notables  comme il le fera lors du procès de Jésus.
Ce fut  pour avoir fait exécuter des samaritains dans une autre affaire qu'il fut destitué de ses fonctions en 36 et rappelé à Rome pour s'expliquer. On perd alors sa trace. Selon Eusèbe et Jérôme, il se serait suicidé ou aurait été exécuté. Son attitude générale ne s'oppose pas nécessairement à la compréhension que Pilate manifeste dans les évangiles (Mc 15,10-12 ; Lc 23,14 et 13 ) envers la personne individuelle de Jésus. Soucieux de ne pas avoir de problème avec l'autorité impériale, il se réfugia dans la lâcheté et le désintérêt (Mt 27,24). 
 La cruauté d’un Tibère vieillissant et l’exécution en 31 de son  protecteur, Séjan, ancien favori de l'empereur, expliquent cette attitude, mieux qu’une prétendue faiblesse ou une incapacité supposée.

QUIRINIUS

En latin P.Sulpicius Quirinius. Nom d'un important sénateur romain à la carrière politique bien remplie : gouverneur de Cyrénaïque en 14 avant Jésus-Christ, consul en 12, proconsul d'Asie approximativement entre 1 avant et 1 après Jésus-Christ, conseiller à la même époque du jeune Caïus Caesar, héritier d'Auguste, légat de Syrie entre 5 et 8 après Jésus-Christ. Il est cité par l'historien romain Tacite, par Luc (2,1-2) mentionnant un premier recensement avant la naissance du Christ qui obligea Joseph et Marie à se rendre à Bethléem et par l'historien juif Flavius Josèphe dans la Guerre des Juifs, VII, 8 : "Judas qui avait persuadé les juifs de refuser les registres de contribution lorsque Quirinius avait été envoyé en Judée pour établir le cens " (en 6 après Jésus-Christ, après la déposition d'Archelaus ?). Mais le même Joseph au chapitre II,8 parle du gouverneur Coponius à propos de ces événements. De plus une inscription trouvée à Tivoli en Italie qui mentionne la carrière d'un personnage dont le nom manque mais qui aurait été nommé deux fois légat de Syrie, permet d'affirmer avec vraisemblance mais sans certitude que Quirinius fut également gouverneur de Syrie entre 4 et 2 avant Jésus-Christ environ.

RUFUS

Un des deux fils de Simon de Cyrène qui fut réquisitionné pour aider Jésus à porter sa croix et frère d'Alexandre(Mc 15,21).

SALOMÉ

En hébreu, " paisible".
(1) l'une des femmes qui suivirent les apôtres et assistèrent à la crucifixion de Jésus et à son ensevelissement. Elle fut aussi de celles qui constatèrent le tombeau vide au matin de la résurrection de Jésus (Mc 15,40 ; 16,1). Elle peut être identifiée à la mère des fils de Zébédée (Mt 27,56), Jacques et Jean. Selon saint Matthieu (20,20-21), elle demanda à Jésus que ses deux fils soient "assis l'un à sa droite, l'autre à sa gauche".
(2) fille d'Hérodiade et d'Hérode Philippe qui, à la demande de sa mère, dansa devant le frère de son père, Hérode Antipas pour obtenir de lui la tête de Jean le Baptiste (Mc 6,25). Elle épousa Philippe le tétrarque, son aîné de trente ans puis son cousin Aristobule, fils d'Hérode de Chalcis. Son nom n'est pas mentionné dans les évangiles mais par l'historien juif Flavius Josèphe.
(3) soeur d'Hérode le Grand qui reçut en héritage les cités d'Ashod en Philistie, de Jamnia sur la côte et de Phasaelis dans la basse vallée du Jourdain. A sa mort, en 10 après Jésus-Christ, elle remit ses possessions à Livie, la femme de l'empereur Auguste.

SATAN

Son nom signifie en hébreu «adversaire» ou "accusateur".
 C'est une créature révoltée contre Dieu et qui s'oppose aux projets de Dieu et au salut des hommes : voir la tentation de Jésus (Mc 1,13), le chef des démons (Mc 3,23 et 26), la possession de Pierre (Mc 8,33) et la célèbre interpellation du Vade retro Satanas en Mt 4,10, la possession de Judas qui le conduira à la trahison (Lc 22,3 ; Jn 13,27) et d'Ananie, l'adversaire de Paul (Ac 5,3) et enfin son attaque contre saint Paul (1Th 2,18).

SILAS

Forme araméenne de l’hébreu Saül «  demandé par Dieu », transcrit en latin par Silvain (2Co 1,19 ; 1P 5,12).
C’est le nom d’un chrétien de la communauté de Jérusalem, peut-être citoyen romain (Ac 16,37). Avec Paul, Barnabé et Judas Barsabbas, il fut désigné pour annoncer à Antioche les décisions du « concile de Jérusalem » (Ac 15,22 et 27).
Lorsque Paul se sépara de Barnabé lors du « premier voyage missionnaire », Silas resta avec lui tandis que Timothée les accompagna à partir de Lystres (Ac 15,40). Silas partagea la vie aventureuse de Paul, à Philippes de  Macédoine, lorsqu’ils furent jetés en prison (Ac 16,19; Ac 16,25-34; Ac 16,40) , à Thessalonique, où ils durent s’enfuir (Ac 17,4.6) ou à Corinthe, où il demeura aux côtés de Paul.
Ensuite, vers 62-64, Silas devint le secrétaire de Pierre pour qui il rédigea probablement la première épître de Pierre (1P 5,12).
Silas a également signé avec Paul l’épître aux Thessaloniciens, envoyée depuis Corinthe. 

SIMON

Prénom grec courant à l'époque de Jésus qui transcrit l'hébreu Simeon ou Symeon, "[Dieu] a entendu".
 Le Nouveau Testament mentionne plusieurs Simon :
(1) Simon, surnommé Pierre, l'apôtre.
(2) Simon, surnommé le Zélote (Mt 10,4 ; Mc 3,18) ou le Cananéen (Lc 6,15), apôtre (Mc 3,18). Les deux termes sont synonymes et signifient "le zélé".
(3) l'un des «frères» de Jésus, avec Jacques , Joses et Jude  (Mc 6,3 ; Mt 13,55). Selon Hégésippe, écrivain du 2ème siècle cité par Eusèbe, Histoire Ecclésiastique, 4,22,4, il était le cousin du Christ et succéda à son frère Jacquescomme chef de l'église de Jérusalem.
(4) un lépreux habitant Béthanie à qui Jésus rendit visite (Mt 26,6; Mc 14,3) et chez qui une femme versa du parfum sur sa tête
(5) un pharisien qui invita Jésus à prendre un repas avec lui (Lc 7,36 et 40). Il est parfois identifié au précédent mais à tort, semble-t-il.
(6) Simon de Cyrène, ville de Libye, qui fut réquisitionné à son retour des champs pour aider Jésus à porter sa croix (Mc 15,21). Il est le père d'Alexandre et de Rufus, personnages sans doute connus à l'époque. Il était membre d'une communauté juive qui possédait sa propre synagogue à Jérusalem (Ac 6,9)
(7) le père de Judas Iscariote, mentionné uniquement en Jn 6,71 
(8) un magicien de Salamine, stupéfait par les miracles du diacre Philippe, qui offrit de l'argent aux apôtres pour pouvoir imposer l'Esprit-Saint (Ac 8,9-24). 
(9) un habitant de Joppé où séjourna Pierre et chez qui celui-ci reçut la vision de se rendre à Césarée chez le centurion Corneille (Ac 9,43;  10,6 ). 
(10) Syméon, un vieillard se tenant dans le Temple de Jérusalem, qui reconnut l'enfant Jésus, le prit dans ses bras et prononça un cantique inspiré. Désormais il pouvait attendre la mort car il avait vu "la lumière des nations" (Lc 2,25-33).

TÉTRARQUE

Titre honorifique donné au gouverneur d'un quart de région, dont la population est composite, que la division en quatre parties fut réelle ou non. Il fut accordé par les Romains à deux des fils d'Hérode, Antipas (tétrarque de Galilée et de Pérée) et Philippe (tétrarque d'Iturée et de Trachonitide) ainsi qu'à Lysanias (tétrarque d'Abilène). Bien que prince subalterne, l'autorité d'un tétrarque envers ses sujets était presque égale à celle d'un monarque, d'où l'appellation populaire de roi donné à Antipas en Mc 6,14.

THÉOPHILE

En grec "ami de Dieu". Nom du grand prêtre en charge de 37 à 41, fils d'Hanne et beau-frère de Caïphe, membre d'une des plus riches familles juives de l'époque. Un de ses fils, Matthias sera l'avant-dernier grand prêtre avant la destruction du Temple par les Romains et un autre de ses fils, Jonathan eut une fille nommée Yohanah (Jeanne) comme l'indique l'inscription trouvée en 1986 dans un ossuaire près de Jérusalem qui se lit : "Yohanah fille de Yohanan fils de Théophile le grand prêtre." Une hypothèse déjà ancienne mais reprise récemment l'identifie au personnage du même nom cité en Lc 1,3 et Ac 1,1 , à qui sont dédiés l'évangile de Luc et les Actes des Apôtres, pour les raisons suivantes :
  • la salutation "très excellent Théophile" doit faire référence à un personnage réel et occupant un certain rang, un notable connu plutôt qu'à un destinataire fictif.
  • le nom de Théophile est très rare au Ier siècle après Jésus-Christ et n'est mentionné, dans l'état de nos connaissances (Josèphe, littérature rabbinique, inscriptions, Nouveau Testament) que pour ce personnage.
  • Luc est le seul à mentionner une femme du nom de Jeanne (Lc 8,3 et 24,10) dans l'entourage de Jésus. Serait-elle un des témoins oculaires (Lc 1,2) dont parle l'évangéliste ainsi que la petite-fille de Théophile ?
  • la parabole de l'homme riche et de Lazare (Lc 16,19-31) peut être interprêtée dans ce sens : elle parle d'un homme riche vêtu de pourpre et de lin (Théophile en habits sacerdotaux dont la tunique de laine et de lin) avertissant ses cinq frères et beau-frère (Eleazar, Jonathan, Matthias, Hanne et Caïphe) vivant dans la maison de leur père (le palais Hanin transformé par Hanne). Ajoutons que Lazare est la forme abrégée d'Eleazar, le frère aîné de Théophile.

TIMÉE

père de Bartimée (Mc 10,46), aveugle de Jéricho guéri par Jésus.

TIMOTHÉE

Le plus proche disciple de Paul (« son enfant bien-aimé » en 1Co 4,17), plus jeune que lui (1Tm 4,12), d’une nature réservée (1Co 16,10-11) et de santé fragile (1Tm 5,23). Né à Lystres en Lycaonie, d’un père païen et d’une mère juive convertie au christianisme avec ses parents (Ac 16,1), Timothée n’était pas circoncis. Quand saint Paul le rencontra dans sa ville natale lors de « son second voyage missionnaire », il lui imposera la circoncision (Ac 16,3), à la différence de Tite.
Avec Paul et Silas, Timothée participera à la fondation des églises de Macédoine puis séjournera à Bérée avec Silas. Les trois hommes se retrouveront ensuite à Corinthe, la capitale de la Grèce. Timothée sera, avec Éraste, un précieux collaborateur de Paul lors du long séjour de ce dernier à Éphèse. Par la suite il participera à la collecte destinée à soutenir la communauté mère de Jérusalem et se rendra de nouveau à Corinthe.
Timothée a sans doute partagé la première captivité de Paul à Rome. Ensuite, après sa libération, il se rendra de nouveau à Éphèse (1Tm 1,3). Lors de sa seconde captivité, Paul demanda à Timothée de lui ramener les effets qu’il avait laissé à Troas (2Tm 4,13).
Selon EUSÈBE de Césarée, Tite devint le premier évêque d’Éphèse. Selon les Actes de Timothée, il y serait mort martyr, vers l’an 57.
Timothée a signé avec Paul les deux épîtres aux Thessaloniciens ainsi que les épîtres aux Colossiens, à Philémon et aux Philippiens. Il est également le destinataire de deux lettres que Paul lui a adressée : 
  • la première lutte contre de faux docteurs et fournit des recommandations pour l’organisation de la communauté chrétienne. Des détails sur la personnalité de Timothée y figurent (1Tm 5,23 et 6,20).
  • la seconde, plus courte, lutte elle aussi contre de faux docteurs et exhorte Timothée à annoncer continuellement l’évangile.

TITE

Fidèle compagnon de Paul, d’origine païenne, peut-être né en Cilicie tout comme lui. A la différence de Timothée, dont la mère était juive, Paul refusa de le circoncire (Ga 2,3). Comme l’apôtre des Gentils appelle Tite « son véritable enfant selon une foi commune » (Tt 1,4), on peut supposer que Tite fut converti et baptisé par Paul lui-même. Pendant près de vingt ans, il collabora avec Paul, faisant montre de fermeté et d’habileté à de nombreuses occasions. 
Avec Paul et Barnabé, il se rend à Jérusalem (Ga 2,1), quatorze ans après la conversion de l’Apôtre des Gentils.
Puis lors du troisième voyage missionnaire de Paul, Tite est envoyé à Corinthe porteur d’un lettre de l’Apôtre afin de calmer les troubles qui s’y déroulaient (2Co 8,23). Après avoir accompli sa mission et retrouvé Paul en Macédoine, Tite revint à Corinthe pour y organiser la collecte en faveur des pauvres de l’église de Jérusalem (2Co 8,6)
Ensuite, après la première captivité de Paul, celui-ci invita Tite à venir le rejoindre de l’île de Crète à Nicopolis en Épire (Tt 3,12) où il comptait passer l’hiver
Enfin, lors de la seconde captivité de Paul, Tite, à sa demande, se rend en Dalmatie (2Tm 4,10).
Selon EUSÈBE de Césarée, Tite devint le premier évêque de Crète et fut enterré dans l’ancienne capitale Gortyne. Toutefois sa tête se trouve dans la basilique Saint-Marc à Venise.
Tite est également le destinataire d’une brève lettre de saint Paul, que celui-ci écrivit de Macédoine, vers l’an 65, pour organiser l’église de Crète.

ZÉBÉDÉE

Pêcheur du lac de Galilée (Mc 1,19-20), époux de Salomé, père des apôtres Jacques et Jean, surnommés par Jésus Boanerges (Mc 3,17), «fils du tonnerre», sans doute en raison de leur caractère impulsif. Ne pas confondre ce Jacques avec l'autre Jacques , fils d'Alphée
C'était un patron de pêche relativement prospère qui emploie des salariés en plus de ses deux fils (Mc 1,20). Son port d'attache était probablement Bethsaïde ("la maison des pécheurs"), patrie d'André, de Simon-Pierre et de Philippe. Il était peut-être fournisseur au palais du grand prêtre, ce qui expliquerait que son fils Jean ait été connu de la servante, concierge de son palais (Jn 18,15-16)

 Auteur : Fernand LEMOINE  ©  EBIOR, 31/08/2009  bible@ebior.org